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Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

Communiqué de l’Association des Amis du Manifeste :

18 Mars 2008 , Rédigé par Association des Amis du Manifeste Publié dans #Elections

De bonnes raisons de s’abstenir aux élections…

Voici venu le temps des « consultations électorales ». Mais s’agit-il d’une véritable consultation des électeurs  où chacun pourrait donner son avis sur la bonne marche des affaires de l’Etat et de ses appendices  que sont les communes, les maires appliquant de fait les lois de « la République » ?

Comme toujours, c’est le retour des promesses jamais tenues, pour un prolétariat qui semble plongé dans l’attente d’améliorations notables apportées à son sort alors que les « élus » sur le terrain relaient sans relâche les réglementations , les décrets et les lois décidées par le parlement ou le gouvernement.

Le manque de réactions des prolétaires apparaît de prime abord paradoxal car la crise du capitalisme qui accroît « l’armée de réserve » des travailleurs pauvres et des chômeurs connaît une ampleur sans précédent. En France, par exemple, près de 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Il y a plus de 5 millions d’inscrits aux ANPE, plus d’1 million de Rmistes et plus de 5 millions de précaires.

Aujourd’hui, pour des millions d’hommes et surtout de femmes, la vie consiste en une alternance de périodes de chômage et de périodes de précarité : la galère à durée indéterminée, une catastrophe humaine…

 

Pourquoi donc attendent-ils autant de la « puissance publique » qui en l’occurrence semble plutôt impuissante à diriger « l’économie »?

 

Le matraquage idéologique mené à un train d’enfer par les médias, les partis officiels et le gouvernement explique pour une part l’immobilisme actuel du prolétariat. L’expansion mondiale du capitalisme est le fait des Etats qui participent activement à l’accumulation capitaliste. Cette même expansion aggrave la crise (les difficultés à prélever de la plus-value en quantité suffisante pour maintenir le taux de profit) et ouvre une ère d’exploitation encore plus brutale. Les extrêmes difficultés que rencontre le capital mondialisé, au stade de son développement, du niveau de productivité sociale qu’il a atteint pousse la dictature bourgeoise a quitté les dernières formes démocratiques qui la masquent encore dans nos pays « riches » où elle a encore les moyens d’organiser certaines alliances.

 Craignant sans doute un taux d’abstention record qui délégitimerait un peu plus le régime et qui affaiblirait l’idéologie de la « Nation » destinée à leurrer les travailleurs, à les opposer les uns aux autres, des politiciens lancent, par exemple, « l’appel du 14 février » pour la défense de « la patrie ».

Mais ce faisant ce que cachent les de Villepin, Royal, Bayrou ou Chevènement, pour ne citer que les plus en vue sur la liste des signataires, c’est leur crainte que ces élections n’apparaissent aux yeux des électeurs comme une énorme farce électorale sans intérêt, qui au pire affaiblirait le pouvoir en place.

Ces forces du passé (associant des gaullistes au PCF) qui entonnent le « cocorico » du  nationalisme guerrier sont des ardents défenseurs des oligopoles qui pillent le tiers-monde et dévastent la planète. Le fétichisme de la « démocratie » bourgeoise se concentre sur un Sarkozy, favorable au libéralisme, chargé d’amuser la galerie par ses excentricités à l’américaine, de l’autre sur des  « vrais défenseurs des valeurs républicaines » étatistes. Ils ont en commun la défense d’un appareil étatique tentaculaire, bureaucratique et omnipotent qui s’attaque aux dépenses utiles socialement qui mène des expéditions guerrières afin de placer le capital qu’ils représentent dans les meilleures conditions possibles sur le plan de la concurrence mondiale.

Leurs divergences manifestent surtout la contradiction où se trouve l’Etat de devoir diminuer les dépenses sociales quand augmente le nombre des assistés. Comment d’un autre côté diminuer le poids de ces dépenses quand s’accroissent les saccages du capital sur les hommes et la nature du fait même des difficultés à valoriser le capital.

 

Mais alors pourquoi cette impuissance du prolétariat à résister en conséquence ?

