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Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

Asie

1 Mars 2007 , Rédigé par ARAM Publié dans #International

LE MYTHE DU TIBET ou UN FEODALISME « AMICAL »(extraits)   DE MICHAEL PARENTI

                  JUILLET 2004 (TRADUCTION COMAGUER)

 

 

 

 

 

 Bien que le sujet ne soit pas à la une des journaux écrits, parlés ou télévisés, le TIBET est l’objet d’une attention régulière des Etats-Unis comme de ses voisins : Inde et Népal et il existe en Occident un courant de soutien au Bouddhisme Tibétain et à son chef en exil : Le Dalaï Lama. Il est évident que le DALAI LAMA ne peut imaginer jouer un jour un rôle politique quelconque au Tibet s’il se présente comme l’organisateur du retour à la société féodale. 

 Cette situation évolue rapidement. Pour la Chine, le Tibet a toujours été et reste une région  stratégique mais elle était fragile, mal reliée au reste du pays – situation transformée par l’ouverture de la voie ferrée la plus haute du monde jusqu’à Lhassa avec projet d’extension à Katmandou -  et ouverte aux influences déstabilisatrices des Etats-Unis dans la mesure où ceux-ci trouvaient en Inde et au Népal des bases arrières pour leurs interventions. 

 L’amélioration des relations entre la Chine et l’Inde et surtout la révolution népalaise vont desserrer l’étau étasunien sur le Tibet. 

 En effet, l’accord signé entre le Parti Communiste Népalais (PCN, maoïste), organisateur depuis 12 ans  de la guérilla populaire contre la monarchie absolutiste et théocratique – le royaume du Népal est un royaume où l’hindouisme est la religion d’Etat – et contrôle 80% du territoire et les partis politiques parlementaires débouche maintenant sur un cesser le feu, sur la constitution d’un gouvernement provisoire où le PCN disposera de la moitié des postes et sur l’organisation en 2007 de l’élection d’une assemblée constituante qui mettra probablement fin à la monarchie et par là même à l’influence militaire et politique des Etats-Unis  et aux facilités de pénétration des agents et de l’argent US sur les territoires  népalais et tibétain. 

 Cet accord fait débat dans le PCN comme dans le mouvement maoïste international. Ceux qui le critiquent considèrent que la victoire était « au bout du fusil » selon l’expression classique, qu’il fallait aller jusqu’à l’abdication du souverain et à l’instauration immédiate d’une république socialiste et ne pas faire confiance à l’ONU comme garant de l’accord de cesser le feu. 

 La direction du PCN a jugé qu’une phase de stabilisation politique transitoire était nécessaire et qu’en matière de relations extérieures elle allait permettre l’établissement de rapports moins tendus avec les deux énormes voisins du Népal : L’Inde et la Chine qui, pas plus l’un que l’autre, n’ont soutenu la guérilla. L’inde pouvait d’autant moins le faire que le PCN était appuyé par la guérilla des Etats du Nord-Est du pays. Quant à la direction chinoise actuelle elle trouvait cette guérilla maoïste bien dérangeante dans sa stratégie de pacification régionale et s’en tenait au respect du régime en place. Aussi les critiques par le PCN de la position chinoise  étaient-elles particulièrement sévères. 

 Ainsi, curiosité de l’Histoire,  le petit Népal niché dans ses montagnes et ses 22 millions d’habitants sont-ils aujourd’hui au cœur des préoccupations des trois pays les plus peuplés du monde : Chine, Inde et Etats-Unis. Les mois qui viennent seront d’une extrême importance pour l’avenir de ce pays et l’équilibre politique régional.

 

 

Les histoires de la chrétienté, du Judaïsme, de l’Islam et de l’Hindouisme sont lourdement mêlées à la violence. Certains affirment que le Bouddhisme est différent, qu’il est opposé à la violence chronique des autres religions. Mais, comme tout autre système de croyance , le Bouddhisme doit être jugé non seulement pour ses enseignements mais aussi pour le comportement de ses pratiquants dans le siècle.  

 

                                        L’exceptionnalisme  bouddhiste ?

Un regard sur l’Histoire révèle que les organisations bouddhistes n’ont jamais échappé aux actions violentes si caractéristiques des groupes religieux. 

