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Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

questions fondamentales pour notre mouvement

5 Novembre 2006 , Rédigé par ARAM Publié dans #Nos analyses

 

 

 

Analyse de la transition au communisme


 

 

 


L’échec de cette transition dans les révolutions du XXème siècle

 

 

 

 

 

Avec l'effondrement du bloc soviétique une illusion disparaît celle de la transition au communisme par la voie du capitalisme d'Etat qui n’a jamais supprimé l’exploitation.


 

Lénine a justement dit qu’il était plus facile pour les pays arriérés qui étaient les maillons faibles du système de prendre le pouvoir. Mais le développement insuffisant de leurs forces productives, l’incapacité du Parti à développer le contrôle de l’Etat par la participation active des travailleurs (la dictature du prolétariat) et donc son incapacité à éduquer les travailleurs dans ce sens ont conduit une caste bourgeoise à diriger l’Etat sous une forme bureaucratique et n’ont pas permis au  prolétariat de poursuivre la lutte de classe nécessaire pour affaiblir la bourgeoisie encore présente après la révolution.


 

D’autre part ils n’ont pas supprimé tous les fétiches, les schémas économiques propres au système bourgeois qui s’enracinent dans la division du travail c’est-à dire le maintien du salariat et du capital comme principal mode de production.


 

 

 

Les fondements du capitalisme


 

 

 

Le capitalisme du libre‑échange qui s'est développé dès le 19ème siècle plonge ses racines dans le capitalisme marchand de la fin du Moyen‑Age qui posa les bases de nouveaux rapports de production.


 

Le développement des échanges a décomposé au cours des millénaires les communautés primitives. Le travail qui est une appropriation des conditions objectives de la vie par les hommes est d'abord un fait social qui dépend des moyens dont on dispose pour l'effectuer.


 

Tant qu'une communauté n'a pas développé les outils nécessaires les hommes n'ont que leur force collective pour survivre. C'est encore le cas dans les pays dominés.


 

C'est le perfectionnement de l'outil qui a entraîné la multiplication des métiers donc la division du travail. Le producteur devient maître de son travail (propriétaire) et de ses produits. Les échanges lucratifs sont nés du besoin de trouver dans les produits de l'autre les moyens d'assurer les conditions de sa vie.


 

La propriété privée est apparue sous le double aspect de la division du travail et de l'individu libre de liens sociaux de dépendances directs comme c'est le cas dans les sociétés primitives. Le capitalisme dépouille la grande masse des travailleurs de la maîtrise de son travail. Ce sont des individus aliénés de leur puissance créative qui n’ont qu’une seule tâche à assurer : la reproduction du capital. Le travail vivant représenté par l’activité salariée est de plus en plus soumise au travail mort représenté par le machinisme et l’automatisation. Dans ce contexte les puissances intellectuelles (cadres, capitalistes actifs associés aux savants et scientifiques de toutes natures) assurent le pouvoir. Ils sont les fonctionnaires du capital car ils lui assurent sa survie. Ils organisent la division du travail, ils y trouvent leur légitimité, leur raison d’être et font partie à ce titre de la classe bourgeoise active.


 

 

 

 

 

La question du travail dans la société marchande


 

 

 

Dans la production marchande le travail privé n’est socialisé que dans la vente des marchandises. Les capitalistes ne sont certains d’avoir accumulé du capital donc des richesses qu’en aval de la production c’est-à dire dans la consommation. Ils ne pourront obtenir de profits et donc accumulé que si la vente s’effectue normalement. Or la concurrence exacerbée par la mondialisation réduit considérablement le nombre de capitalistes qui peuvent se répartir les capitaux. Le taux de profit a donc tendance à baisser du fait de la quantité de capital (hommes, argent, entreprises..) qui sont produits en trop grande quantité et qui perdent de la valeur à cause d’une mévente, d’un stock trop important.


 

Une masse de plus en plus grande d’argent ou de moyens de productions ne trouve plus à s’employer comme tel, c’est-à dire à se valoriser par l’extraction de plus-value, en éliminant du circuit autant de capitaux qu’il n’en investi de nouveaux. C’est la raison pour laquelle le capital financier gonfle, l’argent se stérilise dans des placements qui sont autant de capitaux fictifs (qui absorbe néanmoins de la plus-value globale) complètement détachés du circuit productif. Les crises qui en résultent ébranlent violemment tout le système et entraînent de nouvelles destructions plus graves encore, tant sur le plan humain qu’environnemental.


