Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

L'avis des communistes sur : Travailler tous, moins, autrement

6 Août 2009 , Rédigé par Association des Amis du Manifeste Publié dans #Les Amis du manifeste

Document à compléter : Il s’agit de compléter chaque questionnaire et de nous renvoyer les réponses à l’adresse de l’AAM (à Saintes) ou bien par mail à l’adresse suivante : communiste17@free.fr,  avant le 10 septembre.

Pour une recherche plus approfondie, on peut trouver l’essentiel des chiffres (chômage, actifs…) en particulier dans « Alternatives Economiques » hors série n°78 (présent dans les médiathèques par exemple).

Tous les questionnaires, complets et incomplets, serviront de bases à la rédaction d’articles sur les sujets évo-qués. Nous comptons sur toi pour nous y aider.

Le secrétariat de l’AAM.


---------------------------- 


FAIRE LA REVOLUTION POUR …
CHANGER LE TRAVAIL ET CHANGER LA VIE !


Préambule

Tout d’abord, rappelons quelques données historiques. La révolution prolétarienne a un caractère bien spécifique et ne res-semble à aucune autre. Contrairement au serf ou au compagnon de l’Ancien régime, le prolétaire est un travailleur libre. « Ses chaînes sont dans son être même de prolétaire, dépossédé de la propriété des moyens de son existence […] C’est dans la lutte et par l’expérience qu’il découvre que la révolution politique, les nationalisations, les décrets et les lois ne suffisent pas à supprimer la propriété privée et la condition de prolétaire (que la bourgeoisie a créée pour se rendre maîtresse du travail et de son produit) mais qu’il faut aller jusqu’à l’abolition de la division du travail intellectuels-exécutants, jusqu’au partage et à la réduction à un minimum du travail répugnant et contraint, jusqu’à pouvoir s’approprier tous les moyens existants des conditions de la production de la vie, afin de pouvoir exercer une activité volontaire parce que riche, mener une vie libre parce que dans des rapports sociaux maîtrisés, consciemment construits pour ce qu’ils sont, loin des fétichismes (apparences) du monde capitaliste » ( Tom Thomas – « Conscience et lutte de classe »- éd. Contradictions).

Notre étude n’a pas pour but de réformer le système capitaliste. Laissons cela aux divers courants réformistes et à l’Etat qui modifie sans cesse les règles établies pour mieux les adapter aux besoins de la bourgeoisie. Notre analyse ne s’inscrit pas dans le cadre des luttes salariales pour des améliorations, des compensations en échange d’une dépossession accrue des prolétaires, de leurs savoirs et savoir-faires.
Elle se veut un outil révolutionnaire pour aller jusqu’à la remise en cause des rapports de production qui sont ceux de l’exploitation. Il est évident que, seule, l’entrée en force du prolétariat peut modifier ces rapports et, par voie de conséquence, créer d’autres rapports sociaux dans le sens d’une nouvelle Egalité, non seulement en Droit comme dans la conception bourgeoise (égalité qui masque la propriété privée et la société de classe) mais d’une réelle Egalité sociale.

