La domination du dollar mise à mal
Le gouvernement Bush (1) est confronté au projet Iranien d’ouvrir une bourse où le pétrole s’échangerait en euros. Si cela arrivait, des centaines de milliards de dollars submergeraient en retour les Etats Unis, effondrant le dollar et détruisant ainsi son économie. C’est pourquoi les USA projettent de mener la nation en guerre contre l’Iran. Le chef de file du système capitaliste se sent menacé par ce qui s’apparente à une sécession dans un ensemble économique ou le dollar est le symbole de sa cohésion.
Si le marché Iranien s’ouvre, le dollar plonge et l’économie US vole en éclats.
Les USA détiennent le marché du pétrole (2) qui permet de faire payer en dollars leurs dettes aux pays du Sud (PED) ce qui contraint les banques centrales à maintenir d’énormes stocks de dollars (le dollar représente maintenant 68% de la monnaie du capital mondial contre 51% il y a dix ans).
Aussi longtemps que les nations sont obligées d’acheter le pétrole en dollars, les USA peuvent continuer à le gaspiller outrageusement en toute impunité. La seule menace à cette stratégie est la compétition que projetterait une place boursière du pétrole indépendante, forçant ainsi le dollar flageolant à se confronter à une monnaie plus stable (libre de dette) telle que l’euro. Ceci obligerait les banques centrales à diversifier leurs actifs, rapatriant des milliards de dollars dévalorisés aux USA.
L’effort de garder loin des médias cette information concernant le marché d’échange du pétrole Iranien a été très bien mené. Du coup, peu de gens connaissent la gravité de la menace qui pèse actuellement sur l’économie US.
Répercutions sur les impérialismes secondaires
Avec des économies aussi interdépendantes et entrelacées, une dépression mondiale surviendrait avec un effet domino entraînant le reste de l’économie mondiale dans un crash monumentale.
200 millions d’Etats-uniens pourraient se retrouver à la rue, sans emploi et affamés, avec rien ni personne capable de les secourir ou de les aider, contrairement aux soupes populaires et autres soutiens charitables vus durant la Grande Dépression de 1920/30.
Un tel crash entraînerait la montée en flèche des taux d’intérêts, une hyper-inflation, des coûts en énergie astronomiques, un chômage massif et, peut-être, une dépression.
C’est cela qui rend la guerre si probable, y compris une guerre nucléaire.
La plainte selon laquelle l’Iran développe des armes nucléaires n’est rien d’autre qu’un prétexte pour lancer la guerre. La NIE (National Intelligence Estimate) prévoit que l’Iran ne sera pas capable de produire des armes nucléaires avant peut-être dix ans.
Tout comme le chef de l’AIEA, Mohamed El Baradei a dit et répété que les inspecteurs de son agence n’avaient trouvé « aucune preuve » de programme d’armes nucléaires. Il n’y a pas d’armes nucléaires ou de programmes d’armes nucléaires, par contre le plan économique de l’Iran pose une menace existentielle aux USA.
On peut comprendre pourquoi les médias affiliés aux multinationales ont omis toute mention d’un nouveau marché du pétrole dans leurs couvertures. C’est un secret que les piliers de la diection aimeraient mieux garder pour eux.
Il est plus facile de convaincre le public avec des histoires d’armes nucléaires et de musulmans intégristes plutôt que de justifier le lancement d’une guerre pour sauver un dollar anémié.
C’est néanmoins le dollar que les USA défendent en Iraq et vraisemblablement bientôt en Iran aussi. (Saddam s’était converti à l’euro en 2000. Les bombardements ont commencé en 2001)…..
RCPC – mars 2006
(1) sources : Mike Whitney ; Krassimir Petrov.
(2) le pétrole s’échange sur le NYMEX (New York Mercantile Exchange) soit sur l’IPE (London International Petroleum Exchange) appartenant tous deux aux Etats Unis
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