 

 

 

Domination capitaliste et idéologie dominante


 

 

 

«  Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante » K. Marx.


 

Si l’on ne voit la bourgeoisie qu’à travers le style de vie, on fait de la morale, pas de la politique.


 

Les idées bourgeoises ne dominent que parce qu’elles reflètent une partie de la réalité. Ces phénomènes que chacun voit mais qui ne sont que des manifestations d’une réalité plus profonde qui est cachée au prolétariat. C’est le rapport des choses, l’argent, le profit, la marchandise, l’intérêt, les salaires etc… qui déterminent la vie des hommes (croissance, crise, emploi, chômage, richesse, pauvreté).


 

Ces lois du capital enseignées dès le plus jeune âge, jouent comme les religions, le rôle de justification envers et contre tout du système existant. Elles ne sont que des créations humaines, des manifestations de certains rapports historiques de production. C’est un peu un monde inversé où les produits deviennent des causes, le travail passé domine le travail vivant et où l’Etat, présenté comme une association volontaire des individus, dépouille le prolétariat de toute puissance sociale.


 

Le système capitaliste s'identifie sous diverses apparences :


 

- le salariat : c’est bien tout le travail qui est approprié et utilisé par le capitaliste alors qu’il apparaît comme un libre contrat entre l’employeur et l’employé. La revendication d’une augmentation de salaire (du prix payé) remet seulement en cause le partage salaire/profit. Il n’y a pas par les salariés, la perception que seuls les ouvriers sont les seuls producteurs de valeur supplémentaire. Le travail, incorporé dans le produit qu’ils fabriquent, lui incorpore plus de valeur (d’échange) que celle à laquelle ils ont été payés (le salaire).


 

Le travail des ouvriers ne reproduit pas seulement les biens de consommation mais aussi les moyens de production qui les dominent en les employant comme ouvriers.


 

Dans le rapport salarial, l’ouvrier se reproduit lui-même dans sa condition de prolétaire, reproduit le capital qui le domine et l’exploite.


 

Pour maintenir sa domination et sa reproduction, le capital qui n’a plus de miettes à redistribuer, n’a plus que des moyens coercitifs :


 

- utiliser la concurrence entre prolétaires entretenir la peur du chômage pour briser les résistances


 

- exciter l’individualisme et les nationalismes


 

- emprisonner ou exclure les immigrés et éliminer les peuples dépourvus de terres et de pouvoirs.


 

Le capitalisme, production comme fin en soi, concentre entre les mains de quelques puissants, la science et ses applications et dépouillent les prolétaires de leur seule richesse qu’est leur travail. L’idéologie bourgeoise diffuse l’égoïsme et l’individualisme comme vertu suprême. Elle pollue les esprits par un matraquage incessant. La pseudo liberté d’expression n’est que l’expression permanente de la classe qui domine encore le prolétariat et qui s’accroche à cette société de classe, dernier avatar de la préhistoire humaine. L’idéologie étatiste-nationaliste est un développement des divers fétichismes induits par les rapports sociaux du capitalisme.


 

Les pays dominants imposent donc aux dominés leurs lois du marché qu’ils modifient suivant l’intérêt du moment car ils sont dans l’impossibilité du fait de la concurrence de voir à plus long terme.


 

Marx n’a pas découvert l’exploitation mais il en a dévoilé l’ampleur, l’origine déterminée par un rapport social d’appropriation des conditions de la production qui s’établit historiquement dans l’évolution humaine. Ce rapport est masqué par la forme salariale de rémunération du travail. Marx a démontré que la reproduction du capital c’est la reproduction des bourgeois et des prolétaires.


 

- Le profit : Comme la forme salariale, la forme profit masque son origine et son contenu réel. Il apparaît ne se former qu’au moment de la vente dans la circulation et non dans la production sous la forme de plus-value. Il semble n’être que l’excédent réalisé dans la vente sur les coûts de production, excédents affirmés comme dûs aux efforts du capitaliste, à son habileté à avoir su choisir ce qui se vendait bien et à le vendre le plus cher possible.


 

Il semble avoir pris beaucoup de risques (son argent) alors qu’en général il n’aventure pas son argent mais celui des autres qu’il ramasse directement dans leurs poches, via la Bourse et l’emprunt ou indirectement via l’Etat, qu’il gruge abondamment en se versant quoi qu’il arrive réussite ou échec, des revenus faramineux.