 

La bourgeoisie, du fait de la concurrence que se font les oligopoles  et les Etats chargés de les valoriser  élargit sans cesse les prérogatives de l’Etat (associant, au passage, dans ses réformes l’aristocratie ouvrière syndicale), lui confère une puissance qui fait dire à Sarkozy que: « Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d’achat, c’est absurde ! » (conférence de presse du 10 janvier 2008).

En pratique, l’Etat adapte ses interventions. Il les appelle « réformes », pour essayer de les légitimer comme un progrès permanent mais elles sont concrètement organisation de la valorisation du capital.

La politique dite « sociale » consiste à socialiser le coût de cette valorisation afin de l’abaisser pour les capitalistes. Il prend des dispositions toujours plus favorables au capital. L’Etat est devenu « le » fonctionnaire du capital qui doit se complexifier, subir des transformations (voir la réforme actuelle qui associe des spécialistes, non élus, aptes à s’occuper de ses nouveaux domaines d’intervention au côté des fonctionnaires, tout cela dans le but de rentabiliser leur fonction et d’en diminuer le nombre). Car non seulement la plupart des organes exerçant son pouvoir sont non élus (les hauts fonctionnaires, le conseil d’Etat, la cour de cassation, le conseil constitutionnel, la banque central, les maîtres des médias, les commissions, Hautes Autorités, l’OMC, le FMI, l’OTAN, la Cours de justice internationale...) mais il est totalitaire au sens où ils décident de tout et dépouillent le prolétariat de sa puissance sociale.

Par le simple fait que la valeur d’échange (marchandises, argent) définit la raison d’être du capital privé, celui-ci ne peut en aucun cas gérer la société civile (les besoins des individus).

Au fil du temps, le capital se concentre en enrôlant les sciences à son service et dépouille les travailleurs de leurs savoirs et savoir-faires. Ce faisant ils les assujettit à la machine, réduisant le travail à peu de choses, à des gestes répétitifs, contraignants, sans intérêt.

Que le capital se valorise peu ou mal et c’est toute la société qui se disloque. Les liens sociaux naturels entravés par la division du travail entre intellectuels et manuels disparaissent. La société toute entière sombre dans le chômage, la misère les guerres et le totalitarisme de l’Etat. Celui-ci se substitue alors à la communauté et grossit de ses multiples interventions dans tous les domaines, contrôlant les individus dans tous les aspects de leur vie afin de reproduire ce rapport d’exploitation et éviter que les révoltes ne remettent en cause le système.

C’est ce rapport de production (le capitalisme) qui détermine les rapports sociaux.

 Sous prétexte de défendre l’intérêt général (en fait celui de la classe dominante) il oppose l’intérêt privé à la société civile. L’Etat, lui, est l’organisateur du prélèvement de la plus-value sociale (les impôts en sont l’illustration et ses aides accordés aux capitalistes privés).

Un des éléments de la crise actuelle, l’inflation monétaire est systématisée et encouragée par les Etats.

C’est Keynes qui théorisa cette pratique de la dévaluation monétaire. Il affirmait qu’elle « plonge les salariés dans l’illusion monétaire…Alors que la main d’œuvre résiste ordinairement à la baisse des salaires nominaux, il n’est pas dans ses habitudes de réduire son travail à chaque hausse du prix des bien de consommation ouvrière… » (J.M. Keynes, théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, live I, chap.2.). La hausse des prix des marchandises par l’inflation monétaire est d’autant plus bénéfique pour les profits que leur coût de production baisse avec la productivité.

Prenons quelques exemples : hausse du prix du lait (+3 à 5% dans les 6 derniers mois de 2007), du pain (jusqu’à 10%), des pâtes (+5 à 10%), du poulet (+8 à 10%), du poisson surgelé (+15%), etc. Une augmentation de 3% en moyenne du prix du caddie, hausse des loyers (+2,7% en 2007, avec des pointes à 8,5% dans le nord par exemple !), hausse des impôts locaux (+37% en 5 ans pour le foncier, +10% pour la taxe d’habitation),  hausse du prix des transports collectifs (encore des hausses SNCF dès le 29 janvier), médicaments déremboursés  et autres franchises médicales,  hausse du prix de l’électricité (+7% en UE depuis 2005), du gaz (+18 €/MWh depuis 7 ans), …

 

On comprend alors mieux le désarroi du prolétariat face à ce système aveugle qui ne conçoit que le profit comme unique but. Mais cette machine à broyer les humains est grippée.

