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Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

Communiqué du 17 novembre 2008 de l’Association des Amis du Manifeste

20 Novembre 2008 , Rédigé par Association des Amis du Manifeste Publié dans #Nos analyses

Communistes,
regroupons-nous !

1929-2008 : le capitalisme est un système en faillite. Politiciens et économistes ne savent plus comment exprimer la gravité de la situation : "Au bord du gouffre", "Un Pearl Harbor économique", "Un tsunami qui approche", "Un 11-Septembre de la finance"  1 ... seule l'allusion au Titanic manque à l'appel !

Il n'y a aucune illusion à se faire. A l'échelle de la planète, l'humanité va subir dans les mois à venir une effroya­ble dégradation de ses conditions de vie. Le Fonds monétaire international (FMI) vient d'annoncer, dans son dernier rapport, que "cinquante pays" vont "d'ici début 2009" rejoindre la liste macabre des pays frappés par la famine (1).

Parmi eux, de nombreux pays d'Afrique, d'Amérique latine, de la zone caraïbe et même d'Asie. En Éthiopie, par exemple, douze millions de personnes sont déjà officiellement en train de mourir de faim (2).

En Inde et en Chine, ces prétendus nouveaux Eldorados capitalistes, des centaines de millions d'ouvriers vont être frappés par la plus noire des misères. Aux États-Unis et en Europe aussi, une grande partie de la population va plonger dans une misère intenable. La façade dorée de la dictature capitaliste se lézarde un peu plus.

Tous les secteurs d'activité seront touchés. Dans les bureaux, les banques, les usines, les hôpitaux, dans les services de haute technologie comme l'électronique, dans l'automobile, le bâtiment ou la distribution, les licenciements vont se compter par millions. Le chômage va exploser ! Déjà, depuis début 2008 et uniquement aux États-Unis, près d’un million de travailleurs ont été jetés à la rue. Et ce n'est qu'un début. Cette vague de licenciements signifie que se loger, se soigner et se nourrir va devenir de plus en plus difficile pour les familles ouvrières. C’est la ruine pour les petits épargnants et les retraités qui n’ont que de maigres économies. Cela signifie aussi pour les jeunes d'aujourd'hui que ce monde capitaliste n'a plus d'avenir à leur offrir !

Cette perspective catastrophique, les dirigeants du monde capitaliste, les politiciens, les journalistes aux ordres de la classe dominante n'essaient même pas de la cacher. D'ailleurs, comment le pourraient-ils ? Les plus grandes banques du monde sont en état de faillite ; elles n'ont survécu que grâce aux centaines de milliards de dollars et d'euros injectés par les banques centrales, c'est-à-dire par les États.

 Pour les Bourses d'Amérique, d'Asie et d'Europe, c'est le plongeon sans fin : elles ont perdu 25 000 milliards de dollars depuis janvier 2008, soit l'équivalent de deux années de la production totale des États-Unis. Tout cela illustre la véritable panique qui s'est emparée de la classe dominante, partout dans le monde.

L’Inde présentée il y a peu comme « le »pays émergent est en récession. La Chine qui détient la majeur partie des bons du Trésor US ne brasse plus que de la « monnaie de singe », ce qui augure mal de sa place de puissance « émergente ».

Si aujourd'hui les Bourses s'effondrent, ce n'est pas seulement à cause de la situation catastrophique des banques, c'est aussi parce que les capitalistes s'attendent à une chute vertigineuse de leurs profits résultant d'un recul massif de l'activité économique, d'une explosion des faillites d'entreprise, d'une récession bien pire encore que toutes celles qu'on a connues au cours des quarante dernières années.

Le Sommet du G20 est destiné, d'après certains, à "refonder le capitalisme". L'agitation des dirigeants du monde n'a d'égale que celle des journalistes et des "experts" : télévisions, radios, journaux... la crise est omniprésente dans les médias.

 

Plus d'État et plus de "morale", et le capitalisme pourra repartir de plus belle !

Voilà le mensonge qu'on veut nous faire avaler !

 

En fait, la crise qui déferle aujourd'hui sur le capitalisme mondial ne date pas de l'été 2007, avec la crise de l'immobilier aux États-Unis. C'est depuis plus de 40 ans que les récessions se sont succédées les unes aux autres : 1967, 1974, 1981, 1991, 2001.