 

 

 

- la marchandise : produit accumulé du travail (machines, technologie, procédé de production…), le capital attribue aux choses une puissance qui n’est que la manifestation d’un rapport social et qui n’a rien d’une puissance naturelle. Les ONG, partis ouvriers bourgeois, prétendent mettre au service du bien-être de tous les hommes en équilibrant judicieusement et équitablement salaires et profits.


 

 

 

Le prolétariat doit apprendre à se débarrasser des idéologues qui tentent de présenter le capital comme amendable. Il doit apprendre à connaître son ennemi de classe et les causes profondes de l’existence des classes.


 

 

 

- L’automatisation, la machinerie : semble dominer le travail vivant mais elles ne sont tyranniques que dans le rapport de production capitaliste.


 

Plus les apparences du système progressent et plus les différentes formes que prennent les produits du travail se diversifient et s’autonomisent par rapport au travail. Elles se dressent face aux prolétaires comme des conditions préalables du travail, comme des choses devenues autonomes face à eux et qui les dominent (les formes monétaires –argent- prix- salaire- profit – intérêt). C’est bien leur travail qui est sans cesse approprié par la bourgeoisie et sans cesse transformé par elle en nouveaux moyens de domination donc d’exploitation.


 

C’est leur travail gratuit qui se fait plus-value pour venir s’agglutiner en capital argent initial reproduit et ainsi l’augmenter.


 

 

 

Les lois aveugles du marché


 

 

 

Le marché est aveugle et anarchique. Il ne se construit que sur des cadavres (les capitalistes et les économies réduits à la faillite par la guerre ou la dévaluation).


 

Tant que subsiste la propriété privée elle s’exprimera par un comportement d’appropriation égoïste et destructeur tel que les guerres. Dans la société capitaliste « le travailleur est soumis aux besoins sociaux qui lui sont étrangers et qu’il ressent comme une contrainte ; il les accepte par égoïsme, en désespoir de cause ; ils n’ont pour lui d’autres significations que celle d’être une source propre à satisfaire ses besoins les plus élémentaires ; le travailleur est l’esclave des exigences sociales. Pour le travailleur, le but de son activité est de conserver son existence individuelle ; tout ce qu’il fait réellement n’est qu’un moyen : il vit pour gagner de quoi vivre. » (Marx –manuscrit de 1844).


 

Son travail lui devient indifférent pourvu qu’il puisse s’échanger contre de l’argent.  Le produit de son travail dot pouvoir s’échanger  contre n’importe quelle autre marchandise, il doit produire quelque chose d’universel, de l’argent.


 

Avec la société marchande, l'argent devient cette marchandise très spéciale qui permet de se procurer toutes les autres. La domination de l'argent apparaît à ce moment. Elle devient absolue avec le capitalisme développé (le système de crédit, le capital financier) au point qu'abolir le capitalisme semble se résumer à abolir le pouvoir de l'argent et le communisme à remplacer la médiation de l'argent par l'association directe des individus.


 

L'argent est la manifestation de cette contradiction entre le travail vécu comme privé et son aspect social qui est réel.  Dans le capitalisme le travail est aliéné car il ne se socialise qu'à travers le rapport des valeurs marchandes. Le travail privé est une fraction du travail social. Il perd ses particularités et ses qualités pour devenir une valeur comptable dans la concurrence pour s'accaparer les choses.


 

    Le travail se représente dans la valeur d'échange, l'argent, qui lui est extérieure mais qui circule et devient universelle. C'est donc l'argent qui socialise le travail.


 

Le travail est aliéné au producteur (dans le sens de vendu) et il est lui-même aliéné (n’est pas lui dans ce qu’il fait) parce que son travail lui est indifférent. Tout travail imposé par la nécessité est répulsif par définition puisque contraint. Il est travail répulsif spécifique à une période historique particulière dans le règne de l’individu privé. Donc depuis la naissance de l’individu privé jusqu’à sa disparition au profit de l’individu social travail répulsif et travail aliéné sont la même chose, l’un est la forme concrète de l’autre pendant cette période particulière. L'argent et l'anarchie de la production capitaliste (les crises) apparaissent comme ayant une seule causes, la séparation des producteurs dans la propriété privée. D'où l'idée des communistes d'envisager la production et la consommation sous l'égide d'un organisme centralisé qui les planifierait.


 

 

 

 

 

Pourquoi la bourgeoisie a-t-elle retrouvé le pouvoir dans les ex pays « socialistes » ?


