Sciences et technologie
Développement des sciences et de la propriété capitaliste
« La réponse du prolétariat à la politique économique du capital financier, à l'impérialisme, ne peut être le libre-échange, mais seulement le socialisme. Ce n'est pas le rétablissement de la libre concurrence, devenu maintenant un idéal réactionnaire, qui peut être aujourd'hui le but de la politique prolétarienne, mais uniquement la suppression complète de la concurrence par la suppression du capitalisme» ( Lénine dans « L'impérialisme, stade suprême du capitalisme ») . En d'autres termes, ce que le prolétariat doit briser pour mettre fin à son exploitation, ce n'est pas tel ou tel monopole, tel ou tel groupe financier, telle ou telle «féodalité», mais le monopole de l'ensemble de la classe bourgeoise défendu par son Etat.
L’Etat gestionnaire du capital
Une armée de gérants, d'administrateurs, de directeurs grassement payés appliquent les lois impersonnelles du capital en organisant l'extorsion de la plus-value dans les usines, sa réalisation sur les marchés, et son accumulation pour produire toujours plus de capital et de plus-value. En bas de cette gigantesque pompe à valeur les producteurs directs qui l'alimentent de leur sueur ; au milieu, la machinerie complexe du capital, réseau d'intérêts concurrents et solidaires, auquel sont associés les cadres, ingénieurs et techniciens, qui pompe et répartit le produit du travail des exploités, et surtout l'accumule sans relâche pour produire toujours plus au prix d'un immense gaspillage social du travail vivant ; au sommet, la classe parasitaire vivant sur le dos des producteurs directs et les énormes appareils d'Etat entretenus pour maintenir ceux-ci dans l'exploitation.Ces oligopoles, reliés entre eux par des liaisons financières complexes, s'affrontent pour accroître leur part de marché mondial, exporter leurs capitaux, imposer leur monnaie, contrôler les sources de matières premières, sur le plan politique pour imposer leur hégémonie sur une partie de la planète en soumettant à leur influence les Etats plus faibles, enfin sur le plan militaire pour défendre leurs intérêts ou lorsque sonne l'heure de l'affrontement pour le repartage des zones d'influence. « La socialisation intégrale de la production» telle que la nommait Lénine est en marche sous l’effet de la mondialisation libérale.
L'expansion capitaliste a développé l’usage des sciences et des techniques
Dès les 15ème et 16ème siècles, les "grandes découvertes" et l'extension des routes commerciales, principalement maritimes, se sont appuyées sur la supériorité scientifique et technique acquise par les nations. Les progrès scientifiques contribuent à perfectionner les techniques de navigation et des armes à feu, qui donnent la suprématie militaire aux expéditions portugaises, hollandaises, britanniques et françaises. Entre le 16ème et le 19ème siècle, parfois jusqu'au 20ème comme dans le cas du Maroc, les marines et les armées des Etats où est né le capitalisme soutiennent son expansion, lui ouvrent ses débouchés extérieurs et lui donnent accès à toutes les ressources de la planète grâce à leur supériorité technique. L'histoire du monde s’est construit sur la conquête militaire des zones périphériques du système, dans un contexte de rivalités et de guerres entre les pays européens soucieux d'étendre et de protéger leurs zones d'expansion commerciale particulières (les épices de l'extrême orient pour les Portugais et les Hollandais, l'or et l'argent de l'Amérique Latine pour les Espagnols, les esclaves et les minerais d'Afrique pour les Anglais et les Français, etc...). Au cours des stades ultérieurs du développement de ces capitalismes, les applications militaires de la science et de la technique ne feront que croître, non seulement à l'occasion de conflits inter-impérialistes, notamment ceux des deux guerres mondiales, mais aussi pour maintenir dans les empires coloniaux la domination stratégique des états centraux et l'ordre économique et social du pacte colonial.
Sciences et techniques au cours la mondialisation.
Souvent associées aux moyens militaires (pour le transport des troupes et des armements lourds), ces infrastructures ont contribué à élargir les moyens d'action et l'influence des rapports marchands à travers le monde en intensifiant, notamment au XIXème siècle, les contacts et les échanges entre l'Europe et le reste du monde, et en créant dans tous les pays les bases techniques de la modernité. C'est le temps de la création sur tous les continents des grandes lignes de chemin de fer, des principaux ports, du télégraphe, des canaux de Suez et de Panama, etc... nécessaires au commerce des matières premières produites dans les périphéries et au drainage des surplus produits par les modes de production traditionnels. Transports, communications et réseaux énergétiques, en accroissant rapidement leurs capacités et la rapidité de leurs services, sont ainsi à la base de l'élargissement et de l'approfondissement des marchés mondiaux au bénéfice des industries qui se développent dans les pays centraux (ce sont les bases solides du "pacte colonial", première version de la politique de développement).