Cela fait des décennies que le chômage est devenu une plaie permanente de la société, que les exploités subissent des attaques croissantes contre leurs conditions de vie. Pourquoi ?

Parce que le capitalisme est un système qui produit non pas en fonction des besoins humains mais pour le marché et le profit. Les besoins non satisfaits sont immenses mais ils ne sont pas solvables, c'est-à-dire que la grande majorité de la population mondiale n'a pas de quoi acheter les marchandises produites. Si le capitalisme est en crise, si des centaines de millions d'êtres humains, bientôt des milliards, sont jetés dans une misère intenable et la famine, ce n'est pas parce que ce système ne produit pas assez mais parce qu'il produit plus de marchandises qu'il ne peut en vendre. Chaque fois, la bourgeoisie s'en sort temporairement par un recours massif au crédit et la création d'un marché artificiel. C'est pourquoi ces "relances" préparent toujours des lendemains plus douloureux puisque, au bout du compte, il faut bien rembourser tous ces crédits, faire face à toutes ces dettes. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui.

Toute la "fabuleuse croissance" de ces dernières années était exclusivement basée sur l'endettement. L'économie mondiale a vécu à crédit et maintenant que vient le moment de rembourser, tout s'écroule comme un vulgaire château de cartes ! Les convulsions actuelles de l'économie capitaliste ne résultent pas d'une "mauvaise gestion" des dirigeants politiques, de la spéculation des "traders" ou du comportement irresponsable des banquiers.

Tous ces personnages n'ont fait qu'appliquer les lois du capitalisme et ce sont justement ces lois qui conduisent le système à sa perte. C'est pour cela que les milliers de milliards injectés sur les marchés par tous les États et leurs banques centrales n'y changeront rien. Pire ! Ils vont rajouter de l'endettement à l'endettement, ce qui revient à vouloir éteindre un incendie avec de l'essence ! Par ces mesures désespérées et stériles, la bourgeoisie fait la preuve de son impuissance. Tous ses plans de sauvetage sont condamnés, tôt ou tard, à l'échec. Il ne peut y avoir de relance de l'économie capitaliste. Aucune politique, qu'elle soit de gauche ou de droite, ne pourra sauver le capitalisme car ce système est rongé par une maladie mortelle et incurable.

Peut-on rembourser une dette de 68 trillions de dollars, avec un PIB de 32 trillions ? Réponse : non. La dette, pour être remboursée, doit être prélevée sur les revenus. Une dette de 205 % du PIB représente des intérêts à 11 % du PIB, si l’on admet un taux de rémunération du capital à 5 % (norme de ces dernières années). Comme la croissance des pays occidentaux plafonne à 2 % (version optimiste), et en admettant une inflation de l’ordre de 3 % (pour laisser une marge aux prêteurs à 5 %) une fois défalquée la fausse croissance générée jusqu’ici par l’endettement, les 6 % restants sont structurellement non remboursables (à peu près la moitié).

C’est une situation de faillite. Pour maintenir les profits des oligopoles qui ont survécu, les grandes états impérialistes vont multiplier leurs interventions armées pour s’accaparer à bons comptes les ressources des pays pauvres, écraser les peuples qui leur résistent et maintenir en laisse leurs propres peuples.
Pour cela les dirigeants peuvent compter sur la petite bourgeoisie ruinée ou en voie de l’être, stoppée dans son ascension sociale ou en train d’en dégringoler les barreaux si péniblement acquis. Ces partisans de la 3ème voie, du « ni-ni », sont tentés par les voies nationalistes, ce qu’ATTAC malgré ses apparences mondialistes affirme lorsque ses militants réclament une taxe sur les profits ou la possibilité de créer des pôles publics de services publics et de banques.

C’est bien un « super-Etat » qu’ils veulent. Cette petite bourgeoisie ne souhaite qu’un « autre capitalisme », plus « humain »… Bien sûr qu’il faudra reconstruire la souveraineté alimentaire et industrielle des Etats actuellement dominés pour sortir d'une logique de concurrence et s'engager dans une logique de coopération et de solidarité mais il faut surtout que ces peuples soient libres et souverains pour décider de leur sort et cela ne pourra exister sans qu’au préalable ils aient supprimé ce  système politique qui les écrasent.

