Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

Union Européenne

9 Février 2007 , Rédigé par ARAM Publié dans #Nos analyses

               L’Union Européenne étend sa dictature

                                à l’Europe de l’Est et au reste du monde

 

Le cinquantenaire du Traité de Rome, en mars 2007, est pour notre journal l’occasion de revenir sur ce qui fonde la puissance de cet ensemble et sur les liens qui unissent les différents impérialismes concurrents. 

 L’office européen a publié en mai 2006 ses estimations de conjoncture. Sur un an, la croissance des douze pays ayant adopté l’euro n’atteint que 2%. La commission européenne s’attend à 2,1% voire 1,8% pour cette année. Seule l’Allemagne, qui pèse 30% de la zone euro enregistre des chiffres positifs de son commerce extérieur. 

 Mais la montée du cours de l’euro renchérit le coût des exportations et freine l’investissement. La BCE en augmentant ses taux d’intérêts plombe la croissance (l’accumulation capitaliste). Bruxelles recommande par exemple la baisse des salaires de 4% pour en réalité gagner …1% de croissance. 

 Le capitalisme financier, de par son développement rapide, engrange du capital fictif qui constitue l’ossature du système mondial. Il devient le prolongement et l’organisateur du mode de production axé sur des dépenses accrues en mécanisation et en automatisation ainsi que sur les brevets qui sont l’enjeu de luttes féroces pour dominer le marché.  

                            Naissance de la CEE

 Mise en chantier par le socialiste Guy Mollet, président du Conseil, - qui signera en 1957 le Traité de Rome - la Communauté Economique Européenne vit le jour sur l’initiative de De Gaulle. Celui-ci signa également le traité franco-allemand en 1963 qui fut la base de la coordination économique et militaire où l’axe Paris – Bonn fut l’élément moteur de l’Europe Atlantique voulue par les Etats-Unis. Leur conception libre-échangiste à prétention mondiale s imposa dans une Europe ravagée par la seconde guerre mondiale qui avait affaibli considérablement les empires coloniaux. Les anciennes puissances coloniales commençaient à se débarrasser de leurs colonies jugées trop coûteuses en capital pour une faible productivité.

 Les USA poussèrent nombre de pays colonisés vers l’indépendance afin d’étendre leur capital plus concentré et plus productif, tout en veillant à ne pas les laisser tomber dans le giron de l’URSS. Elles ont pu étendre ainsi leur domination en soumettant les peuples conquis au travail forcé, pire que l’esclavage mais contenant peu de valeur ajoutée du fait de l’inexistence de la mécanisation.

 

  Les Etats soucieux de maintenir leur domination scientifique et technologique face à des USA sortis renforcés militairement à la seconde Guerre mondiale formèrent alors une nouvelle mondialisation dite « libérale » à la recherche d’abaissement des coûts du travail, d’une productivité qui intensifie le travail et de l’élargissement du marché. 

 C’est ce qui facilita grandement l’exploitation des masses paysannes ruinées qui constituèrent une main-d’œuvre industrielle à bas coût. C’est pour le capital un levier qui accroît la concentration, élimine les capitaux à faible rentabilité, et lève ainsi les entraves à l’expansion mondiale du capitalisme. 

 Les anciens monopoles d’Etat ont ainsi fait place à des multinationales contrôlées par des états-majors, n’ayant plus de liens avec la production mais s’occupant principalement de la stratégie industrielle et de la gestion financière. Les grandes banques se sont elles aussi internationalisées et le capital financier a pu prendre son essor. Les Etats-Unis ont d’emblée assuré leur prédominance dans les secteurs de pointe. IBM est le symbole de ces entreprises qui ont dicté leurs normes de production mais on peut citer également l’industrie militaire et l’agro-alimentaire.

 Le capital est devenu mondial car il faut aux Etats des organismes supranationaux tels que le FMI, la Banque Mondiale, l’OCDE et l’OMC qui prennent les décisions dans l’intérêt général de la finance mondiale. Les prêts accordés se sont accrus auprès des nouveaux Etats sortis de la colonisation, accaparés par des gouvernements qui favorisent les marchés européens ou états-uniens au détriment de leurs propres moyens de survie. 

 Dans ces échanges inégaux les produits US ou européens sont subventionnés (c’est le protectionnisme) ce qui a pour conséquence de casser les productions locales ou tout du moins de les réduire, mais également d’introduire de nouveaux produits qu’aucun pays n’a les moyens de produire en raison de son coût élevé de production et de la propriété privée des brevets détenus par les oligopoles.  

 L’UE s’est donc constituée sur la base de la concurrence entre groupes européens et US mais aussi pour faciliter la pénétration des capitaux états-uniens. C’est tout particulièrement le cas dans l’aéronautique. Les élargissements successifs ont accru la concurrence entre travailleurs appauvris enfonçant tout le système dans une crise dont il ne peut se sortir que par de nouvelles destructions.