Elles fournissent aux entreprises en compétition les innovations de produits et de procédés qui leur permettent soit de créer de nouveaux marchés, soit d'augmenter leurs parts des marchés existants en éliminant les concurrents dont les coûts de production restent trop élevés. Il faut notamment relever que les grandes crises historiques du capitalisme (1890, 1930, 1970) sont toutes associées à des "vagues" de changements scientifiques et techniques: métallurgie, machine à vapeur et chemins de fer, puis chimie, électricité, pétrole, moteur à explosion et automobile, plus récemment informatique et électronique ont ainsi entraîné des bouleversements majeurs dans l'ensemble du champ économique et social, affaiblissant ou favorisant des branches entières d'activité, permettant la concentration des capitaux pour la constitution de firmes toujours plus puissantes et même d'oligopoles internationaux, assurant la prépondérance de certaines nations ou leur déclin etc..., mais aussi bouleversant les rapports économiques entre centres et périphéries du système.
Les Etats centraux ont cantonné les pays périphériques au rôle de fournisseurs de matières premières et d'exploiteurs de la main d'oeuvre locale au coût minimum. C'est la base de l'économie de plantation qui s'est installée aux Caraïbes, en Amérique Latine, en Afrique, en Asie et dans le sud des Etats Unis avec le développement du travail forcé et même de l'esclavage. Dans les empires coloniaux maintenus sous la domination directe des pays centraux, sauf exceptions très particulières, très peu d'investissements industriels ont été réalisés, et les développements techniques et économiques sont restés insignifiants, en dehors de l'exploitation des ressources minières et agricoles.
Au contraire, dans les pays centraux, des investissements industriels ont été réalisés pour maintenir ou rétablir des taux de profit menacés par les crises du système, appuyés sur un marché intérieur protégé et une politique active en faveur des investissements privés.
Les idéologies nouvelles
La bourgeoisie en développant les sciences et des techniques a imposé d'autres visions du monde en dépassant le stade étriqué des cultures locales et finalement déstabilisé les groupes sociaux dominants. Elle a dévalorisé ses ennemis lors de sa lutte pour imposer son pouvoir dans les pays du centre, mais aussi lors de l'expansion des capitalismes nationaux pour légitimer les expéditions de découverte et de conquête du monde.
C'est au nom de la modernité et de la civilisation, représentées par la science et les techniques, que la politique coloniale était glorifiée. Il existait en France par exemple une Académie et un Musée des Sciences coloniales et l'activité des scientifiques dans les pays périphériques était utilisée pour démontrer les "bienfaits de la civilisation" (qui pouvaient être réels dans certains domaines comme la médecine ou les infrastructures...). Ces "sciences coloniales" peuvent être analysées comme les ancêtres des "sciences du développement" qui leur ont succédé aujourd'hui.
Les premières résistances à l'expansion capitaliste par exemple ont cherché à s'approprier les techniques et les connaissances scientifiques qui les écrasaient. Ces peuples, mais surtout leurs élites intellectuelles, ont ainsi acquis la connaissance du nouveau système en expansion.
Dès le 19ème siècle, quatre régions, périphériques au départ, ont réussi à maintenir ou à conquérir leur indépendance politique vis à vis des pays centraux du système en expansion, à organiser l'accès de leurs élites à une formation scientifique et technique, et à construire un premier secteur industriel grâce à une politique protectionniste de leur marché intérieur. L'Allemagne, les USA, le Japon et la Russie ont pu ainsi créer les conditions d'un réel développement économique au cours du 19ème puis du 20ème siècle et se sont transformés en nouveaux pays centraux, devenus colonisateurs à leur tour au prix de profonds et violents changements politiques internes faisant accéder au pouvoir une bourgeoisie ou une bureaucratie à caractère national libérant les forces de travail nécessaires à l'industrialisation. Ils ont assurer le développement d'un système éducatif fondé sur une concurrence et une sélection des élites nécessaires à la reproduction du système et d'institutions scientifiques leur permettant de maîtriser les sciences et techniques d'origine européenne. Ils se sont prémunis par une politique douanière protectionniste permettant aux premières industries de se développer.