De même une partie du prolétariat, est trompé par le discours nationaliste (produisons français, italien, allemand…) et par manque de volonté ou par peur de lutter tolère le discours fasciste d’un Sarkozy ou d’un Le Pen et « travaille à renforcer sa propre exploitation et sa propre réduction en esclavage… » (résolution de la 3ème I.C. – 1923).

 

Le prolétariat entre en résistance

 

Le déchaînement de la crise du capitalisme va provoquer pour des centaines de millions de travailleurs, non seulement dans les pays sous-développés mais aussi dans les plus développés, de terribles souffrances, le chômage, la misère, voire la famine, mais il va provoquer aussi, nécessairement, des luttes de résistance de la part des exploités.

Depuis 40 ans, le prolétariat a pu subir des défaites souvent douloureuses, conséquences des illusions semées par la Gauche (comme en 68), par des partis ouvriers bourgeois qui n’ont jamais eu d’autres stratégies que celle d’obtenir des strapontins ministériels et des avantages de toutes sortes, qui véhiculent en permanence l’idéologie de la collaboration de classe et canalisent le mécontentement dans les limites de la « démocratie » bourgeoise.

Mais échaudée à maintes reprises par les plans sociaux ou d’accompagnements du chômage, par l’augmentation des cadences et de la précarité renforcée, la classe ouvrière dans son ensemble est revenue de ses illusions pour envoyer au tapis tous ces réformistes et autres nationalistes inféodés au capital à chaque élection par un taux d’abstention record et des votes extrémistes.

Mais s’il est vrai que le discours officiel passe de moins en moins, le niveau des luttes est encore bien loin d’atteindre le niveau nécessaire au renversement du pouvoir bourgeois.

Depuis 2003, il se bat de plus en plus mais c’est essentiellement la classe moyenne, celle des petits bourgeois, effrayés par la prolétarisation qui la frappe de plein fouet qui s’agite. ATTAC et ses auxiliaires altermondialistes (PCF, socialistes et faux amis du prolétariat) prêchent un « bon capitalisme » débarrassé de son éternel comparse, le banquier. Ils tentent en revanche de nous faire croire que, dans toute cette histoire, le système capitaliste n'est absolument pas à remettre en cause, qu'il s'agit simplement de lutter contre des "dérapages" et des "excès". C'est la faute aux spéculateurs ! C'est la faute à la cupidité des "patrons voyous" ! C'est la faute aux paradis fiscaux ! C'est la faute au "libéralisme" ! Ils réclament des règles du marché du travail, la protection sociale et l’ensemble des services publics dans le cadre des « principes républicains »  et non de la rentabilité du capital privé. En bref plus d’Etat ! C’est exactement ce que réclame la bourgeoisie aux abois.

Les milliards dépensés pour les banques par l’Etat pour sauver du naufrage ce qui peut encore être sauvé, c’est tout ce qu’attendent les tenants de l’ordre capitaliste. Que l’Etat assure la pérénité du système privant du même coup le prolétariat des moyens de sa survie…

 

Il y a un danger nationaliste, voire fasciste que la démocratie bourgeoise cultive.

 

 En effet la forme démocratique organise l’hégémonie bourgeoise par le moyen des alliances de classe ouvertes. Les alliances de toutes sortes, le consensus aussi bien politique que syndicale autour du rôle de l’Etat (par le biais du financement de toutes ces organisations) accentue la puissance de ce dernier sur le prolétariat réduit à l’état de spectateur, pis de victime ayant perdu toute maîtrise sur les décisions concernant l’ensemble des conditions de production de la vie (l’intérêt privé est totalement soumis à l’intérêt général représenté par l’Etat).

Le capitalisme nie la diversité des qualités humaines, en réduisant l’existence sociale des hommes à des valeurs marchandes. L’égalité par l’argent est impossible tant que règne la division sociale du travail contraint.

La démocratie bourgeoise en état de décomposition avancée ne peut être sauvée. Ce sont les rapports sociaux d’appropriation privée propre au capitalisme qui doivent disparaître.