                                       Instrument de surexploitation  

 

 

  Les Etats ont recours à l’emprunt pour financer les conditions du déploiement et de la valorisation du capital. Ils taillent donc dans les dépenses publiques pour mieux valoriser le capital.

 Sous le régime capitaliste, il ne peut exister d’Etat mondial car il réduirait la concurrence ou l’annihilerait totalement.  Elle dicte le comportement des Etats impérialistes qui s’affrontent par multinationales interposées et répercutent leurs politiques prédatrices sur les travailleurs. Ils alimentent la bureaucratie, augmentent le contrôle des citoyens et le siphonage des richesses du monde entier qui sans cesse se concentrent dans les centres impérialistes. 

Ils accroissent la flexibilité des salaires et du marché de l’emploi, dépouillent les travailleurs pour mieux exonérer de « charges salariales » les patrons. Les structures étatiques favorisent les conditions de la déshumanisation du travail en leur procurant des emplois à faible rémunération qui ne produisent aucune richesse nouvelle (le chèque emploi service en est une illustration). Elles déchargent le capital privé de dépenses sans cesse plus nombreuses, en particulier les investissements lourds en capitaux sans oublier la formation et la reproduction de la main d’œuvre allant jusqu’à assurer une partie important de ses revenus (allocations diverses, RMI, emplois bidons…) de telle sorte que la dette publique ne cesse de croître en même temps que l’accumulation capitaliste. Nombre de « recommandations » de l’OCDE vont dans ce sens. Le service de la dette (les seuls intérêts payés chaque année par les Etats) absorbe plus de 20% du budget des pays de l’OCDE.

Leurs déficits publics (1) valorisent le capital. La dette publique est couverte par l’impôt (ou l’inflation monétaire qui dévalorise d’abord les salaires puis la richesse nationale). Celui-ci n’est d’ailleurs  qu’une fraction de la plus-value prélevée par l’entreprise ou apparaissant comme contribution du salarié à l’intérêt général. Dans cette campagne électorale des présidentielles, le PS affirme vouloir « mettre plus de concurrence dans les oligopoles privés[…] Avec un niveau d’endettement public proche de 60% du PIB, l’Etat ne peut que s’appuyer sur les impôts et les accroître[…] Il faudrait créer une CSG retraite… ».

                         Chômage et bas salaires pour les travailleurs de l’UE

 Partout en Europe, les étatistes comme les monétaristes  s’entendent pour développer la puissance de l’Etat en faveur du capital. Les élections françaises font la démonstration qu’ils parlent un langage similaire quand il s’agit de soutenir les entreprises en perdition ou quand il faut accroître les impôts qui pèsent sur les travailleurs ou encore « harmoniser » le travail sur la base des 48 heures hebdomadaires.  La bourgeoisie allemande a coalisé ses courants politiques pour faire passer la TVA à 19%, les retraites de 65 à 67 ans, faciliter les licenciements, décréter la fin des indemnisations pour les chômeurs. Les prix flambent et les salaires sont écrasés (L’UE comptait 11 millions de travailleurs pauvres en 2001). Les fonctionnaires travailleront 1 heure de plus par semaine (41h), le contrôle des chômeurs est renforcé alors que la consommation baisse du fait de l’augmentation des prélèvements sur les salaires et que l’accumulation capitaliste stagne. 

 

 

  Sur les 35 milliards d’euros ainsi prélevés, 25 milliards iront aux entreprises. L’Allemagne demeure à la tête des pays « réformés ». Les fonds européens « antichoc » sociaux sont un des volets de ces réformes. Le travail des enfants (2), signe de la paupérisation rapide du prolétariat européen, est en pleine expansion (La TNT Post en Allemagne recrute des enfants de 13 ans qui travaillent 1 à 2 h par jour pour 10 à 15 € - comme la loi de 1997 l’autorise). Une nouvelle immigration en provenance des pays où s’approfondit la pauvreté, est utilisée pour abaisser un peu plus les salaires en vigueur. L’OCDE préconise d’abolir l’âge de la retraite (La Tribune d’octobre 2005). Il s’agit d’exploiter plus longtemps les « séniors » qui travailleront jusqu’à ce que mort s’en suive. La logique capitaliste du profit à tout prix, qui est une logique de survie du système, accélère la déshumanisation des rapports sociaux.  