La crise du capitalisme moderne
Les pays du centre ont cherché à soutenir et réorganiser leurs échanges par l’abandon de l’étalon or et l’adoption du dollar (1) qui s’appuie sur la domination militaire des USA, sortis grands vainqueurs du deuxième conflit mondial. Ainsi les accords de Bretton Woods et le plan Marshall assurent leur suprématie dans les années 60 pour le contrôle des nouveaux Etats. Dans plusieurs pays périphériques comme la Chine, le Mexique, Cuba, l'Argentine, le Brésil, l'Algérie etc...s'exprime une volonté d'appropriation des sciences et des techniques pour réaliser un développement industriel construit par une méthode de la planification étatique plus ou moins inspirée des expériences de l'URSS et des pays du camp socialiste.
La nouvelle révolution technologique dans les secteurs de l'information, de la communication et des biotechnologies, la restructuration des marchés financiers et l'essor des firmes multinationales qui ont suivi, et l'effondrement des pays de capitalisme d’Etat en 1990 sont des évènements marqués par la persistance d'une concentration massive des capacités scientifiques et techniques dans les pays centraux du système capitaliste mondialisé, et la montée en puissance des firmes multinationales qui détiennent une grande part de ces capacités, tandis que les disparités de revenus atteignent des proportions inouïes.
Une nouvelle division du travail est apparue dans les pays d'Asie et d'Amérique Latine avec l’émergence d’emplois qualifiés, formés sur place à peu de frais mais majoritairement non qualifiés vers ces zones devenues plus rentables pour les capitaux tandis que d'autres, écrasés par le poids du service de la dette, et par l'instabilité d'une sphère financière dérégulée et imprévisible s’enfoncent dans les guerres et le dénuement.
L'hypertrophie des moyens militaires
La course aux armements irresponsable dévore une grande part des dépenses publiques de recherche/développement dans les pays centraux. Même après l'effondrement du « socialisme réel » la persistance d'une volonté de domination, notamment de la part des USA, devenus le principal pôle de puissance sur la scène internationale, ont développé toute une série de conflits liés au contrôle et à la maîtrise des matières premières. Les guerres de Corée, du Golfe et du Moyen-Orient, de l'Afghanistan et du Caucase et finalement celles des Balkans reflètent la volonté politique des pays centraux, et notamment des USA, le plus puissant d'entre eux, de maintenir leur hégémonie sur les régions stratégiques du globe.
Enfin les dépenses d'armement et l'usage des technologies militaires, dans les états périphériques, sont utilisées dans la plupart des cas pour étouffer et réprimer les revendications sociales et les mouvements politiques qui veulent faire prendre en compte les aspirations des peuples. Parfois des coups d'état, comme au Chili et en Indonésie, des conflits ou des guerres entre pays voisins comme au Moyen Orient, sont suscités pour affaiblir ou renverser des gouvernements qui tendent à échapper au contrôle des pays du centre ou pour empêcher toute coalition politique opposée à leurs intérêts.
En Amérique Latine règne la "guerre de faible intensité" contre les organisations populaires (coopératives, syndicats, mouvements de paysans, etc...) avec le soutien des USA, qui ont même créé une école spéciale en Amérique Centrale pour former les cadres des gouvernements dictatoriaux d'Amérique Latine aux techniques élaborées de la répression. La lutte contre les cartels de la drogue a aussi servi d'alibi pour soutenir ou mener directement des opérations de répression.
Dans les régions marginalisées par le capitalisme mondialisé, comme l'Afrique sub-saharienne, se sont installées des situations de guerres locales endémiques pour le contrôle de ressources minières (notamment des gisements diamantifères) ou d'appareils d'état impuissants mais générateurs de rentes régaliennes distribuées par les firmes multinationales ou les états centraux qui manipulent ces structures étatiques. Pour les peuples pris en otages dans de tels conflits, qui ravagent de nombreux pays africains de l'Angola jusqu'au Soudan, il est impossible de concevoir un processus de développement, puisque les ressources disponibles sont détournées de cet objectif, et que les pouvoirs publics locaux ont de toutes autres motivations que de promouvoir le développement de leur pays.