Globalement, l’économie française stagne. Son taux de croissance pour l’année 2007 n’était que de 1,9%. Le FMI, la Banque Mondiale et l’OCDE prévoient un taux de croissance encore plus faible en 2008.

L’aggravation constante de la dette publique est l’une des expressions de la crise du capitalisme français.

Fin 2006, elle a atteint 3% du PIB – et en cumul 64,2% du PIB, soit 1 150 milliards d’euros. Selon les estimations du FMI, elle risque d’atteindre 67% du PIB à la fin de 2008. Notons que le seuil maximum d’endettement public autorisé par le « pacte de stabilité et de croissance » (Traité de Maastricht) est de 60 % du PIB. Les intérêts versés par l’Etat pour le remboursement de sa dette avoisinent 17% du budget de l’Etat, soit une somme supérieur à la totalité de la recette de l’impôt sur le revenu. Les « bulles » qui gonflent  et qui créent des points de PIB qui ne sont que du vent, puis qui explosent en gommant autant de PIB qu’elles en ont fabriqué auparavant ne correspondent à aucune activité économique réelle.  L’argent ainsi fabriqué artificiellement  et qui circule sans frein a un pouvoir dévastateur mondial : rachats, restructurations, prix qui flambent, financement d’activités stériles ou létales, déstabilisation de gouvernements, corruption de dirigeants.

 

La décentralisation a permis à l’Etat de ne plus apparaître comme une cible potentielle dans de nombreux domaines. L’endettement des collectivités locales, pour les mêmes raisons que celui de l’Etat accroît la masse de capitaux argent détenus par les banques et les actionnaires. C’est un des puissants leviers de la politique néolibérale qui contrôle l’espace public. Le maire a également des pouvoirs en matière de police et le gouvernement pousse les municipalités à consacrer une part toujours plus importante de leur budget pour installer des caméras partout, pour créer des polices municipales et pour “fliquer” la population.

La plupart des décisions échappent aux « politiques » et aux électeurs. Le prolétariat est de plus en plus conscient de la farce électorale comme le manifeste l’accroissement du taux d’abstention dans ses rangs.

Ce n’est pas seulement que les élus volent et trompent, c’est surtout qu’ils ne servent à rien, qu’ils ne sont que les rouages d’une machine qu’ils ne maîtrisent pas, des godillots suivant l’expression consacrée.

Non seulement le système électoral produit des élus peu représentatifs de la société civile, mais la part des pouvoirs d’Etat qui dépend d’une élection est de plus en plus insignifiante. La seule raison d’être de l’Etat est d’empêcher que le capital ne détruise la planète, du moins quand cette destruction touche aussi les intérêts fondamentaux de la bourgeoisie ou risque de susciter un mouvement révolutionnaire, ce qui serait pour elle l’horreur absolue.

L’évolution du mode de production (l’automatisation et la mécanisation qui diminuent le nombre d’emplois, qui rendent le travail humain intensif, répétitif et pauvre) entraîne toute la société civile vers le totalitarisme voire le fascisme.

Le mouvement communiste organisateur de la résistance au côté du prolétariat se forge une identité particulière car il est seul capable de l’orienter vers des luttes frontales avec le pouvoir de la bourgeoisie afin qu’il se réapproprie les conditions de productions de sa vie. Les travailleurs, ayant une fonction sociale interdépendante mondialement, véritables producteurs collectifs, s’opposeront naturellement au capital et à l’Etat quand ils constateront l’impuissance de celui-ci à répondre à leurs besoins, à surmonter les maux, les saccages, les désastres du capital.

Ils le feront parce qu’ils devront réaliser eux-mêmes ce que la sphère politique ne peut réaliser : un front de combat anti-capitaliste devant mettre fin à la barbarie de ce système.

Les Amis du Manifeste – 19 février 2008

 

( nous contacter : BP 60005 17101 Saintes cedex)

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