assemblée générale d'octobre 2007
La goutte d’eau…
L’Assemblée générale de l’ARAM du 20 octobre 2007 a permis de mieux cerner les limites du capitalisme qui opprime une masse toujours plus grande de travailleurs. Nous résumerons ici l’essentiel de la discussion que nous soumettons votre réflexion. Trop d’injustices, trop d’inégalités qu’entraîne ce système font courir à l’humanité un grave danger. Chaque jour qui passe est une goutte d’eau qui alimente un vase déjà bien rempli.
Il se déversera dans un proche avenir des torrents de révoltes qui convergeront et mettront fin à ce système seulement si un Parti Communiste émerge de leurs luttes.
1. C’est la menace fasciste. L’Etat perd ses derniers attributs « démocratiques » pour accroître sa pression sur les travailleurs. C’est donc une guerre plus ouverte que jamais avec le prolétariat.
Sarkozy renforce l’appareil d’Etat et sa bureaucratie. Ce sont le fichage et le contrôle des travailleurs, le renvoi des sans-papiers, le flicage, le fichage systématique et le racisme clairement affiché avec l’usage des tests ADN, l’installation partout de moyens modernes de contrôles (vidéo-surveillance, bracelets électroniques, projets de surveillance des manifestations et des banlieues par l’usage des drônes – avions sans pilote qui font partie de la panoplie des armées modernes ...), les internements psychiatriques des jeunes délinquants et l’ouverture de nouvelles prisons qui n’en portent pas obligatoirement le nom, le renforcement des structures de l’armée qui intègrent progressivement ces jeunes, la concentration des pouvoirs policiers et juridiques entre les mains de quelques hauts fonctionnaires, le matraquage idéologique permanent destiné à abrutir un peu plus le peuple que l’on sollicite seulement pour le soumettre en bout de courses électorales à quelques fonctionnaires du capital. Ce sont ces farces électorales qui assurent pour des années, le gouvernement de tous. C’est un système éducatif qui forge une masse d’individus soumis à l’idéologie dominante, des êtres à la vie rabougrie incapables d’en maîtriser le cours parce que dépouillés des moyens d’exercer le pouvoir sur les choses et sélectionne une élite d’intellectuels qui concentre les pouvoirs décisionnels sur l’ensemble de la planète.
Les capitalistes actifs (cadres, ingénieurs et chefs d’entreprises) sont les véritables fonctionnaires du capital qui associent les financiers au développement de l’accumulation et en partagent avec eux les profits.
2. C’est la montée de la productivité qui alimente la concurrence que se livrent les intérêts capitalistes en quête d’un nouveau cycle d’accumulation mais cela entraîne un surcoût pour les Etats qui doivent écarter toutes menaces révolutionnaires en renforçant son contrôle sur les travailleurs.
Alors que Sarkhozy empoche (officiellement) 240 000 € annuellement, comme un chef d’entreprise, les économies réalisées sur les dépenses socialement utiles et les prélèvements directs et indirects sur les richesses produites par le travail sont perçus par les capitalistes sous formes d’aides et de subventions. Tout cela concoure finalement à augmenter la dette publique, à répandre la « rumeur » d’une faillite de l’Etat pour faire accepter les sacrifices toujours plus lourds « consentis » par les travailleurs.
Les multiples dispositifs appelés « réformes » valorisent en définitive les capitaux publics ou privés, leur permet de retourner dans le cycle de production coûte que coûte, renforce la concurrence entre les travailleurs astreints à une plus grande productivité, ainsi que le siphonage des ressources produites et leur destruction au cours des fusions de capitaux ; la concentration capitaliste et le creusement des inégalités qui en résultent renforcent le désarroi d’un nombre de plus en plus grand de travailleurs qui n’en peuvent plus de vivre dans des conditions aussi désastreuses. Il y a eu 360 cas de suicides liés directement au travail l’an passé, un par jour. Cela concerne des employés, des ouvriers, et les cadres, manuels et intellectuels, le stress au travail, la souffrance au travail, la violence des rapports d’exploitation, les rapports de « management » hiérarchiques, le chantage à l’emploi et au salaire… Avec la décision de six syndicats de la SNCF de lancer un mouvement de grève reconductible à partir du 13 novembre, l’appel à la grève pour le 14 novembre dans le secteur de l’énergie, et la mobilisation des fonctionnaires pour le 20 novembre, la perspective s’ouvre d’une confrontation majeure entre les travailleurs de ces secteurs et le gouvernement Sarkozy-Fillon.
