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Regroupement Communiste      Association des Amis du Manifeste

L’Assemblée Générale du 7 février à Marseille :le point de vue de JM Armani (président de l’AAM)

6 Mai 2009 , Rédigé par Association des Amis du Manifeste Publié dans #Les Amis du manifeste

La réunion a eu lieu dans la salle associative « Mille-babords » louée pour l’occasion, à Marseille. 6 camarades de RC étaient présents ainsi que 3 camarades de l’OCML-VP.

Le but de cette réunion était de soumettre le rapport d’activité de l’AAM au vote des militants ainsi que de discuter de notre rapprochement avec l’OCML-VP. Nous devions également voter sur ce point là.

Le rapport d’activité étant consistant, il nous était malheureusement impossible de le relire pendant la réunion. La venue en force de nos camarades de VP (Voie Prolétarienne) avec 3 représentants a quelque peu chamboulé l’ordre du jour.

Sur ce point il faut avouer que nous n’avons pas assez réfléchi à l’opportunité d’avoir des invités mêlés à notre discussion. D’autant plus qu’au départ ne devait venir qu’un membre de l’OCML-VP.

En fait, certains d’entre nous ne connaissant pas ou très peu cette organisation, il leur était difficile de juger de l’opportunité d’un rapprochement. D’où l’intérêt d’avoir un représentant avec lequel discuter. Cependant lorsque vous abordez une discussion importante qui risque d’amener votre propre organisation à se transformer ou à prendre un virage radical, vous avez besoin de tout mettre sur la table, et de poser les questions qui fâchent, afin d’être certain de ne pas avoir de mauvaises surprises par la suite.

Et bien évidemment dans notre cas, le fait que 3 camarades de VP soient parmi nous nous a contenu dans une certaine réserve et ne nous a pas permis d’aller au bout du sujet (chose qui fut quelque peu rattrapée lors du repas qui suivit la réunion et où nous ne fûmes cette fois qu’entre militants de RC).

Donc nous nous sommes concentrés exclusivement à la discussion avec les militants de VP.

Ces échanges, par ailleurs très intéressants, montrent qu’il n’est pas facile de trouver des positions communes, même entre organisations censées être très proches.

L’OCML-VP se positionne, à l’instar de Regroupement Communiste, comme une organisation se réclamant du marxisme-léninisme. Cependant à la différence de RC, elle se dit également maoïste.

C’est sur ce point nous avons essentiellement discuté. Pourquoi maoïste ?

 

Je suis d’accord pour le rapprochement, l’union voire la fusion avec des organisations politiquement proches de nous. On ne peut pas rester indéfiniment entre quelques militants à attendre que les autres nous rejoignent. On s’épuise.

Mais pour moi cette alliance ne doit se faire en aucun cas au détriment d’une baisse du contenu politique et du niveau de « conscience ». On doit s’unir avec des mouvements qui nous poussent, pas qui nous font reculer.

 Regroupement Communiste se base sur les théories de Marx et Engels et développées par Lénine pour édifier sa pensée. Il ne se dit ni trotskiste, ni maoïste, ni guévariste, ni zapatiste, ou quoi que ce soit d’autre… Il se dit communiste.

 Bien sûr, les expériences passées nous apportent un enseignement pour l’avenir. Il faut être capable de retirer de l’histoire des mouvements révolutionnaires tout ce qui nous permettra d’avancer et de ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Mais pour cela il ne faut pas se revendiquer aveuglément de tel ou tel courant. Il faut être capable de critiquer les limites de la stratégie que l’on suit pour pouvoir la dépasser. Il faut se méfier de tous les dogmatismes, qui vous emmènent à défendre des positions absurdes.

 

C’est le problème que j’ai soulevé avec nos camarades de l’OCML-VP au sujet du maoïsme dont ils se réclament. J’ai pris pour exemple la guérilla maoïste népalaise qu’ils soutiennent inconditionnellement.