C'est pourquoi les luttes de résistance de la classe ouvrière répondent à une autre nécessité, bien plus importante encore. Elles doivent leur permettre de développer leur force collective, leur unité, leur solidarité, leur conscience en vue de la seule alternative qui puisse donner un avenir à l'humanité : le renversement du système capitaliste et son remplacement par une société fonctionnant sur des bases entièrement différentes. Une société non plus basée sur l'exploitation et le profit, sur la production pour un marché, mais basée sur la production pour les besoins humains ; une société dirigée par les travailleurs eux-mêmes et non par une minorité privilégiée : la société communiste.

Pendant des décennies, tous les secteurs de la bourgeoisie, de droite comme de gauche, se sont entendus pour présenter comme "communistes" les régimes qui dominaient l'Europe de l'Est et la Chine et qui n'étaient qu'une forme de capitalisme d'État.

Il fallait convaincre les exploités qu'il était vain de rêver à un autre monde, qu'il n'y avait d'autre horizon que le capitalisme. Aujourd'hui que le capitalisme fait la preuve de sa faillite historique, c'est la perspective de la société communiste qui doit animer de plus en plus les luttes du prolétariat.

Les communistes devront s’organiser pour faire valoir un point de vue communiste et une orientation communiste des luttes.  Il faudra être des milliers et mettre hors sujet les « pinaillages » de toutes sortes qui existent encore.

Il faudra apprendre à travailler avec tous ceux qui veulent la révolution sinon c’est une nouvelle forme de fascisme qui triomphera.

La lutte de classe, concrète, pratique posera elle-même les termes de la ligne politique que suivront les révolutionnaires.
Pour cela il faut se regrouper pour faire face aux attaques d'un capitalisme aux abois, pour mettre fin à l'exploitation, à la misère, à la barbarie guerrière du capitalisme.

                                                                       Paris, le 18 novembre 2008



(1)         La stratégie de mondialisation permise par le développement fulgurant des réseaux de transport et de communication n'est jamais que la mise en oeuvre à marche forcée de ces principes par les puissances économiques. Tous les moyens auront été bons pour y parvenir. Le GATT puis l'OMC propageront le libre-échange un peu partout sur la planète, y compris dans le domaine agricole. Lorsque les négociation patinent à l'OMC, comme c'est le cas depuis quelques années, des accords régionaux ou bilatéraux prennent le relais et appliquent les mêmes recettes. Sans oublier les Plans d'ajustement structurels imposés aux pays emprunteurs du Fonds monétaire international (FMI), qui déclinent encore la doctrine néolibérale.

En bout de course, les vrais bénéficiaires de ce libre-échangisme débridé sont les grandes entreprises, qui peuvent profiter des conditions sociales, fiscales et environnementales les plus avantageuses et niveler par le bas les législations grâce à l'argument massue de la concurrence internationale.  Le pouvoir exorbitant des marchés généralise la spéculation, y compris sur les produits alimentaires. De plus, la financiarisation croissante de l'économie démultiplie les conséquences de cette réorganisation. Le pouvoir exorbitant des marchés généralise la spéculation, y compris sur les produits alimentaires. Le "marché mondial" fixe les prix, fonction de l'offre et de la demande... mais aussi (et de plus en plus) des perspectives de rendement financier. Pour s'en convaincre, on peut admirer la transparence de la banque belge KBC qui, pendant les révoltes de la faim, vante les performances d'un produit financier investi dans les matières premières agricoles.

Ainsi, on comprend mieux comment cette mondialisation qu'on nous prédisait heureuse a pu conduire à la situation de pénurie alimentaire vécue en ce moment même par de nombreux pays. Spéculation provoquant une hausse brutale des prix, répartition totalement inéquitable des richesses, dépendance des pays du Sud vis-à-vis du Nord...voilà les ingrédients de la crise. On peut bien-sûr ajouter un choix technologique désastreux comme celui des agro-carburants, qui confirme l'hérésie du système économique mondial en détruisant des aliments pour produire de l'énergie.


(2) Un simple exemple : au cours seulement des 9 derniers mois le prix du riz a augmenté de 64% et celui du blé de 130%.

 

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