 Introduction


« La Crise, jusqu’où ? » titrait Alternative Economiques de décembre 2008.
 Les journalistes et tous ces experts de l’économie, s’angoissent sur l’avenir du capitalisme. Pourtant ce système social leur est agréable puisqu’ils en vivent et le reproduisent à l’infini. Mais c’est qu’ils se sentent menacés par l’extension de ses maux qui ont pour noms : pollutions écologiques, insécurité, dégradation des structures sociales et du « consensus républicain » (chaque nouvelle élection en étant le reflet). Alors, il ne fait plus aucun doute : le capitalisme est bien en crise mais, pour certains, il suffirait de corriger des erreurs de gestion pour s’en sortir. Ces experts de l’économie en appellent au renforcement des pouvoirs de l’Etat, supposés être ceux des « citoyens » (ces individus associés et responsables dans l’imaginaire bourgeois) afin de rétablir ce consensus.
Ce « nationalisme-étatisme » est une orientation qui a conduit aux fascismes et aux guerres.
Mais les partis de gauche affirment sans vergogne, qu’un autre capitalisme est possible (pour cela mettre « l’économie » au service de l’homme…). Il s’agit simplement de mieux en répartir les « bienfaits ». C’est le rôle dévolu aux organisations internationales, types FMI, Banque Mondiale mais également aux ONG ainsi qu’aux Etats (USA, UE…) d’intervenir davantage pour remettre « sur les rails » toute cette belle machine économique avec tous ses agents plus dominés que jamais par ses fétichismes que sont les prix, les salaires et le profit. Seulement chaque nouvelle « réforme », chaque nouvelle « recette » (qui augmente les déficits de tous ordres) accroît les divisions (travail, richesses) qui constituent l’essence même du capitalisme.
 Les contradictions s’accumulent entre travail social et propriété privée des moyens de production, entre propriétaires des conditions de la production et prolétaires. Les crises et la lutte de classe qui en découle, s’alimentent réciproquement et l’ampleur de cette dernière sera déterminante dans la résolution de ces contradictions.
Face à cette aggravation des antagonismes, les fonctionnaires du capital (de droite et de gauche) n’ont plus de grain à moudre, de miettes à distribuer pour tenter de les aplanir. Ils n’ont plus que des moyens coercitifs pour tenter de relancer l’accumulation capitaliste.
C’est le renforcement de la concurrence entre prolétaires, de la police, du nombre de pauvres emprisonnés, du nombre de guerres impérialistes du capital mondialisé, peur du chômage et l’intensification du bourrage de crâne. L’idéologie bourgeoise nous présente le capital comme un rapport naturel entre des choses (l’argent, les échanges de marchandises). Or nous savons depuis Marx, qu’il s’agit d’un rapport entre les hommes qui produit certains rapports entre les choses. Ce rapport c’est l’appropriation privée des conditions de la production. C’est parce que les crises bouleversent tout sauf ce rapport qui fonde tout le système et la société toute entière. Le capitalisme n’existe, ne vit que s’il accumule du capital. Il doit produire de la plus-value et la réinvestir.
En temps de crise cela n’est plus possible car il y a blocage de l’accumulation et destruction du trop de « valeurs » qui se voudraient capital mais qui ne peuvent être utilisées en tant que telles. Elles s’évanouissent dans les krachs financiers et les fermetures d’usines. Grossir ou mourir, il n’est pas d’autre alternative possible pour le capital et aussi pour le monde qu’il organise. L’une des causes du blocage de l’accumulation (en dehors de la question de l’endettement, de la contradiction production-consommation- le capitalisme en augmentant ses capacités de production ne peut finalement développer la consommation) réside dans le problème de la production de plus-value, perçu sous l’angle de la productivité.

I) Le rôle que joue la productivité dans le système capitaliste

 L’introduction des nouvelles technologies et modes d’organisation du travail permettent d’en augmenter son intensité et sa productivité. Dans le n°28 de « RCns », nous sommes revenus sur ces nouvelles techniques qui n’ont pas pour but de soulager la peine de l’homme mais bien au contraire de l’accroître. C’est un fait connu des travailleurs que la machinerie les soumet à des cadences infernales.
 Dans le même temps les nécessités de produire de la plus-value (grâce à la robotisation et à l’informatique) transforment le temps de travail économisé en chômage (« La création de cette surpopulation (de chômeurs) est inséparable du développement de la productivité du travail qui se traduit par la baisse du taux de profit et le développe-ment de cette productivité l’accélère. » - K Marx.). C’est la productivité qui constitue l’aiguillon interne de la production capitaliste (l’aiguillon externe étant la concurrence).
La productivité est la masse de marchandises produites en une journée de travail donnée sans augmentation de la part qui revient à l’ouvrier. Elle augmente la part du sur-travail par rapport au travail nécessaire. Les technologies modernes, la robotique et l’informatique présentées par les idéologues comme un facteur purement scienti-fique sont au contraire liées à l’organisation du travail et à son intensité.
 L’augmentation de l’intensité du travail permet à la fois de produire plus de marchandises dans la même journée de travail et aussi plus de valeur. Marx observe que l’augmentation de « l’efficacité » capitaliste peut permettre une certaine réduction de la journée de travail. Plus la journée diminue, plus l’intensité du travail croît. Il s’agit pour le capitaliste d’économiser, non pas du travail, mais de la force de travail (le prix du salaire versé) et l’emploi de la machine s’avère nécessaire dans ce sens.