Les révoltes des banlieues et la répression organisée dont se servent les politiciens et les apologistes du capital pour alimenter leurs fonds de commerce racistes et électoraux, sont les signes manifestes d’un rejet profond de cette société bourgeoise du moins de son arsenal répressif. Les luttes actuelles, freinées par les centrales syndicales, par les divisions savamment organisées (la grève des cheminots dynamitée par la FGAAC avec un accord bidon sur les retraites des roulants ; les grèves « perlées » savamment orchestrées dans la désunion qui découragent) comme celles réprimées par les forces de police sont également condamnées par les pontes syndicaux et les notables médiatisés. Tous se retrouvent autour d’une table pour obtenir protection et assistance de l’Etat et tenter de récupérer quelques miettes, même s’il n’y en a plus guère et que tout le monde le sait.
3. Le petit bourgeois en détresse, en panne d’ascenseur social », menacé par la prolétarisation, voudrait que l’Etat domine le spéculateur, le financier, l’argent-roi et les multinationales. Il souhaite un Etat garant de la croissance, distributeur « équitable » des richesses (l’activité des ONG comme les accords passés dans le cadre de l’OMC entre les Etats du sud et du nord). Tout cela est aliénation. Elle n’épargne aucune classe. Elle est une caractéristique de la vie dans le capitalisme. L’abrutissement du « métro,boulot, dodo » des années 60, 70 est du même tonneau que celui du « chômage, précarité, déprime » que nous connaissons aujourd’hui. De même que le capitaliste se satisfait d’une vie bourgeoise aliénée à l’argent, nombre de prolétaires sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, les trafics en tous genres, les phénomènes asociaux ou bien ils font le choix de vivre, donc de combattre, de s’associer aux autres prolétaires pour cela.
Bien évidemment ceux qui ont compris que l’Etat est le produit des rapports marchands et capitalistes et qu’il se charge de les reproduire, de les aggraver en voulant à tout prix les reproduire, se détournent alors de la politique officielle, qui demeure à la surface des choses, qui ne répond jamais à leur besoins et entrent en résistance contre le système en place.
Mais même ces formes de lutte peuvent avoir une limite : des armées de sociologues et de DRH s’emploient à les traquer et à les réprimer.
Les émeutes des travailleurs au Bangladesh, les grèves sauvages en Egypte, en Chine et ailleurs, les manifestations présentes en Birmanie montrent que lorsque sont atteintes le limites des résistances à l’exploitation quotidienne, le seul recours devient la grève sauvage et l’émeute dans une attaque qui, bien que surgissant des conditions d’exploitation, est non seulement une attaque contre le régime politique qui impose ces conditions mais aussi une attaque,bien que non formulée comme cela, contre le système capitaliste même.
4. L’impérialisme français, à la remorque des USA, s’intègre dans l’OTAN et s’attaque au bassin méditerranéen. Il renforce sa zone d’influence auprès des pays du Maghreb, alléché par les ressources pétrolières en ces temps de spéculations effrénées où le baril atteint près de 100 dollars.
Les impérialismes secondaires et leur complexe militaro-industriel (rejoints par la Chine) au même titre que les USA, développent de multiples conflits arment les bourgeoisies locales pour mater les révoltes en cours ou à venir.
La misère se répand sans que les prolétaires des pays impérialistes ne daignent bouger le petit doigt.
Il faut pourtant se rendre à l’évidence que cette même bourgeoisie nous exploite et écrase ces peuples qui subissent les guerres.
Comme l’affirme fort justement Fidel Castro, s’adressant à Bush, le 21 octobre dernier : « Vos menaces d’attaquer préventivement et par surprise soixante recoins obscurs du monde, ou plus, ne nous ont jamais intimidés. Vous avez déjà pu apprécier les conséquences dans un seul pays : l’Irak. N’attaquez aucun autre pays, ne menacez pas l’humanité d’une guerre nucléaire. Les peuples se défendront et nous mourrions tous dans ce brasier ».
Il y a bien là une bataille décisive à mener pour séparer les prolétariats des pays riches de leur impérialisme qui n’hésite pas à les punir d’avoir soutenu leur nation. Elle ne peut être mené qu’avec des organisations anti-impérialistes et anti-capitalistes qui détournent les travailleurs des sirènes réformistes syndicales et politiques.
Le rôle internationaliste dévolu aux communistes leur permet en toutes circonstances de soutenir partout les luttes sociales pour aller dans le sens d’une transformation radicales de ces sociétés quel qu’en soit le degré d’évolution.
Nous appelons les travailleurs à s’unir de façon la plus large possible contre l’impérialisme français, contre son Etat, contre le protectionnisme et le nationalisme, pour l’abolition de la propriété privée et pour se libérer de leur exploitation.
Nous les soutenons dans leurs luttes de toutes nos forces.
Communistes, donnons à ces luttes un caractère aussi massif et général que possible.
Vive la Révolution ! Vive le socialisme !
Regroupement Communiste (nouvelle série) - le 3 novembre 2007
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