désastres écologiques
Les ravages écologiques et les destructions occasionnés par le système capitaliste
Partant des conséquences connues que sont les ravages écologiques et culturels, cet article vise à extraire des aspects du fonctionnement du système capitaliste axé sur la division capitaliste du travail, responsable de l’augmentation la productivité et de l’asservissement des masses prolétariennes de plus en plus nombreuses et démunies.
Le capital financier a pris un tel poids qu’il acquiert une certaine autonomie face au travail et qu’il génère des profits par lui-même sans
l’apport direct du travail qui est seul créateur de véritables richesses.
L’augmentation de la productivité du travail détruit le travail lui-même. Les limites de la planète elle-même sont devenues les limites du capitalisme. Le mythe de la croissance infinie s’est
effondrée et a montré ses ravages écologiques, de santé, etc...
Pour des entreprises en lutte féroce sur des marchés ouverts et fluctuants, le respect de l’environnement apparaîtra toujours d’abord comme un coût et non pas comme un avantage.
Dépolluer les rejets et les déchets de fabrication, chercher des procédés moins polluants, investir dans de nouveaux équipements, concevoir des produits recyclables une fois usés, etc. tout cela représente d’abord des coûts supplémentaires. De même, il sera plus coûteux de ménager les ressources naturelles (sols, forêts, poissons, énergies fossiles) que de continuer à les exploiter brutalement. Il existe bien une réglementation européenne ou internationale mais plus la concurrence est vive et plus il y a de chances que celles qui respectent le moins l’environnement seront avantagées par des coûts de production plus faibles. Les autres auront alors d’autant plus de réticences à investir pour satisfaire à des normes écologiques.
C’est l’émotion publique, quand elle survient après un accident, une catastrophe, qui impose aux gouvernants « de faire quelque chose », ceux-ci craignant une prise de conscience rapide et des réactions radicales de rejet de leur politique. Mais c’est le rôle des Etats est de maintenir la logique concurrentielle et l’extension de sa bureaucratie en est la conséquence. En Chine comme ailleurs la classe dominante se retranche derrière ce qui constitue l’ossature du système, ce qui maintient la cohérence de l’ensemble mais qui ne peut que grossir au fur et à mesure des destructions opérées et du replâtrage que ces destructions induisent. Sans Etat le capitalisme serait condamné, sans cette machine bureaucratique il ne pourrait prélever de capital social et le transférer aux capitalistes privés.
L’exemple le plus parlant est celui du protocole de Kyoto qui vise en fait à diminuer les rejets de gaz à effet de serre dans les grands centres impérialistes. En effet cet accord, que les Etats-Unis et la Chine, entre autres, ont refusé de ratifier, a permis la mise en place d’un trafic légal de droits à polluer les pays pauvres, les transformant en véritables poubelles du système ! Les Etats impérialistes agissent pour pénaliser le moins possible les entreprises des pays rejetant beaucoup de gaz à effet de serre. A cette allure-là, le réchauffement du climat et ses effets chaotiques désastreux ont de beaux jours devant eux !
Prises dans la mêlée de la concurrence internationale, les entreprises font pression pour moins de normes et des seuils plus tolérants. Ils s’affrontent librement sur les champs de bataille du marché planétaire ! Tant pis pour l’herbe et les blés qu’ils piétinent… et pour les hommes qui pourtant en vivent.
La croissance chinoise est un processus à haut risque, les autorités chinoises ne peuvent plus guère le cacher. Celles-ci sont même obligées de sous-estimer délibérément la croissance du P.I.B. qui « serait en réalité plus proche de 16% que des 9,5% annoncées jusqu’à présent » , pour ne surtout pas affoler les théoriciens-inventeurs de l’économie. Quand on sait en plus qu’une étude conjointe de la Banque mondiale et de deux banques régionales estimait en 2005 que les dommages causés par la pollution coûtaient chaque année à la Chine l’équivalent de 7,7% de son PIB.
La crise écologique planétaire n’est pas un simple défaut de gestion ou de gouvernance comme aimeraient à le faire croire les appareils idéologiques de la propagande mondiale, elle est le déploiement et la réalisation même de l’anarchie capitaliste.