Résistances

Mais le corps a ses limites et les hommes ne sont pas des robots. Des armées de sociologues, psychologues, ethnologues et autres spécialistes en gestion (ces « improductifs » dont le nombre ne cesse d’augmenter) essaient de définir les méthodes de gestion qui emprisonnent toujours plus sûrement le travailleur dans un ensemble de règles ramifiées à l’infini. La chasse aux temps morts prend des formes extrêmes : augmentation des cadences et flexibilité dans les tâches.
On ne dira jamais assez que le stress (limite sur laquelle butent « les chercheurs en productivité » – les ITC) est une conséquence de l’impossibilité d’échapper aux règles imposées par le patronat. Plus les innovations technologiques et la nouvelle organisation du travail font des ouvriers des esclaves de la machine, plus ils se rebellent et bloquent ce progrès technique-là.
C’est cette résistance que veut briser le capitaliste avec les robots qui ne font pas grève, qui rendent la chaîne de travail plus fluide et flexible et qui permettent une économie de coûts salariaux par rapport à un coût d’investissement. De plus la robotique réduit les tâches humaines à de la surveillance (c’est la dévalorisation du travail, la déqualification de l’ouvrier). Elle précipite vers le bas une masse plus grande de travailleurs (d’où la transforma-tion d’emplois fixe en CDD, assurés par n’importe quel chômeur).
 A cette étape de notre analyse, il serait bon d’ajouter simplement cette idée, à nos yeux, essentielle, pour comprendre la stratégie actuelle du patronat : La modernisation de l’appareil de production (en particulier dans le domaine de la production de moyens de production, le secteur I, jugé vital pour le capitaliste privé) nécessite la paix sociale car moderniser représente d’énormes investissements forts coûteux (c’est pour cela que les patrons redoutent les grèves et les pannes). Ils sont évidemment très fortement aidés dans l’obtention de ce consensus par la crise et la masse de chômeurs (le journal Le Monde annonçait, le 25 juillet dernier, 5 millions de jeunes chômeurs en Europe).
Ils obtiennent du gouvernement (principal organisateur de l’exploitation capitaliste) l’extension du travail en équipe, la nuit, le dimanche pour que les machines ne s’arrêtent jamais.

Nous sollicitons ton avis sur les questions suivantes :

Comment, aujourd’hui, le monde ouvrier vit-il les nouvelles normes de production, la dévalorisation du travail, les res-tructurations ? Mais également quelles luttes sont-elles entreprises pour changer le travail et qui remettent en question le pouvoir bour-geois ? Y-a-t-il un début d’organisation, de liens qui s’établissent au-delà des catégories socio-professionnelles ?
























 II) Travailler tous, travailler moins



 La concentration des fonctions de gestion, de décisions et de recherche dans les métropoles impérialistes où sont agglomérés les sièges sociaux, les banques organismes financiers,laboratoires des grands monopoles internationaux et les institutions éta-tiques de l’impérialisme, l’extension de la bureaucratie et des frais d’organisation de l’exploitation ouvrière constituent les tendances actuelles du capitalisme des monopoles.
Sur ce dernier point, on assiste à un accroissement des travailleurs « improductifs » (emplois de services, sans qualification, sans intérêt, mal payés) et à celui de l’Etat chargé du maintien de l’ordre tant à l’intérieur que dans « l’empire ».
 Par son système de concurrence anarchique, le capitalisme dilapide le travail productif et les moyens de production sociaux et créé des fonctions parasites. Ces fonctions parasites (entretenues par l’Etat) sont un fardeau insupportable pour la classe ouvrière. Il faut en entreprendre l’analyse pour voir comment alléger ce fardeau, c’est-à dire, finalement, travailler moins.
Le capitalisme produit trop, trop de tout et n’importe quoi (puisque seules comptent la production et la plus-value qui en est tirée). Il y a surproduction, destructions en chaînes, les capitalistes eux-mêmes ne sachant pas jusqu’où les mènera la crise (catastrophe humaine ou socialisme ?).
Les catastrophes s’enchaînent et se démultiplient du fait de la mondialisation, de la rapidité avec laquelle se déplacent les capitaux. Ce qui a un effet dévastateur plus évident sur les pays dominés (guerres, pillage des ressources, destructions des productions locales et vivrières, chômage accentué et inflation galopante). Tout le monde peut faire ce constat mais bien peu en connaissent la raison.
Les Etats tentent de se protéger des retombées en réglementant, en taxant à tour de bras (ce qui a des effets très limités sur les capitalistes privés mais ce qui accroît le fardeau des prolétaires). Aucun parti politique bourgeois ne pose le problème autrement qu’en terme de quantité donnée, de valeur marchande (produire plus ou moins selon la « conjoncture »). Alors qu’il faut produire autre chose, mieux et autrement.
Tout progrès technique sous le capitalisme est une « calamité publique » pour les travailleurs, une cause « d’hécatombes », de dilapidations et de ravages comme on le voit aujourd’hui. Mais aussi une base matérielle plus forte pour aller, en la transformant vers le travail émancipé, l’activité libre et le communisme. Le progrès n’est pas inéluctablement une calamité. Il ne peut être question de retourner en arrière ni de continuer à aller de l’avant sans renverser le cours des choses.