 

 

 

Le capitalisme est d’abord un comportement social d’appropriation privée. Il fonctionne grâce à des agents actifs (les fonctionnaires du capital que sont les patrons, l’Etat, les partis bourgeois, syndicats…) qui créent les conditions de prélèvement de la plus-value produite par l’ouvrier et les capitalistes passifs que sont les actionnaires chargés de redistribuer cette plus-value entre les diverses branches et de maintenir l’intégrité du système dans ses différents segments autonomes.


 

Dans le capitalisme d’Etat c’est ce dernier qui redistribue la plus-value tiré du travail ouvrier, travail salarié, contraint, répulsif. La propagande, le stakhanovisme sélectionne l’élite, ceux qui rentrent dans le rang alléchés par un meilleur salaire mais pas plus enclins à produire davantage sinon à tirer les bénéfices du situation où perdure la division du travail. Le Plan, décidé d’en haut, sans l’intervention consciente des travailleurs a débouché sur des incohérences de gestion, sur des abus, des gâchis de capitaux et des désastres écologiques.


 

Staline pensait que la bourgeoisie n’existait plus dès lors que les formes de propriétés étaient devenues collectives : « Plus de classe capitalistes dans l’industrie. Plus de classe de koulaks dans l’agriculture, plus de marchands et de spéculateurs dans le commerce. De sorte que toutes les classes exploiteuses ont été liquidées » (discours de 1936). Il en déduisait qu’il n’y avait plus de prolétariat mais une classe ouvrière entièrement nouvelle, affranchie de l’exploitation. (voir TT les révolutions du XXème siècle page 46).


 

Les Plans se sont heurtés à de nombreuses résistances. Celles des ouvriers dont les soviets sont en permanence court-circuités par l’Etat, mis en concurrence et peu motivés pour l’appliquer et des nouveaux bourgeois qui procède à une nouvelle forme d’accumulation basée sur les subsides que l’Etat leur alloue.


 

On comprend d’autant mieux pourquoi Staline renforce l’armée la police et la justice alors que l’URSS vit dans une atmosphère de complot permanent.


 

Il fallait que l’Etat soit de plus en plus fort pour faire appliquer les décisions du Parti et le Plan. Il valorisa les experts, les cadres. Ce que Mao mit en place aussi puis contre lesquels il envoya ses gardes rouges et favorisa l’extrême gauche, du moins jusqu’en 1968 pour abattre les cadres jugés corrompus et incapables de poursuivre dans la voie révolutionnaire.


 

Mao pensait qu’il s’agissait de réformer la superstructure politique pour que le communisme s’applique réellement partout. Sa politique volontariste visait à engager les masses, à les mobiliser pour réduire les inégalités. Mao était pour la coopération. La politique devait primer sur les machines. Il a mis en place les communes, engagés les cadres dans des actions à la campagne. Mais l’un comme l’autre ont ignoré les fondements de la politique, les comportements, dans l’économie, dans les rapports de production.


 

Les inégalités perdurent même après la révolution. Mais Ils conservent les formes de valeurs d’échange propre au capitalisme (salaires, monnaie) qui sont là pour suppléer à l’absence d’ouvriers  conscients et librement associés dans la production.


 

Parce que dès la création de l’URSS, même si la propriété privée des moyens de production avait juridiquement était abolie, le prolétariat n’en était pas le propriétaire. L’Etat agissait en son nom mais l’organisation sociale axée sur le maintien de la loi de la valeur (concrétisée par la monnaie) avec le développement industriel et agricole intensif (salariat, patronat –directeurs des Kombinats, des kolkhozes et sovkhozes  assurant la gestion du capital nationalisé, loi de la concurrence et extraction de plus-value avec les gâchis liées à l’impossibilité de faire correspondre le plan avec un prolétariat dépouillé de tout pouvoir décisionnel et aliéné par un travail contraint et pauvre qui lui assure à peine de quoi vivre sans compté la pénurie qui existe du fait de la priorité accordée par Staline à la production du secteur I – l’industrie lourde  ) reproduit le rapport d’exploitation. L’application de la loi de la valeur à l’échange égal entre force de travail et capital donne, on le sait, l’inégalité du rapport salarial (la valeur d’usage de la force de travail étant supérieure à sa valeur d’échange) ou le sur-travail (d’où le capitalisme tire sa plus-value) va s’agglomérer au travail mort (capital).


 

Staline comme Mao n’ont pas analysé les raisons d’être de la bourgeoisie et de son maintien. Elle n’a d’existence que parce que le peuple est absent de la direction de ses propres affaires. Mao a tenté de poursuivre la révolution en s’attaquant aux cadres du Parti qui s’embourgeoisaient lors de la GRPC mais c’était oublier que le bourgeois occupe une fonction et qu’il favorise le capital.