                                         Dettes publiques et dettes privées  

 Le recours au crédit et le surendettement qui en découle gonflent la sphère financière d’argent fictif (3). Elle est d’autant plus précaire qu’elle s’inscrit sur l’espérance d’un gain futur qui ne vient pas ou qui est contrecarré par le renchérissement du coût de l’argent comme le montre la tendance inflationniste actuelle.  La BCE est entrée dans un cycle de hausse de ses taux d’intérêts.  Les profits (4) provenant du pillage des PED n’ont jamais été aussi élevés. Cette abondance de liquidités (à l’origine de l’inflation monétaire) dévalorise en retour la monnaie. Le renchérissement du crédit gèle les investissements et provoque la ruine des entreprises incapables de rembourser leurs emprunts. Jamais autant de richesses n’ont été accumulées sous forme de placements financiers, de titres de toutes sortes et surtout d’emprunts d’Etats. Mais, contradiction mortelle pour le capital, des milliers d’emplois disparaissent, ce qui prive les capitaux de la plus-value nécessaire qui ne peut se transformer en capital additionnel et relancer le procès de production. 

 C’est ce qui explique la faible croissance (ou accumulation de capital productif) de la zone euro, notamment. Ainsi, avec 15 milliards d’excédent commercial en 2005 la croissance de l’Allemagne s’est élevée seulement de 1% en 2006.

                                Les guerres pour assurer la domination de l’UE  

 

 

  L’aggravation des conditions de vie, la violence subie dans la crise par les masses prolétariennes, ressortent sous des formes de révoltes encore éclatées, sporadiques et irrationnelles ce qui renforce les Etats dans leurs fonctions répressives. Ils veulent se protéger des individus « dangereux » qu’ils ont créés en ouvrant par exemple des centres de « protection sociale », en accordant des pouvoirs accrus aux maires, les transformant en véritables shérifs, en associant les hôpitaux aux centres pénitentiaires avec la création des UHSA de long séjour (unités hospitalières spécialement aménagées) et en plaçant la délation au rang de vertu suprême. 

 Les armées sont aussi des éléments nécessaires à la valorisation du capital, à sa reproduction. Plus la crise s’approfondit et plus les impérialistes européens et états-uniens ont recours aux guerres. Les USA démultiplient leurs interventions armées dans le monde. C’est parce qu’ils ont l’armée la plus puissante qu’ils peuvent dominer leurs concurrents européens. Mais l’UE couvre également des « missions humanitaires » dans une quinzaine d’opérations un peu partout dans le monde. Cela va du déploiement de militaires en tenue de combat à la présence d’observateurs frontaliers ou entre bélligérants : dans le Caucase du Sud, au Moyen-Orient, en Afrique, dans le Sud-Est asiatique, en Moldavie et en Ukraine, sans oublier l’Afghanistan et les Balkans. Le commissaire européen, Javier Solana, a déclaré : « Je vois l’Europe comme une nouvelle sorte de pouvoir. Une force pour le Bien du Monde ». 

 La France possède 11 000 soldats stationnés en Afrique. Ils sont impliqués dans des conflits comme au Tchad, en Côte d’Ivoire ou en Centre Afrique. Les Etats des PED s’endettent aussi  pour protéger leurs ressources en matières premières (pétrole, diamants, cacao…) ce qui favorise les réactions nationalistes et les révoltes des populations victimes de la mondialisation. Les guerres sont à la fois un moyen de contrôler les sources d’approvisionnement, de soumettre les peuples à leurs lois inégalitaires de marché et de tenter de surmonter la crise de surproduction qui dévalorise les marchandises et ruine les capitalistes. 

 L’euro fort et le commerce des armes (5) contribuent à l’asphyxie  des économies, gorgées de crédits, et les rendent plus dépendantes. Enfin, les opérations guerrières permettent de globaliser la pénétration des grands groupes européens. 

D’une manière générale les forces de l’OTAN, de l’ONU et de l’UE travaillent de concert pour maintenir la pression des pays impérialistes. 

Autant de raisons pour amplifier, comme le notait « Regroupement Communiste » d’avril 1985, les luttes contre la surexploitation, contre la casse industrielle et agricole et contre le budget et la politique de guerre. « Ce combat atteindra sa pleine efficacité lorsque la classe ouvrière sera en mesure de mettre en pratique une stratégie révolutionnaire, consciente que le combat contre la misère et la guerre et pour le pouvoir du peuple [des exploités – NDLR] sont une seule et même lutte ».

  RCPC – janvier 2007

 (1) Au Royaume Uni il a atteint 5,4% du PIB 

 

 

 (2) En 2004 218 millions d’enfants de 5 à 17 ans travaillaient dont 2,5 millions travaillent quelques heures par semaine. Aux USA il n’y a pas d’âge minimum dans certains Etats pour travailler dans l’agriculture.  

 (3) La dette des ménages britanniques s’élève à 1900 milliards d’euros. Elle gonfle de 1,5 million d’euros toutes les quatre minutes (Le Monde du 10 janvier 2007)  

(4) Ses réserves monétaires sont constituées pour 15% d’or et les 85% restants de dollars et de yens.  

 (5) Les exportations d’armes ont progressé de 16% en 2005 (4,1 milliards d’euros). Le groupe Panhard prévoit 100 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2007.

 

 

 

 

 

 

Publicité

Partager cet article

Commenter cet article