Travailler moins n’est pas gagner moins…

Poussé par la nécessité, pour ne pas être détruit par la bourgeoisie le prolétariat prendra le pouvoir mais il trouvera face à lui un appareil de production, un type de technique spécifique qu’il ne pourra pas bouleverser du jour au lendemain. Si, dans un premier temps, la masse des richesses produites demeure la même, les transferts d’une branche à l’autre se compenseront mutuellement.
Notre raisonnement s’appuie sur une masse d’heures de travail social inchangée afin de ne modifier que deux variables :
- la définition du travail nécessaire
- sa répartition entre tous. Une masse d’heures de travail inchangée veut dire une même masse de valeurs, de richesses produites.


Questions qui en découlent : Comment alors pourra-t-on répartir la richesse produite entre tous sans entraîner de baisse de salaire ? Que peut-on penser de la suppression ou de la diminution de certains travaux ou encore de l’augmentation de certains travaux jugés plus nécessaires ? Quelle répartition équitable permettrait de satisfaire les besoins de la société (dirigée par le prolétariat) ? Quel pourrait être le temps de travail contraint et donc le temps libre ? Travailler moins c’est travailler tous.



















Travailler tous c’est non seulement donner du travail aux chômeurs mais aussi transférer une part des travaux « improductifs » vers des travaux productifs. C’est-à-dire travailler à un emploi qui aura été décidé comme utile par les travailleurs en fonction des besoins et non de la logique des profits.
 De 35h on pourrait passer à 20h au moins par semaine (très rapidement et dans une première étape, puis à 10h etc…) pour les travailleurs actuels ce qui libérerait du temps de travail pour les chômeurs sans diminuer le temps de travail global.
 Là, un calcul précis, fonction du nombre d’actifs et du nombre de chômeurs s’avère nécessaire pour que l’on puisse illustrer ce propos (voir « Alternatives Economiques »).


Un exemple : chiffres INSEE de 2007 :
 Population active : 27 843 000 personnes
Chômeurs : 2 215 000 personnes
Personnes travaillant à temps partiel (20h par semaine) : 4 412 000 personnes
 Il reste : 23 413 000 personnes travaillant à temps plein (ceux dont le travail peut être ramené à 20h).
La population active (travailleurs + chômeurs) = 25 628 000 personnes
 De 35 h, l’horaire hebdomadaire pourrait être ramené à 32,2 heures (23 millions X 35 = 25 millions X 32,2)


La suppression des travaux improductifs ne diminuerait pas la masse de biens matériels produits. Ce sera à chaque entreprise, à chaque commune, chaque institution de décider ce dont elles ont besoin, ce qu’elles conserveront ou supprimeront. L’idée de fond étant de réduire au maximum les emplois qui utilisent de la plus-value qu’ils n’ont pas produite, que tous travaillent aux travaux que le peuple jugera utile.


 Quels serait selon toi, les services les plus concernés par cette nouvelle organisation du travail ? Que pourrait-on faire pour développer l’emploi des jeunes en rapport avec leur scolarité, leur formation profession-nelle ? Comment pourrait-on faciliter le travail des femmes, leur assurer un partage équitable des tâches domestiques tout en diminuant leur part du travail contraint dans la production ?
Dans une semaine de travail réduite à 20h et les travaux pénibles partagés équitablement, comment pourrait-on permet-tre aux retraités qui le souhaitent de poursuivre une activité sociale qui leur soit adaptée ?












Lutte contre les gaspillages

Il serait bon de prendre en considération l’élimination rapide des gaspillages les plus criants :
- nous avons évoqué les fonctions parasites dans le domaine commercial ou de la finance ; il y a les chefs, sous-chefs, fonctionnaires, agents de méthodes, commerciaux, psychologues, employés de la Sécu qui se logent derrière chaque ouvrier…
- le coût exorbitant de la voiture (en dépense pour le véhicule proprement dit, en terme d’embouteillages, d’accidents, d’handicapés, de constructions d’autoroutes etc…)
- le « tout atomique » et ses déchets ou « éolien » et ses nuisances…
- les gadgets électroniques de tous ordres qui polluent et qui absorbent une quantité phénoménale de matières première (voir nos articles sur l’Afrique et en particulier sur le Congo).
 - Les dépenses militaires.