En résumé, il apparaît clairement que les énormes ressources matérielles et humaines affectées par les pays du centre à la recherche militaire et aux activités militaires en général, ainsi que leurs exportations d'armes vers la périphérie, le gonflement des forces armées et la multiplication des conflits meurtriers qui en résultent maintiennent ces peuples dans une dépendance totale à l’égard des pays impérialistes.
Les travailleurs spoliés de leur puissance sociale
Les découvertes scientifiques et innovations technologiques continuent à se multiplier à un rythme accéléré. Mais, entre les mains de la classe bourgeoise qui en est propriétaire avec l’aide de ses agents actifs, de ses puissances intellectuelles associées, elles ne visent qu’à déposséder davantage les prolétaires de leur qualification et les maintenir dans les contradictions profondes (taux et masse de la plus-value, taux de profit, suraccumulation endémique, etc.) d’un rapport de production capitaliste destructeur. Ainsi, la fusion de l'informatique et des télécommunications, qui a produit Internet, allège spectaculairement les contraintes de coût, de temps et d'espace: elle crée ainsi des conditions radicalement nouvelles d'accès aux savoirs concentrés dans les bibliothèques et centres de documentation des pays centraux et de transmission de ces savoirs.
Mais en ouvrant la voie à de nouvelles formes d'organisation du travail dans le temps et l'espace, la bourgeoisie dépossède les prolétaires des conditions qui président à la satisfaction de leurs besoins. Internet fournit par exemple, de nouveaux moyens immédiatement utilisables par les structures centrales du capital, des états et des firmes multinationales, pour renforcer leur exploitation (ces nouvelles technologies de communication évoluent sous la pression de la finance - fonds de pension, hedge funds, oligopoles bancaires).
Le capital financier possède des liens très étroits avec les scientifiques avec lesquels il partage les revenus tirés de la recherche et du développement. Les chercheurs, cadres et techniciens ont besoin du financier car les projets innovants sont de plus en plus coûteux et les résultats souvent aléatoires. Les besoins croissants en science et en technologies obligent les financiers à investir davantage car le secteur productif, en perpétuelle transformation, pour créer de nouveaux produits, mobilise une masse de plus en plus importante de capitaux financiers.
Les banques et les établissements de crédits s’approprient les innovations en les achetant à leurs concepteurs. C’est cela qu’on appelle « le pillage de l’invention ouvrière par le capital ». Le système des brevets s’est développé pour assurer aux groupes capitalistes la propriété de l’invention (la voiture fonctionnant à l’eau rachetée par les trusts pétroliers). Les brevets sont vendus comme n’importe quelle autre marchandise. En France, 90% des inventions brevetées sont le fait d’inventeurs salariés, travaillant avec les moyens de l’entreprise (2). Les articles du Code de la Propriété Intellectuelle assurent à la bourgeoisie sa prépondérance sur la recherche. Si le salarié est recruté pour faire de la recherche (« la mission inventive ») il reçoit une rémunération supplémentaire selon la valeur estimée de l’invention. S’il s’est servi de données ou de techniques procurées par l’entreprise (« la mission attribuable ») il reçoit « un juste prix » (les litiges sont fréquents). Dans ces deux cas, l’entreprise est propriétaire de ces inventions.
Bien souvent l’inventeur ne peut entreprendre seul l’exploitation de son invention. Les banques se chargent de prélever une part significative des gains escomptés et les entreprises en développent les applications. Les Etats centraux élargissent et renforcent le domaine des brevets et créent de nouveaux droits de propriété intellectuelle qui conduisent à une véritable privatisation du savoir.
L'accès aux connaissances scientifiques et techniques est un véritable marché où le prix des connaissances et des savoir-faires est fixé par les monopoles multinationaux, ce qui tend à en exclure les pays plus pauvres, où la notion de propriété intellectuelle n'est souvent même pas concevable. C'est ainsi qu'on assiste à de véritables campagnes de recherche financées par les multinationales pour répertorier les recettes de la médecine traditionnelle en Inde par exemple, ou pour collecter les plantes de la pharmacopée des populations de la forêt amazonienne, et pour déposer des brevets sur ces connaissances dont elles prétendent ensuite être les propriétaires exclusifs.