Ayant relu plusieurs numéros de Partisan (la revue de l’OCML-VP) de ces dernières années, je me suis aperçu que quelles que soient les décisions prises par la guérilla, l’OCML-VP les soutenaient. Ainsi, lorsque les révolutionnaires népalais au bout de 10 ans de lutte, signèrent les accords de paix de novembre 2006 sous l’égide de l’ONU, qu’ils déposèrent les armes, qu’ils acceptèrent l’unification des 2 armées (royaliste et révolutionnaire), qu’ils participèrent au parlement intérimaire avec les 7 autres partis d’opposition, qu’ils décidèrent de dissoudre les gouvernements et tribunaux populaires… L’OCML-VP ne trouve rien à y redire.

Le PCN-M (Parti Communiste Népalais Maoïste) était pourtant maître de la majorité du pays et en position de force. Fidèle à la doctrine maoïste, il encerclait les villes et aurait pu aisément prendre le pouvoir.

Au lieu de cela, il se contenta de remplir son objectif principal : la fin de la monarchie et l’établissement d’une république.

 

Pour moi cette position est incompréhensible sinon du point de vue de la faiblesse des positions politiques. Pourquoi ne pas avoir renversé le roi et institué un système socialiste dans la foulée?

Les arguments de l’OCML-VP étaient de dire qu’il faut faire confiance au peuple, que chaque révolution a ses particularités et que la théorie marxiste préconise l’analyse concrète de la situation.

J’ai rétorqué que le peuple était loin d’être infaillible et que c’est le parti communiste qui formait son avant-garde consciente. Tout ce qui s’était négocié lors de ces accords de paix montrait une naïveté ou une irresponsabilité désarmantes. Sur ce, on me répondit que les militants n’étaient pas naïfs. Ca reste à voir…

Comment accepter de confier à l’ONU, instrument des impérialistes, la tâche de superviser des accords de paix, et de surveiller les dépôts d’armes ? Comment croire que les capitalistes accepteraient sans broncher des changements sociaux ? Comment accepter une suspension provisoire de la monarchie et prévoir l’élection d’une assemblée constituante 6 mois plus tard sans avoir pris la précaution de protéger ses acquis par les armes ?

En fait comment faire confiance aux capitalistes et aux bourgeois lors d’une transition politique révolutionnaire ?

L’expérience nous apprend que c’est impossible. Qu’à chaque fois que les communistes ont fait confiance en leurs ennemis, ce fut tragique. La preuve, Partisan l’écrit lui-même dans ses pages : « Le PCN-M a quitté le gouvernement au printemps 2007, c’est que des militants communistes continuaient à être exécutés localement. » (*)

Le printemps 2007, date à laquelle devait être élue l’assemblée constituante…

Finalement cette élection aura bien lieu en avril 2008 avec la victoire du PCN-M à la majorité des sièges. Le chef des rebelles maoïstes, Prachanda sera élu premier ministre l’été suivant. Le Népal est devenu aujourd’hui un État fédéral, démocratique et républicain.

 

Donc toute cette lutte acharnée, ces sacrifices (13 000 morts), n’auront abouti qu’à la chute de la monarchie et de la féodalité et à la création d’une république à la mode de chez nous ? Alors que les révolutionnaires étaient à 2 doigts de la prise du pouvoir ? Qu’ils auraient pu instituer un vrai système socialiste ?

Un drame à mon avis. Pour nos 3 camarades de VP la principale raison était qu’avec les visées expansionnistes de l’Inde voisine, l’impérialisme américain et la transformation de la Chine en société capitaliste la situation internationale n’était pas favorable à une véritable révolution.

Mais la question se pose: quand cela sera-t-il possible alors et où ? Jamais si l’on suit ce genre de stratégie politique !

 

Les bolcheviks ne se sont pas contentés de la chute de la monarchie et du féodalisme comme les mencheviks le souhaitaient, ils sont allés plus loin. Les maoïstes du Népal se sont comportés en mencheviks.

A chaque fois que la situation locale et les conditions le permettent les peuples doivent faire leur révolution sans attendre, le capitalisme n’aura aucune pitié si on lui laisse une porte de sortie et le loisir de se retourner.

