Agriculture
Agriculture : soumission aux diktats des transnationales
L’agriculture familiale est victime du diktat imposé par les Etats et les multinationales. En Europe et aux USA, cette politique de concentration capitaliste prolétarise les paysans qui rejoignent en masse les villes où la plupart deviennent chômeurs. Ce désastre prend la forme d’une liquidation des petites exploitations, de l’élimination du contrôle des prix, de l’abaissement des barèmes de salaires et de l’aggravation des conditions de travail. Les derniers « progrès » de la technologie (informatique, robotique, génétique, communications, pharmacologie) ont dopé la productivité de tous les secteurs de l’industrie. Ce sont des investissements de plus en plus coûteux alors les capitalistes intensifient le travail et diminuent la main-d’œuvre, tout cela pour maintenir leur taux de profit qui baisse malgré tout du fait de la crise de secteurs entiers.
Parallèlement, et par le fait même de ce développement productif purement quantitatif, l’industrie agro-alimentaire moderne, toujours plus concentrée en de gigantesques trusts multinationaux tout-puissants, a franchi le seuil où elle est devenue encore plus visiblement parasitaire, accumulant les catastrophes, provoquant délibérément des désastres écologiques et humains. Ainsi les O.G.M. ne constituent pas une réponse honnête à la faim et à la pauvreté en Afrique, mais un moyen supplémentaire et particulièrement odieux de nous déposséder de notre patrimoine semencier au profit d’une poignée de multinationales.
Les organismes parasitaires
L’OMC qui organise cette concurrence destructrice est un outil répressif entre les mains des multinationales qui dirigent les grands centres de distributions (Leclerc, Carrefour etc….). Ceux-ci achèvent les producteurs en achetant leurs productions au prix du marché qui, pour être rentables sont revus à la baisse. Les « marges arrières » des grandes surfaces s’obtiennent ainsi sur le dos des producteurs. C’est de la fraude organisée d’un commun accord avec les Etats et le syndicalisme d’accompagnement. Une minorité se partageant le capital produit par une majorité de paysans qui souffrent de ne pas pouvoir vivre de leur travail.
Guerre économique menée par les trusts pour financiariser l’agriculture.
Les destructions d’exploitations s’accroissent et l’avenir est incertain pour les ¾ des exploitants familiaux. En France il disparaît un paysan toutes les 4 à 5 minutes (en Charente-Maritime il existait plus de 10 000 agriculteurs il y a 20 ans. Aujourd’hui ils sont à peine 7000. Et dans dix ans combien ?
En trente ans, ce système est parvenu à ses limites. Le réchauffement de la planète dû à une activité industrielle anarchique occasionne des sécheresses terribles ou des inondations. Les épidémies et autres maladies dues à l’industrialisation de la production agricole accumulent désastres sur désastres. Mais rien n’arrête cette machine aveugle.
Les impérialismes en concurrence négocient sur le dos des viticulteurs les appellations viticoles. Le protectionnisme US a, depuis quelques années, obtenu de l’UE le droit de commercialiser des vins fabriqués ailleurs qu’en France et en Europe en usurpant les appellations. D’où de nouvelles destructions et arrachages de vignes. Mais l’UE ne peut que suivre la politique étrangère des Etats-Unis pour éviter de graves perturbations dans les échanges monétaires qui leur seraient fatales et pour maintenir un taux de profit moyen entre les différentes branches.
La lutte du prolétariat doit conduire à la destruction de l’Etat bourgeois
Le titanesque appareil répressif, en permanente évolution, qui soumet les hommes aux lois du marché, par le mensonge permanent et indiscuté, par l’abrutissement des masses, par l’endoctrinement des enfants, par la surveillance généralisée et la stricte répression, c’est l’Etat.
Il est le principal artisan du maintien des classes antagonistes et le garant des intérêts de la bourgeoisie. Le prolétariat ne trouvera sa pleine indépendance et maîtriser le cours de son histoire qu’en le détruisant. Aucun changement durable ne sera obtenu par un simple changement d’hommes ou de partis à la tête de l’Etat y compris par ceux qui réclament une plus grande « équité ». Pour eux, les transformations sociales ne peuvent venir que de l’Etat, le peuple n’étant sollicité que pour leur confier le gouvernement. Ils craignent par-dessus tout son activité autonome, directe, qu’ils qualifient de « désordres » et qu’ils répriment. Ils craignent surtout que paysans et prolétaires s’unissent pour se réapproprier leur puissance sociale et maîtriser leur devenir.
C’est à nous communistes qu’incombe la tâche de les unir dans des luttes qui dépassent le cadre réformiste et bourgeois des luttes corporatistes. Unis ils porteront cette exigence à son terme, parce qu’ils souffrent de l’exploitation, du travail aliéné et de l’exclusion sous toutes ses formes et luttent pour leur vie.
Philippe Riché et Pierre Lehoux
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