 

Mais dans la transition au communisme posée par Marx, les moyens de production étant biens communs (au sens de possession réelle et non seulement de propriété juridique nationalisée), chacun ne peut fournir que son travail concret, il n’y a plus d’échange entre un pôle capital possession de quelques uns et force de travail. Le rapport salarial, le rapport de valorisation, est supprimé. Il y a un calcul direct du temps de travail individuel et social (dans « Critique du programme de Gotha –page 30 –Tom Thomas « A propos des Révolutions du XXème siècle » T. II page 86). L’échange marchand peut être aboli car les producteurs se répartissent directement et consciemment l’ensemble du travail social, par un calcul direct du temps de travail. Dans le rapport salarial, au contraire, le travailleur n’obtient nullement une quantité proportionnelle au travail fourni mais le prix de la force de travail. C’est la prétention capitaliste à rémunérer chacun selon son travail.


 

 

 

La lutte de classe comme moteur de l’émancipation humaine


 

 

 

La lutte pour le maintien des « acquis » est une lutte en ordre dispersée car la division du travail isole les individus dans la production. Elle n’est pas inutile mais elle ne permet pas d’entrevoir et de dépasser les limites du système. Il faut pour détruire le capitalisme s’en donner les moyens.


 

Parmi lesquels la conscience de cette nécessité et des buts à atteindre. La lutte de classe tend vers la destruction des classes antagonistes (la bourgeoisie et son envers le prolétariat qui lui est attaché).  Détruire le capital c’est donc aussi détruire le prolétariat pour faire en sorte que celui-ci domine et ne soit plus dominé.


 

La conscience de classe, révolutionnaire, plonge ses racines dans la perception des causes de l’exploitation capitaliste et des conditions objectives réalisées par le capitalisme lui-même d’une possible autre société (de possibles autres rapports sociaux). Cette conscience ne se développe que dans la lutte classe contre classe qui dévoile progressivement à une masse toujours plus grande de prolétaires, les racines du capital et de la société bourgeoise ; ces fétichismes (ou idéologies) qui en sont les fondements. Il s’agit pour les prolétaires de se doter des moyens de combattre la bourgeoisie. Pour cela, il lui faut une organisation, un parti de classe mais pas un parti transformé en appareil d’encadrement bureaucratique, policier qui abrutit le prolétariat afin d’essayer de lui ôter toute volonté de se reconstruire comme classe indépendante à travers une lutte révolutionnaire organisée et lucide.


 

Le prolétariat a du mal à se constituer en classe indépendante car il subit le poids du stalinisme, de ses partis jusque dans les années 70/80. Pour des raisons économiques , il a bénéficié des « miettes » de la croissance –résultante de sa propre exploitation et de l’augmentation de la productivité – et de l’extension de l’Etat-« Providence » qui nourrit l’influence des partis ouvriers bourgeois. Il ne faut pas négliger l’extraordinaire puissance de la propagande bourgeoise qui possède le monopole de l’éducation et de tous les médias. 


 

 

 

Le Parti comme nécessité et comme contradiction


 

 

 

« Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel » (K. M l’Idéologie allemande). L’organisation communiste qui se constitue est un stigmate de la société bourgeoise. Constitué par le prolétariat, reconnu par lui, il répond au besoin de théorie et d’analyse concrète de la situation ( « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire » Lénine). Il s’efforce de donner la « vraie parole des luttes ».  Sous sa conduite les luttes économiques (salaires) peuvent s’élever en luttes politiques et se développer en lutte globale pour l’Egalité ceci à travers la revendication de la baisse généralisée et du partage du travail prolétaire et de « à chacun selon son travail ». C’est l’objectif de détruire l’Etat bourgeois comme la puissance manifeste qui protège et organise les inégalités et l’accaparement privé par une classe.


 

Dans le procès révolutionnaire d’abolition des classes l’objectif d’Egalité se transforme consciemment en objectif de Liberté, d’une société communiste.


 

Le Parti Communiste est à la fois une conséquence, un stigmate du capitalisme puisqu’il se développe au sein du système capitaliste et un instrument indispensable de la lutte pour l’abolition des classes.


 

Il est vécu par le prolétariat à la fois comme extérieur à lui puisqu’il doit analyser les buts généraux de la guerre des classes et les moments particuliers de l’intervention des masses pour se sorti des seuls rapports étroits ouvriers/patrons et doit répondre aux besoins quotidiens du peuple qui l’a choisi.