 La réduction du temps de travail ne se borne pas à quelques mesures immédiates d’économie sur les fonctions les plus inutiles. Mais elle est liée au problème suivant : quoi produire (pour quels besoins) et comment produire (quel contenu au travail contraint ?)
Il y a un potentiel d’économie de temps de travail considérable. Les milliards envolés lors des krachs boursiers, les milliers d’usines à la casse, les millions d’intelligences laissées en friche, confortent notre opinion que non seulement les 20h hebdo. ne sont pas utopiques mais que le prolétariat aux commandes pourra réaliser une baisse substantiel du temps de travail.
 Car diminuer le temps de travail c’est diminuer cette sur-consommation du temps de travail des autres par une minorité (par exemple une famille d’industriels accapare, par an, 21 mois du travail d’une personne alors qu’un membre d’une famille OS n’en consomme que 4 mois).
 Les besoins, l’utilité sont fonction de la société où l’on vit et changent avec elle. S’ils ne sont pas immuables, les besoins ne sont pas non plus, bien souvent, « nécessaires ». Par exemple le besoin de voiture est lié à la folle urbanisation capitaliste (trajet domicile-travail, hypermarché etc…)., aux désirs d’évasion et de fuite qu’il engendre.
On en a besoin parce que ce mode de vie engendre ces besoins. Les besoins ne sont relatifs qu’à une organisation sociale donnée.

Le capitalisme engendre la misère et les assistantes sociales, la détresse et les curés, la famine et les ONG, le chômage et les fonctionnaires du chômage, le désordre et les flics, les bas salaires et la publicité etc…
 Mais il faudra bien que la future révolution pose la question « produire pour qui ? ».
Parlant de la réduction du travail, on ne saurait le faire sans parler de réduire le fardeau qui pèse sur les épaules des masses. Aujourd’hui le prolétariat travaille pour entretenir gratuitement des bouches inutiles (patrons, hauts fonctionnaires, fils à papa, cadres supérieurs…) et il ne serait pas choquant d’exiger qu’ils travaillent à un travail jugé socialement utile qui ne travaille pas ne mange pas »).
La vraie réduction du temps de travail, pour le prolétariat, c’est travailler tous. Et c’est justement ce dont, aujourd’hui, personne ne parle.

 
Question : La nouvelle répartition du travail contraint entre tous sera-t-elle seulement un problème d’organisation ?

L’aide au « tiers-monde » ne peut avoir d’efficacité réelle et dépasse l’inopérante charité que si, non seulement ceux qui aident mais aussi ceux qui reçoivent, le font dans le sens de l’émancipation des peuples et non pour conforter les bourgeoisies.

Question : Quelles mesures pourraient être prises pour fournir une aide réelle à l’ensemble des pays actuellement dominés ?















 Travailler autrement :


 L’utilisation des machines à la place des hommes pour les soulager de leur peine serait beaucoup moins pénalisant pour la santé. Diminuer le temps de travail de chacun et partager de plus les travaux pénibles ainsi diminués aura indéniablement des effets positifs sur la santé.
 D’où réduction des frais de santé (donc du temps de travail social qui y est consacré) laquelle sera renforcée par une autre conception de son traitement : éducation et auto-soins, prévention, transformation des conditions de vie, organisation différente de la médecine. Pourquoi, en effet, les dépenses de santé doublent-elles à peu près tous les 10 ans sans que cela n’entraîne d’allongement notable de la durée de vie ?
A cela on peut répondre qu’une cause essentielle en est qu’il faut de plus en plus réparer les dégâts de la vie aliénée et que la conception du traitement et de la recherche médicale entraîne un gros gaspillage (médecine de prestige, gaspillages connus de l’industrie pharmaceutique). On pourrait aussi évoquer le gaspillage en temps de transports domicile travail.
Bref, la révolution devra résoudre ce problème de mode de vie lié au temps libre où le temps de travail est réduit au minimum. Ce qui en empêche la réalisation, ce sont les intérêts de la classe bourgeoise, la nécessité où elle se trouve de produire tou-jours plus de plus-value au fur et à mesure qu’elle accumule du capital. Nécessité donc de produire toujours plus en diminuant le temps de travail nécessaire, en s’appropriant le sur-travail ainsi dégagé tandis qu’augmente la masse des chômeurs et des « improductifs ».
Donc l’objectif pour le pouvoir révolutionnaire sera de produire pour les besoins utiles définis (non plus produire pour produire), non pas extorquer le maximum de sur-travail mais supprimer autant que possible le travail et répartir entre tous le travail qui reste. Ce que nous résumons dans la formule : Travailler tous, moins, autrement. Pour terminer, citons Marx : « Le temps libre, qui est à la fois loisir et activité supérieure, aura naturellement transformé son possesseur en sujet différent, et c’est en tant que sujet nouveau qu’il entrera dans le processus de l’activité immédiate ».
Le temps libre est une base matérielle indispensable pour que le prolétariat s’éduque à l’exercice du pouvoir et transforme le travail et la société.


                                                                                RCns – 2 août 2009

Publicité

Partager cet article

Commenter cet article