 Mais qu’en est-il du DALAI LAMA et du Tibet qu’il dirigeait avant l’énergique intervention chinoise de 1959. Il est largement admis par de nombreux fidèles bouddhistes que le vieux Tibet était un royaume « très spirituel »  échappant aux modes de vie. Le DALAI LAMA lui-même a affirmé que « l’influence profonde du Bouddhisme » au Tibet « dans les grands espaces et dans un environnement non pollué créait une société vouée à la paix et à l’harmonie.  Nous jouissons de la liberté et de la satisfaction. » 

 

 

 Une lecture de l’histoire du Tibet suggère une vision différente. Au 13° siècle  l’empereur KUBLAI KHAN créa le premier Grand Lama qui devait commander à tous les lamas comme le Pape commande à ses évêques. Plusieurs siècles après, l’empereur  de Chine envoya une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un jeune ambitieux de 25 ans qui s’attribua alors le titre de DALAI LAMA, gouverneur du Tibet. Ironie de l’Histoire : le premier DALAI LAMA fut installé par une armée chinoise. Pour élever son autorité au dessus de toute contestation séculaire, le premier DALAI LAMA s’empara des monastères des autres sectes bouddhistes et est soupçonné d’avoir détruit des écrits bouddhistes qui mettaient en doute son caractère divin.  

Les religions ont une relation étroite non seulement avec la violence mais aussi avec l’exploitation économique. En fait, c’est souvent l’exploitation économique qui requière la violence. Tel fut le cas de la théocratie tibétaine. Jusqu’en 1959, dernière année de Présidence du DALAI  LAMA sur le Tibet, la plupart des terres arables étaient encore organisées en domaines seigneuriaux exploités par des serfs. 

  Le Tibet ancien a été représenté à tort par ses admirateurs occidentaux comme une « nation qui n’avait pas besoin de police car son peuple observait volontairement les lois du Karma ». 

 En fait, il avait une armée professionnelle et pas une petite qui servait de gendarmerie aux propriétaires terriens et pourchassait les serfs enfuis. De jeunes tibétains étaient régulièrement enlevés à leurs familles et conduits dans les monastères pour y devenir moines. 

 Les domaines monastiques enrôlaient également des enfants de paysans pour une vie entière de domestique de danseur et de soldat.  

Dans le Tibet ancien, il n’y avait qu’un petit nombre de paysans qui subsistaient comme producteurs indépendants et peut-être 10 000 personnes qui composaient une sorte de classe moyenne de petits commerçants et de négociants. Des milliers d’autres étaient des mendiants. Une petite minorité était constituée d’esclaves domestiques qui ne possédaient rien. Leurs enfants étaient nés en esclavage. La majorité de la population rurale : 700 000 personnes sur 1 250 000 était constituée de serfs. 

 Les serfs devaient être autorisé à se déplacer et les propriétaires terriens avaient le droit de capturer ceux qui s’échappaient. Ils étaient là pour la vie au travail de la terre du maître ou du monastère. Ils étaient taxés pour se marier, pour les naissances et pour les décès. Ils étaient taxés s’ils plantaient un arbre dans leur cour ou s’ils élevaient un animal. Il y avait aussi des taxes pour les fêtes religieuses, le chant, la danse, la musique et le sonnage des cloches. 

 Les gens étaient taxés quand ils étaient emprisonnés et quand ils étaient libérés. Ceux qui ne trouvaient pas de travail étaient  taxés pour inemploi et s’ils allaient dans un autre village chercher du travail, ils payaient une taxe sur le déplacement. Quand ils ne parvenaient à payer, le monastère leur prêtait avec un taux élevé d’intérêt compris entre 20% et 50 %. Certaines dettes étaient transmises de père en fils et même au petit-fils. Ceux qui ne parvenaient à rembourser étaient placés en esclavage pour le restant de leurs jours. 

 Les enseignements religieux de la théocratie étayaient son ordre de classe. Les pauvres et les handicapés qu’ils ne devaient leurs maux qu’à eux-mêmes à cause de leur méchanceté dans des vies antérieures. Evidemment, les riches et les puissants considéraient leur bonne fortune comme une récompense et comme la preuve tangible de leur vertu dans leurs vies passées et présente.

                                                       Torture et mutilation

Dans le Tibet du DALAI LAMA torture et mutilation y compris l’énucléation des yeux, l’arrachement de la langue, la coupure des jarrets et l’amputation étaient les punitions en honneur infligées aux serfs évadés et aux voleurs. «  Le parallèle entre le Tibet et l’Europe médiévale est frappant. » conclut TOM GRUNFELD dans son livre sur le Tibet. 

 En 1959, ANNA LOUISE STRONG visita une exposition d’instruments de torture qui avaient été utilisés par les dirigeants tibétains. Il y avait des menottes de touts tailles, y compris pour les enfants, des instruments pour couper le nez et les oreilles, pour énucléer les yeux, pour briser les mains. Il y avait des instruments pour découper les rotules les talons ou les jarrets.