L'utilisation des biotechnologies fournit d'autres exemples: le génie génétique permet de produire de nouveaux médicaments (contre le SIDA par exemple) et de créer des organismes totalement nouveaux (tels les OGM). Mais les firmes multinationales qui décident de l'orientation des recherches prennent seulement en compte la rentabilité financière. Leur stratégie commerciale précipite la déstructuration sociale des populations rurales dans tout le Tiers Monde...
Faire sauter le verrou de la propriété privée
Le capitalisme appauvrit toujours plus le contenu du travail de l’ouvrier qui se limite à des tâches répétitives épuisantes, travail qui n’inspire que le dégoût et la répulsion. Le travailleur dépouillé de tout ne trouve pas dans ce système de temps pour s’enrichir intellectuellement assujetti qu’il est à la machine (au mieux lui propose-t-on de « contrôler » la productivité de ses semblables).
En développant formidablement la puissance productive, le capitalisme a créé et crée toujours beaucoup de temps « libre », mais il en fait du temps de loisirs aliénés, du temps de chômage et de misère pour un grand nombre, sans compter le temps qu'il dilapide dans des activités parasites d'innombrables bourgeois, dans des activités domestiques au service des bourgeois, dans des activités bureaucratiques et policières, dans la destruction et la réparation de ce qu'il détruit (biens matériels aussi bien que santé par exemple).
Il crée du temps pour tout et n'importe quoi, sauf du temps pour que les masses puissent s'approprier cet intellect général et développer le travail riche.
Marx parle souvent de « la propriété du travail objectivé de se transformer en capital, c’est-à-dire de transformer les moyens de production en moyen de commandement exercé sur le travail vivant ».
En tant qu’extorsion d’activité humaine, le capital exerce par l’intermédiaire de l’Etat un prélèvement de la richesse sociale créée.
Il maintient ses rapports de domination par le biais d’un système éducatif élitiste et abrutissant qui grossit chaque jour un peu plus cette « armée de réserve » chère au patronat pour lui permettre d’abaisser le coût de production.
Se libérer de cette emprise, c’est la condition première pour que le prolétariat actuel devienne dominant et puisse éliminer à terme jusqu’à l’existence même des classes sociales antagonistes.
Il ne pourra exercer cette tâche historique qu’en accédant au pouvoir par une révolution politique le libérant du carcan de l’Etat bourgeois.
Il ne pourra posséder ce patrimoine scientifique, cet « intellect général » fruit de la coopération de millions de travailleurs et du savoir de plusieurs générations qu’en s’emparant, de manière consciente des diverses activités sociales, notamment de la production. Il lui faudra planifier les échanges et le travail de manière concrète et cela avec l’aide d’un Parti qui organise cette planification en s’appuyant sur des Conseils souverains.
C’est alors seulement que le prolétaire cesse d’en être un, libéré des chaînes du capital, que l’Etat « s’éteint », selon l’expression d’Engels, son rôle se réduisant au fur et à mesure que le travail de chacun s’enrichit puisqu’il n’y a plus nécessité de posséder une structure qui gère la vie à la place des individus regroupés et produisant en association.
PL – mai 2007
Sources : Marc OLLIVIER (quelles sciences et quelles technologies pour quel développement ?).
(1) Le système de l’étalon-or n’a pu être appliqué que sur une très courte période, de 1880 à 1914. Les réserves de métal précieux limitées et devenant de plus en plus chères, ce qui mettait les banques centrales dans l’incapacité d’assurer la convertibilité des monnaies en cas de crise (pendant les années 30 par exemple). En 1944 toutes les monnaies du monde non soviétique étaient définies par rapport au dollar qui restait seul convertible en or. Les USA ayant raflé, grâce à la guerre, les trois-quarts des réserves mondiales en or (les USA ont l’avantage énorme de faire payer au monde entier leur énorme déficit en émettant des dollars ou des bons du trésor de la FED). En 1971 Nixon libéra définitivement le dollar des limites de l’or ce qui a eu pour conséquence d’exacerber la contradiction monétaire (entre la valeur scripturale fixant la valeur d’échange et son rôle de conservation de la valeur primitivement contenue dans la monnaie métallique) car le papier monnaie peut se démultiplier de façon quasi illimitée (donc démultiplier les produits financiers) sans rapport avec l’accroissement limité de la valeur réelle des marchandises qui fondent sa valeur. C’est la raison principale de la baisse actuelle du dollar.
(2) Selon l’INPI –institut National de la Propriété intellectuelle.
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