A mesure que l’industrialisation de la Chine avance, les ponctions opérées sur les ressources naturelles sont toujours plus gigantesques. En 2003, l’augmentation de la consommation d’acier était de 29 %, celle du pétrole de 14 %, et en 2005, la consommation d’électricité augmentait elle de 12 %. La croissance chinoise est également vorace en biens d’équipements lourds (machines-outils, matériel de centrales électriques). La désindustrialisation qui résulte des délocalisations notamment en Europe, entraîne l’industrialisation des « Sud », et tout particulièrement de la Chine. 85 % des tracteurs mondiaux, 75 % des montres, 60 % des lecteurs DVD sont produits en Chine. Nos analystes et idéologues ont beau se lamenter comme autant de pleureuses sur la non-application dans ce nouveau secteur industriel des « règles de sécurité » et de « protection environnementale » que promeut la régulation juridique propre à la société manchande - ce qui provoque une interminable série de catastrophes humaines et environnementales comme les accidents à répétition intervenus dans les mines de charbon en sont une tragique illustration. La tendance du capitalisme à développer les forces productives à l’infini, ne tient pas à considérer le négatif de son déploiement autrement que comme manque de ce même développement. C’est là le propre de l’accumulation capitaliste.
Seize des vingt villes les plus polluées au monde sont chinoises et la Banque mondiale estime que la pollution atmosphérique est la cause de 300 000 décès par an. L’industrialisation massive de la Chine et l’exode rural qui en découle est le plus brutal de l’Histoire. la perte d’autonomie personnelle et collective consistant à la maîtrise de ses propres conditions de vie. La perte de l’autonomie alimentaire et matérielle est devenue l’objectif numéro un de la poursuite de la croissance chinoise, et c’est l’élément principal du déracinement urbain : 400 millions de paysans chinois sont amenés dans les années qui viennent à venir grossir les villes. Par ailleurs, les ventes de voitures individuelles ont augmenté en moyenne de 50% durant les trois dernières années, et les ventes annuelles devraient passer de 4,4 millions de véhicules en 2003 à 13 millions en dix ans. La Chine est d’ores et déjà le second producteur mondial d’émissions de dioxyde de carbone. La continuation des tendances observées réduirait irrémédiablement à néant les efforts accomplis contre l’effet de serre par le reste du monde .La ponction matérielle opérée par la valorisation capitaliste sur l’environnement menace le Chine d’un désastre écologique sans précédent.
La question de l’eau est tout d’abord des plus préoccupantes. L’eau souterraine est ainsi polluée dans 90% des villes, tandis que selon les statistiques officielles (on imagine la réalité réelle...), plus de 60% des cours d’eau sont impropres à tout usage. Et l’alternance des inondations et des sécheresses est de plus causée par la déforestation. De plus le marché du bois en Chine est depuis plusieurs années en croissance exponentielle. En dix ans, la consommation chinoise de bois a augmenté de 70%. Sur son territoire l’érosion en milieu rural était si catastrophique, que les autorités en sont arrivées à interdire les coupes de bois en zones sensibles. Entre 15 à 20% des espèces animales et végétales sont ainsi considérées en péril, contre une moyenne mondiale située entre 10 et 15%, illustration parfaite des ravages occasionnés par ce mode de production. Cependant cette relative et récente préservation du domaine forestier intérieur est aujourd’hui contrebalancée à l’échelle mondiale par les massives importations de bois auxquelles la Chine se livre notamment au détriment des forêts asiatiques et océaniennes. C’est ainsi que la Chine a rappelé Cheung Sze Pang, directeur adjoint de Greenpeace Chine, « est le premier importateur mondial de bois tropicaux, et une grande partie de ces espèces sont exportées depuis l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où entre 76% et 90% de l’abattage des arbres est illégal » .
La moitié des rondins de bois provenant des dernières forêts primaires de la planète, c’est-à-dire la Malaisie, l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, sont exportés vers la Chine.
La Chine n’est pas seulement un consommateur de bois, elle est surtout le vaste de camp de travail mondial de sa transformation. Si elle importe ce bois, c’est aussi pour le transformer et le réexporter vers l’Union européenne (Lapeyre, Ikéa, etc), le Japon et les Etats-Unis (les pays de la Triade). Ainsi en dix ans, les exportations de contreplaqué de la Chine à destination de l’Europe ont progressé de 100%. Et Greenpeace pense que le commerce illégal risque de contribuer à la quasi-disparition des forêts d’Asie du Sud-Est d’ici les dix prochaines années.
La gestion mondiale des ressources (le « développement durable » dans le langage de la propagande) renforce les contrôles juridiques des Etats qui valorisent la propriété privée des capitalistes industriels et financiers. Les individus dépossédés de leur autonomie sont donc amenés, du fait de la nécessité de satisfaire les besoins vitaux, de combattre les responsables de leurs malheurs. Et le capital mondialisé ainsi que les Etats qui organisent cette spoliation deviennent des cibles de plus en plus nettes malgré le brouillage idéologique.
Les prolétaires sont de plus en plus nombreux et seront donc obligés de s’unir pour lutter partout dans le monde. Cette lutte prendra alors un caractère révolutionnaire puisque le capital, dont le mode de production s’épuise, met des masses de plus en plus grandes de la population « hors circuit ».
(Sources : Clément Homs cité par « Décroissance info » janvier 2007)
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