 

 

 

 

 Il y avait des fers pour le marquage, des fouets et des instruments spéciaux pour éviscérer. L’exposition présentait photos et témoignages de victimes qui avaient été aveuglées ou estropiées ou amputées pour vol. Il y avait des photos de militants communistes dont le nez et les lèvres supérieures avaient été coupés et une femme qui fut violée et son nez coupé.

                                                      Occupation et révolte  

 Les communistes chinois ont occupé le Tibet en 1951, proclamant leur souveraineté sur le pays. Le traité de 1951 accorda ostensiblement un gouvernement local autonome sous la conduite du DALAI LAMA mais donna à la Chine le contrôle militaire et la conduite des relations extérieures. Les chinois acquirent également un rôle direct dans l’administration interne pour « faire avancer les réformes sociales ». Au début, ils avancèrent doucement s’en remettant surtout à la persuasion pour effectuer le changement. Parmi les premières réformes, ils s’efforcèrent de réduire les taux d’intérêt usuraires et de construire quelques routes et quelques hôpitaux. Contrairement aux idées reçues en Occident, écrit un observateur, les Chinois prirent soin de montrer un respect pour la culture et la religion tibétaines. Aucune terre de l’aristocratie et du clergé ne fut confisquée et les seigneurs féodaux continuèrent de régner sur leurs serfs héréditaires. 

 Les seigneurs tibétains et les lamas avaient vu les Chinois venir et partir au long des siècles et avaient entretenu de bonnes relations avec le généralissime TCHANG KAI CHEK  et son régime réactionnaire du Kuomintang. 

 L’accord du gouvernement du Kuo Ming Tang était requis pour valider le choix du DALAI LAMA et du PANCHEN LAMA. Quand le jeune DALAI LAMA fut installé à Lhassa, ce fut avec une escorte armée de troupes chinoises et en présence d’un ministre chinois et suivant des traditions séculaires. Ce qui choqua les seigneurs terriens et les lamas fut le fait que ces derniers chinois étaient communistes. Ce ne serait qu’une question de temps, pensaient-ils, avant que les communistes chinois n’imposent leurs mesures collectives égalitaires au Tibet. 

 En 1956/57 des bandes armées tibétaines tendirent des embuscades aux convois de l’Armée Populaire de Libération chinoise. Le soulèvement reçut une aide importante de la CIA y compris des entraînements militaires, des camps de soutien au Népal et de nombreux transports aériens. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la « Société américaine pour l’Asie Libre », une création de la CIA, fit connaître vigoureusement la cause de la résistance tibétaine, avec le frère du DALAI LAMA, THUBTAN NORBU, jouant un rôle actif dans le groupe. Le second frère du DALAI LAMA, GYALO THONDUP, établit un réseau d’espionnage avec la CIA en 1951. Il le transforma ensuite en guérilla entraînée par la CIA dont les recrues étaient parachutées au Tibet. 

 De nombreux commandos parachutés par la CIA étaient des chefs de l’aristocratie ou leurs fils. 90 % d’entre eux ne donnèrent plus de nouvelles et selon la CIA elle-même, ils firent très probablement capturés et tués. De nombreux lamas et les membres civils de l’élite rejoignirent le soulèvement, mais majoritairement  la population ne s’y rallia pas, ce qui en consacra l’échec.  Ecrit HUGH DEANE. Dans leur livre sur le Tibet, GINSBURG et MATOS arrivent à la même conclusion : « Autant qu’on puisse comprendre, la grande masse ne se joignit pas à la lutte contre les Chinois ni au début ni par la suite. » Finalement la résistance s’écroula.

 Les Communistes arrivent

 Quelles que soient les erreurs commises et les nouvelles contraintes introduites par les Chinois au Tibet après 1959, ils abolirent le servage, les corvées et l’esclavage et mirent un terme aux mutilations, amputations  comme sanctions pénales. Ils supprimèrent les taxes les plus écrasantes, entreprirent des travaux et réduisirent beaucoup le chômage et la mendicité. Ils mirent en place un enseignement laïc, brisant le monopole des monastères. Ils installèrent l’eau courante et l’électricité à Lhassa. 

 A partir de 1961, les Chinois exproprièrent les terres de seigneurs et des prêtres et réorganisèrent les paysans en centaines de communes. Ils distribuèrent des centaines de milliers d’acres aux fermiers et aux paysans sans terre. Les bergers, jadis propriété de la noblesse, furent intégrés dans des groupements de bergers pauvres. Des améliorations furent apportées dans l’élevage du bétail et de nouvelles variétés de blé et d’orge furent introduites en même temps que des progrès dans l’irrigation, tout ceci conduisant à une augmentation de la production agricole. 