 Pour moi la discussion avec les camarades de l’OCML-VP a mis en lumière les limites d’un dogmatisme maoïste qui les oblige à soutenir des positions réformistes très limites. Pour construire une stratégie révolutionnaire digne de ce nom, il faut se libérer des dogmatismes.

 Une dernière chose l’OCML-VP est une organisation qui milite pour la construction d’un nouveau Parti Communiste. Nous aussi. Mais ce mouvement comptant plus de membres que le notre, les militants invités ont clairement précisé qu’une collaboration entre nos 2 organisations aboutirait à notre adhésion à VP. Je ne me verrais pas défen dre le maoïsme, ni certaines positions réformistes.

 

 

JM A

 

(*) Partisan N° 217, janvier 2008.

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P
Sur le plan du Népal, je pense qu'aucune révolution, dans le contexte actuel d'un capitalisme développé, mondialisé, extrêmement organisé (voir les multiples institutions, organismes, tous ces Etats imbriqués les uns dans les autres (Europe), sans parler de la monnaie ne peut aboutir au socialisme sans une rupture brutale et conjointe de tous les peuples avec le système capitaliste et là on peut parler véritablement de la nécessité de faire la révolution politique. C'est le moment où le prolétariat s'unifie pour abattre le pouvoir de la bourgeoisie, poussé par la nécessité (qui ne se fait pas jour actuellement) de prendre en main son destin. C'est parce qu'il a confiance en ses propres forces qu'il peut mener ce combat jusqu'à son aboutissement : la destruction de l'Etat bourgeois. Or, là on le voit bien, au Népal, les communistes ont décidé de s'allier à une frange de la bourgeoisie pour foutre en l'air la monarchie et uniquement cela. Ils n'ont pas les moyens, étant donné le faible développement des forces productives, de chasser les grands propriétaires fonciers qui représentent encore le pouvoir déchu. Juridiquement  les lois ont changé, en réalité ils sont actifs.Les communistes maoïstes sont en effet prisonniers des structures de la société qui résistent et s'opposent à leur présence (l'Etat inspiré de l'organisation bourgeoise internationale est par essence anti communiste et évidemment luttera jusqu'au dernier pour éliminer les représentants du prolétariat).C'est le sens de l'intervention de VP au cours de l'AG par rapport à une éventuelle intervention de l'Inde et de la Chine. Aucune comparaison n'est possible avec la Russie en état de révolution. Il faut se garder des comparaisons hasardeuses.Dans l'état actuel des forces en présence, la pression est trop forte. C'est aussi le cas pour la guérilla des FARCS . Mais le capitalisme se dégradant à vitesse Grand V, l'espoir d'une jonction des travailleurs avec ces mouvements est permis. C'est le sens du combat de VP et le nôtre qui est d'appeler à s'organiser pour vaincre la bourgeoisie partout où cela est possible en étant (comme tu le fais pour la Palestine) à la fois conscient des limites de la portée de cette résistance, des étapes qu'il reste à franchir et de la solidarité qui doit s'exprimer à travers un rejet net et sans concession par les prolétaires de "leur" impérialisme.Je pense qu'il n'y a pas de comparaison possible entre les guerres de libérations, soutenues matériellement et moralement par la Chine ou l'URSS (Vietnam par ex) et le Népal. Les népalais sont dans une situation très différente. Il n'y a pas d'envahisseurs étrangers à chasser (nationalisme), pas de jonctions ni d'union de combat avec les autres partis, ce qui les fragilisent d'autant. C'est, encore une fois, la nécessité qui guidera les népalais vers le rejet total des pratiques ancestrales de la monarchie qui existent encore. Les masses ne sont pas prêtes. Le peuple doit mûrir et pour cela le travail d'un parti communiste est d'éduquer. La lutte armée n'a de chance d'aboutir que si elle est le prolongement naturel de l'action révolutionnaire entamée par les prolétaires.
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