Parti communiste et conscience de classe
La création d’un parti communiste nécessite le développement d’une conscience de classe.
Dans le Capital * Karl Marx écrivait : « Dès que le capitalisme a acquis un certain développement, son mécanisme brise toute résistance ; la présence constante d’une surpopulation relative maintient…les salaires dans les limites conformes aux besoins du capital, et la sourde pression des rapports économiques achève le despotisme du capitaliste sur le travailleur. Parfois on a bien recours à la contrainte, à l’emploi de la force brutale, mais ce n’est que par exception. Dans le cours ordinaire des choses, le travailleur peut être abandonné à l’action des « lois naturelles » de la société, c’est-à-dire à la dépendance du capital, engendrée, garantie et perpétuée par le mécanisme même de la production ».
Son analyse s’applique parfaitement à la situation actuelle. Les idéologues nous martèlent « la fin de l’histoire » et nous rabâchent que le capitalisme est un système dont la forme est aboutie, que ses rapports sociaux sont naturels et qu’il ne possède aucun rival susceptible de le remettre en cause. Pour eux le monde ouvrier ne peut que s’adapter aux exigences des actionnaires et des Etats chargés de réprimer en permanence le prolétariat.
Ils ignorent sans doute que le capitalisme n’est qu’un moment de l’histoire humaine car les humains qui en sont les victimes luttent sans cesse pour se défaire des entraves que le système leur a posées. Ils ignorent ou feignent d’ignorer que cette domination est source de catastrophes, qu’elle détruit la planète car elle engendre des guerres, la misère, le chômage et des destructions par nécessité de produire coûte que coûte du profit.
Ce système scandaleux trouve ses racines dans des rapports sociaux l’exploitation, dont la propriété privée en est l’axe et peut être aboli. Encore faut-il distinguer les diverses formes de propriétés privées. Il y a la propriété juridique (seule forme « supprimée » par l’URSS et la Chine), l’argent, la finance, la propriété intellectuelle et la propriété « sociale » de l’Etat.
Connaître la nature du capitalisme
Pour abattre le capital il faut savoir ce qu’il est. Le capital ne peut exister sans l’exploitation des prolétaires et sans les contradictions qui, à la longue, sapent les bases de son fonctionnement. Il dépouille la grande masse des travailleurs de la maîtrise de leur travail. Celui-ci apparaît soumis au travail mort (le machinisme et l’automatisation), les sciences et la technologie étant entre les mains du capital. Les puissances intellectuelles (cadres, patrons associés aux savants et scientifiques de toutes natures) qui sont les fonctionnaires du capital, organisent la division du travail, y trouvent leur légitimité, leur raison d’être et font partie à ce titre de la classe bourgeoise active.
Les individus aliénés de leur puissance créative assurent la reproduction d’un capital de moins en moins productif mais qui sous forme d’argent se stérilise dans des placements qui sont autant de capitaux fictifs complètement détachés du circuit productif. Le procès d’accumulation capitaliste entraîne la surproduction, les destructions de toutes sortes.
Le prolétariat ne peut briser ses chaînes sans s’affirmer comme classe indépendante de la bourgeoisie. Il ne peut réaliser de révolution politique indispensable à son émancipation depuis longtemps sans détruire les schémas économiques propres au système bourgeois qui s’enracinent dans la division du travail c’est-à dire le maintien du salariat et du capital. .
Le parti devenu nécessité
L’utilité de la théorie marxiste « c’est de permettre de savoir pourquoi les choses se passent ainsi au lieu d’en rester à l’observation de comment ça se passe à la surface. » (Tom Thomas – conscience et lutte de classe, p.107). La souffrance du prolétariat sera telle que, la lutte de classe, de plus en plus violente, contraindra le prolétariat à s’organiser face à une bourgeoisie prise dans ses contradictions et affaiblie politiquement. Mais le capitalisme ne tombera pas de lui-même.
Il faudra que le prolétariat organisé autour de son parti, qui représente l’intérêt général de sa classe, prenne le pouvoir par une révolution. Celle-ci ne se décrète pas. Elle est le fruit d’une évolution de la conscience de classe du prolétariat qui s’est identifié à une classe capable de dominer à son tour le cours de son histoire. Il lui faudra, toujours son l’impulsion de son parti, qu’il poursuive la lutte contre ce qui reste de domination bourgeoise, son idéologie, et surtout qu’il fonde un Etat prolétarien qui donne les pleins pouvoirs aux conseils révolutionnaires et non pas aux bureaucrates et à cette frange d’experts qui peuvent constituer une nouvelle bourgeoisie comme en URSS et en Chine. Il faut donc que, pour se constituer, la conscience de classe dépasse les seuls rapports ouvriers-patrons, qu’elle se sorte des seuls rapports économiques qui confinent le prolétariat dans les luttes salariales et réformistes.
Cela répond à la nécessité de poser le prolétariat comme classe universelle, dont l’intérêt est celui de la société, qui s’affirme comme devant la diriger.
RCPC – octobre 2006
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