 

 

 

 

 Le DALAI LAMA et son plus jeune frère et conseiller TENDZIN CHOEGYAL ont proclamé que « plus de 1,2 million de tibétains étaient morts à cause de l’occupation chinoise ». Mais le recensement officiel de 1953 – six ans avant l’intervention chinoise – comptait une population résidente  d’un total de  1 274 000. Un autre recensement fixe la population ethnique tibétaine dans le pays à 2 millions. Si les chinois avaient tué 1,2 million de personnes au début des années 60 alors des villes entières et une grande partie des campagnes et en vérité presque tout le Tibet aurait été vidé de sa population, transformé en camp de la mort avec des charniers et des fosses communes, faits dont il n’existe aucune preuve. 

 Les forces militaires chinoises parcimonieusement réparties sur le territoire n’étaient pas assez importantes pour encercler, pourchasser et exterminer autant de gens même si elles avaient passé tout le temps nécessaire à ne faire que ça et rien d’autre. Les autorités chinoises admettent des « erreurs » en particulier entre 1966 et 1976 pendant la Révolution Culturelle lorsque des persécutions religieuses importantes eurent lieu à la fois en Chine et au Tibet. Après le soulèvement de la fin des années 50, des milliers de tibétains furent emprisonnés. 

 Pendant le grand bond en avant, la collectivisation forcée fut imposée à la paysannerie, quelquefois avec des effets désastreux. A la fin des années 70, la Chine assouplit ses contrôles sur le Tibet et essaya de remédier aux dommages infligés pendant les deux décennies précédentes. 

 En 1980 le gouvernement chinois mit en œuvre des réformes destinées à accorder au Tibet un plus grand degré d’autonomie. Les tibétains furent alors autorisés à cultiver des parcelles privées, à vendre les surplus de leurs récoltes et à conserver des yaks et des moutons. La communication avec le monde extérieur fut à nouveau autorisée et les contrôles aux frontières assouplis pour permettre aux tibétains de rendre visite à leur famille en Inde et au Népal. Dans les années 90, les Han, le groupe ethnique qui comprend 95 % de la population de la Chine, commencèrent à s’installer en assez grand nombre au Tibet et dans les provinces de l’Ouest. Dans les rues de Lhassa et Shigatse les signes de la nombreuse présence des Han sont très visibles. Des chinois dirigent les usines et possèdent de nombreux magasins. 

 Pendant les années 90, les fonctionnaires tibétains soupçonnés de nourrir des sympathies nationalistes ont été écartés de leur poste et des campagnes ont été lancées pour discréditer le DALAI LAMA. Des individus ont été arrêtés, emprisonnés et mis en camp de travail pour avoir mené des activités séparatistes et avoir eu une activité politique subversive. La politique familiale chinoise autorise les familles tibétaines  à avoir 3 enfants (1 seul pour les Han). Si un couple dépasse la limite il peut être privé de soins et d’éducation. Les sanctions peuvent varier d’un district à l’autre. En même temps l’histoire, la culture et la religion tibétaines sont méprisées à l’école. Le matériel pédagogique bien que traduit en tibétain se réfère principalement à la culture et à l’histoire chinoises.

 Elites, émigrés et CIA

Pour les lamas riches et les seigneurs, l’intervention communiste a été une calamité. La plupart ont fui à l’étranger, comme le DALAI LAMA, qui fut aidé dans sa fuite par la CIA. Certains découvrirent avec horreur qu’il fallait travailler pour gagner leur vie. Cependant pendant les années 60, la communauté tibétaine en exil reçut 1,7 million de dollars secrètement de la CIA, conformément aux documents rendus publics par le Département d’Etat en 1998. Quand ce fait a été connu, l’organisation du DALAI LAMA a reconnu qu’elle avait reçu des millions de dollars de la CIA dans les années 60 pour envoyer des équipes armées d’exilés pour combattre la révolution maoïste. Le DALAI LAMA pour ses besoins propres recevait 186 000 dollars par an de la CIA. Les services secrets indiens l’ont également aidé financièrement ainsi que d’autres exilés. Il a refusé de dire si lui et ses frères travaillaient pour la CIA et de son côté la CIA s’est refusée à tout commentaire. 