 

L’organisation n’est communiste que dans la mesure où les éléments les plus actifs, les plus conscients et les plus déterminés construisent ensemble une force politique reconnu par le prolétariat. Cette organisation représente les intérêts généraux du prolétariat.


 

Mais pour se détacher de la bourgeoisie, être capable d’affronter la bourgeoisie de manière unie, le prolétariat doit avoir conscience qu’il a un intérêt général à défendre. Or, ce n’est pas l’addition des intérêts particuliers concurrentiels de chaque profession, de par la division du travail,  qui, dans le système capitaliste, le constitue.


 

L’intérêt général se situe dans le combat contre la domination bourgeoise, ses superstructures étatiques, idéologiques, éducatives et juridiques y compris ses formes ouvrières que sont les partis réformistes.


 

Le prolétariat prendra conscience, alors, qu’il est une classe indépendante et affirmera sa domination sociale.  Cela aurait été inconcevable dans un système monarchique, où la propriété terrienne dominait, où la production était faible et  incapable de faire vivre une population humaine en extension.


 

 

 

Rassembler les communistes dans une seule et même organisation est plus que nécessaire. La dispersion nuit au prolétariat comme aux communistes eux-mêmes puisque nous venons de définir les objectifs fondamentaux de la lutte contre la bourgeoisie. Ceux-ci ne pourront être atteints sans une avant-garde ouvrière qui éclaire la voie pour permettre au gros de la troupe d’avancer.


 

 

 

 

 

Le travail riche et l’individu social dans la transition au communisme


 

 

 

C’est la capacité de l’homme à se détacher progressivement des contraintes de la nature, à communiquer, conserver et transmettre ses expériences, les échecs comme les succès, donc à penser et à théoriser ses pratiques qui est à l’origine du développement d’un collectif humain. Celui-ci se développe dans l’histoire dans le sens d’une amélioration des méthodes, des moyens pour satisfaire ses besoins. En accumulant les savoirs de génération en génération l’homme se transforme lui-même. C’est le travail qui socialise l’homme en fonction du mode de  production qui évolue dans le temps.


 

La communauté échange directement et librement ses travaux. Les individus directement sociaux n’ont pas besoin d’élire des puissances hors d’eux et qui les dominent (argent, marché, Etat…).


 

Dans la production capitaliste le travailleur ne maîtrise pas les exigences du travail social. Le système ne libère du temps libre que sous la forme de chômage qui ne permet pas de développer intégralement sa personnalité. Les lois du marché sont aveugles. Du fait de l’anarchie de ce mode de production, elles ne se régulent pas ou difficilement, seulement à travers les guerres et la destruction des capitaux en surproduction. L’individu privé, aliéné ne peut développer l’intégralité de ses capacités créatrices.


 

 

 

L’homme ne sera totalement libre que dans une société communiste débarrassée des classes sociales antagonistes, où le travail sera riche car créateur pour l’ensemble des producteurs. Il sera établi sur la base d’échange véritables des savoirs et des marchandises et non pas parasités par l’argent. Les travailleurs ne seront plus dépossédés de leurs moyens de productions. Ils seront librement associés dans cette production et développeront de manière consciente leurs outils. La science qui libère l’homme des tâches les plus répétitives et des plus appauvrissantes sera au service du plus grand nombre. L’école ne sera plus un lieu de sélection qui sert au mieux les besoins des capitalistes mais un lieu d’étude qui développe la solidarité et les capacités de tous nécessaires à la prise en charge commune de la société débarrassée de l’Etat. Il faut donc un niveau d’éducation élevé pour chacun de ses membres afin qu’ils soient capable de diriger leurs affaires en se passant de toutes structures étatique et bureaucratique qui l’aliène encore aujourd’hui.


 

Le premier acte de cette émancipation repose dans la révolution politique. Pour cela seul un parti communiste, émanation du système capitaliste et moyen de propulsion pour le prolétariat devra se débarrasser de la tutelle bourgeoise en la renversant. Avec la prise du pouvoir la lutte de classe se poursuivra pour son maintien en tant que force dominante, le prolétariat appliquera sa dictature.


 

Dans les pays développés, les conditions matérielles sont mûres mais la bourgeoisie est puissante et le prolétariat est mieux intégré à la société. Il faut donc qu’il lutte pour se détacher d’elle. Il faut donc qu’il lutte contre les forces organisées de la bourgeoisie qui en son sein l’empêche de voir le sens véritable de ses luttes.


 

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