Présidentielles
Plus que jamais, combattre la bourgeoisie
Quelque soit l’élu qui sortira du chapeau de la bourgeoisie, dans un contexte de lutte de classe qui ne peut que s’amplifier, celle-ci voudra étendre son pouvoir, celui de l’Etat, sous des formes nouvelles et brutales.
Son programme est celui de ses forces organisées qui renouvellent leurs têtes à l’occasion des élections, qui se recomposent et concentrent leur pouvoir. C’est celui d’un système entré dans une crise profonde qui, pour poursuivre le procès de l’accumulation capitaliste doit passer au pilori les conquêtes sociales, le code du travail et prolétariser un nombre plus grand de travailleurs. Il leur faut un Etat autoritaire qui contrôle davantage chaque individu en augmentant la bureaucratie et la répression policière. Le rôle dévolu à l’Etat bourgeois est de développer les conditions favorables à la production de la plus-value et à la reproduction de la société bourgeoise de classe.
C’est pour cela qu’il faut avoir un autre discours que celui des partis ouvriers bourgeois qui réclament à grands cris des nationalisations sous contrôle de l’Etat bourgeois pour répondre aux besoins soi-disant exprimés par les travailleurs de « contrôler » davantage leur entreprise. Rien à voir avec les nationalisations mises en place pendant les révolutions ouvrières qui avaient pour but de déposséder de leurs titres de propriété les bourgeois russes ou chinois et de les éliminer des commandes de l’Etat.
Aujourd’hui les conditions sont réunies pour se libérer du temps de travail contraint et répulsif car les sciences et les technologies développées par le capital le permettent. Les délocalisations dans les pays en développement montrent bien que le capital peut produire avec une main d’œuvre interchangeable (les tâches simplifiées sont pensées et dirigées par une élite intellectuelle et scientifique). « L’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour les résoudre existent déjà ou du moins sont en passe de le devenir » (Marx dans sa préface à la Critique de l’économie Politique).
C’est la propriété privée capitaliste qui interdit aux travailleurs de disposer de ce temps pour développer leur intellect et effectuer des tâches plus diverses et plus enrichissantes car elle contraint les travailleurs au chômage et à une productivité plus grande et permet seulement à une élite d’en disposer.
Ceux qui ont la propriété, mais aussi ceux qui possèdent les moyens du travail s’en approprient aussi le produit.
Marx affirmait que « la propriété privée ne peut être abolie qu'à la condition que soit réalisé un développement complet des individus ; ceux‑ci se trouveront en effet en présence de forces productives et de formes d'échange de caractère multiforme (et très sophistiquées...), et seuls des individus dont le développement sera complet pourront se les assimiler, c'est‑à‑dire en faire l'activité libre de leur existence.... »
Quant à Lénine, il a très justement observé que « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ».
Pour ce qui est du PCF rappelons-nous qu’il ne s’est jamais réellement appuyé sur la théorie marxiste-léniniste pour mener la lutte sur le terrain de la confrontation avec le capitalisme : il s’est historiquement aligné sur la 3ème Internationale. Il a ainsi écarté les travailleurs des luttes internationalistes en les cantonnant dans la défense des pays qualifiés de « socialistes » qui, en fait, développaient une forme de capitalisme d’Etat loin de l’émancipation propre au mouvement communiste.
Ce n’est pas sans raison que, depuis des décennies, des organisations issues de ses propres rangs, reprochent au PCF de faire fausse route, de propager de dangereuses illusions nationalistes en se référant sans cesse à un Etat protecteur qu’il faudrait renforcer pour mieux « contrôler » le capitalisme et le rendre « plus humain »… en un mot : de tromper les travailleurs… qui se trouvent désorientés et politiquement désarmés.
Les organisations dites « à la gauche de la gauche » (Trotskistes, anti-libéraux, écologistes...) qui servent de caution démocratique au système politique bourgeois veulent aussi leur part de la gestion de l’Etat. Il ne s’agit pas, pour tous ceux-là de préparer le prolétariat à l’avènement d’une révolution politique qui renversera l’Etat bourgeois, poursuivra la lutte de classe indispensable et éliminera définitivement la bourgeoisie.
Si la bourgeoisie lutte autant pour maintenir sa domination en créant un monde toujours plus inhumain, il n’y a pas d’autre issue que d’élever le niveau de ces luttes en s’appuyant sur la théorie révolutionnaire de Marx et de Lénine. Ceux-ci avaient bien analysé le totalitarisme bourgeois propre à ces périodes de crises où, aujourd’hui comme hier, l’accu-mulation capitaliste est en difficulté, où les destructions de capitaux en surnombre se produisent avec une violence extrême ce qui devrait conduire le prolétariat à resserrer les liens entre ses composantes diverses et à réagir par le seul véritable moyen dont il dispose : la violence révolutionnaire.
Le panneau du vote « anti-fasciste » est une nouvelle fois déployé mais l’illusion d’une Gauche internationa-liste et anti-impérialiste a fait long feu.
S’il est vrai que les électeurs sont présentement déboussolés, livrés à eux-mêmes et sous la seule influence politique et idéologique du capital la permanence et le renforcement de l’exploitation conduiront, tôt ou tard, le prolétariat à emprunter des voies nouvelles car il est tout aussi vrai qu'à l'exploitation capitaliste a toujours répondu la lutte de classe.
Les batailles qu'il va nous falloir inévitablement livrer contre les exploiteurs vont forger l'unité du prolétariat et imposer l'idée qu'aujourd'hui, comme par le passé, le problème n'est pas de chercher un moyen d'améliorer le fonctionnement du capitalisme et de lui permettre ainsi de prolonger son exploitation mais de mettre fin à l'exploitation.
Les prolétaires, par nécessité, pour satisfaire des besoins vitaux que le capital leur interdit, comme le droit au travail, au logement, ou à l’éducation, au temps de lire, à la santé, s’engageront dans la construction d'un parti communiste révolutionnaire qui s’opposera au pouvoir de la bourgeoisie exercé par l’Etat.
RCPC – 2 mai 2007
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