 

 

 En 1995, le News and Observer  de Raleigh (Caroline du Nord) publia une photo du DALAI LAMA embrassé par le Sénateur Républicain JESS HELMS (2) avec le titre : « Le bouddhiste    séduit le héros du droit à la religion. » En Avril 1999, en compagnie du Pape Jean-Paul II, de MARGARET THATCHER et de G.WALKER BUSH, le DALAI LAMA demanda au gouvernement britannique de libérer AUGUSTO PINOCHET, l’ancien dictateur fasciste du Chili et client de longue date de la CIA, lequel avait été appréhendé pendant son séjour en Angleterre. Le DALAI LAMA insista pour que PINOCHET ne soit pas extradé en Espagne où il était inculpé de crimes contre l’humanité. 

 

 Aujourd’hui, principalement à travers la NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED) et d’autres circuits plus présentables de la CIA, le Congrès US continue d’allouer 2 millions de dollars par an aux tibétains d’Inde, avec quelques millions supplémentaires pour des « activités démocratiques » dans la communauté tibétaine en exil. Le DALAI LAMA reçoit également de l’argent du financier GEORGE SOROS qui dirige maintenant RADIO EUROPE LIBRE (RADIO FREE EUROPE) jadis créée par la CIA et quelques autres instituts.  

 La question de la Culture  

 Il nous est dit que lorsque le DALAI LAMA dirigeait le Tibet, la population vivait en harmonie avec les seigneurs civils et religieux, dans un ordre social maintenu par une culture spirituelle, non-violente, inspirée d’enseignements religieux humains et pacifiques. La culture religieuse tibétaine était le ciment social et le baume réconfortant qui liait spirituellement le Lama riche et le paysan pauvre  afin de maintenir ses prosélytes qui adoptent la vieux Tibet comme pureté culturelle – un SHANGRI LA. On se souvient de l’imagerie idéalisée de l’Europe féodale telle qu’elle a été présentée par d’anciens catholiques conservateurs comme G.K. CHESTERTON et HILAIRE BELLOC. Pour eux le christianisme médiéval était un monde de paysans satisfaits vivant en communion spirituelle avec leur église sous la protection de leurs seigneurs.  

 Une fois encore, nous sommes invités à accepter une culture particulière avec les caractères qui sont les siens, ce qui veut dire l’accepter comme elle est présentée par ses classes favorisées, par ceux qui sont au sommet en tirent le plus d’avantages. Vu dans ses plus sombres réalités, le vieux Tibet confirme le point de vue exprimé plus haut que la culture n’est jamais neutre.  La culture peut opérer comme agent de légitimation d’injustices graves, profitant à une fraction de la société au détriment de toutes les autres. 

  Les riches étaient présentés comme méritant de vivre bien et les pauvres comme méritant leur existence médiocre. 

 Soutenir le renversement par la Chine du vieil ordre féodal théocratique n’est pas applaudir tous les aspects de l’ordre chinois au Tibet. Ce point est rarement compris par les adhérents de la doctrine bouddhiste en Occident. L’inverse est également vrai. 

 Dénoncer l’occupation chinoise ne signifie pas avoir une vision romantique de l’ancien régime. Un point courant parmi les bouddhistes occidentaux est que la culture religieuse tibétaine est détruite par l’occupation. Cela parait bien être le cas. De nombreux monastères sont fermés et la théocratie appartient au passé. Ce que je mets en question ici est le soi-disant caractère admirable et pur de la culture antérieure à l’occupation. 

En 1996, le DALAI LAMA prit une position qui aurait du déranger la communauté tibétaine en exil. En voici quelques extraits :   « Parmi toutes les théories économiques modernes, le système économique du marxisme est fondé sur des principes moraux, alors que le capitalisme ne se préoccupe que des gains et du profit. Le marxisme se préoccupe de la distribution équitable des richesses et de l’utilisation équitable des moyens de production. Il se préoccupe également de la condition de la classe des producteurs qui est la plus nombreuse, autant que de la condition de ceux qui sont sous privilégiés et dans le besoin, et le marxisme se préoccupe des victimes de l’exploitation imposée par une minorité. Pour ces raisons le système m’interpelle et il parait équitable. Je me considère moi-même comme mi-marxiste, mi-bouddhiste. » 

Et plus récemment en 2001, au cours d’une visite en Californie, il a fait observer que : « Le Tibet, matériellement est très pauvre, très arriéré. Spirituellement il est très riche mais la spiritualité ne remplit pas nos ventres. » Un tel message devrait être médité par les prosélytes occidentaux  bien nourris du bouddhisme qui  entretiennent  la nostalgie du Tibet ancien.  

Ce que j’ai essayé de critiquer c’est le mythe du Tibet, de l’image  du Paradis perdu  d’un ordre social qui était en réalité une théocratie de servage et de pauvreté où quelques rares puissants  privilégiés vivaient du sang  de la sueur et des larmes de la majorité.  

 

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