Réformisme étatique ou Révolution politique
Chaque pays européen place sur le marché les entreprises gérées par l’Etat. De ce fait ces oligopoles en concurrence (Suez-GDF pour la France) constituent de nouveaux groupes avec une masse de capitaux plus importants. Ainsi l’Autriche qui privatise la Poste et la compagnie de chemins de fer (1). Siemens s’est réjouie du « renforcement de la compétitivité de la Poste sur le marché globalisé ».
La main d’œuvre slovaque à bon marché est subventionnée par cet Etat pour aller travailler dans les pays voisins. C’est une prime à l’exportation des chômeurs.
La fusion d’Arcelor et de Mittal répond à ce besoin de productivité où les salaires indiens plus faibles accroissent le taux d’exploitation en Europe. Ce qui ne va pas sans contradictions puisque ces mêmes Etats vont devoir accroître leurs dépenses « sociales » pour maintenir l’armée de réserve des travailleurs victimes de ces fusions.
Le rôle des Etats
N’oublions pas que l’Etat protège avant tout les intérêts de la bourgeoisie et assure la reproduction du système quitte à devoir s’affronter aux intérêts privés et concurrentiels des capitalistes.
Les « règles » de concurrence que la bourgeoisie s’est donnée, légitiment son pouvoir mais demeurent un aspect de l’idéologie de domination de la classe bourgeoise. Sous le socialisme cette concurrence complètement artificielle disparaîtrait.
Fabius qui présida en 1984 à la liquidation de la sidérurgie française en accordant des milliards de francs de fonds d’Etat pour que se créée Arcelor (produit de la fusion d’Usinor et d’Arbed) fait mine aujourd’hui de se montrer hostile aux décisions de l’UE.
Celles-ci sont très lourdes de conséquences. La précarité pèse sur le travail, sur les garanties qui l’accompagnent et sur les dépenses des Etats.
L’Etat socialise les investissements
La crise du capitalisme contraint l’Etat à socialiser de plus en plus les pertes dues à la destruction des capitaux en surproduction.
Le gouvernement, fonctionnaire du Capital, augmente ses dépenses pour contenir la baisse tendancielle des taux de profits capitalistes (« ces 3,5 millions de travailleurs qui gagnent moins que le SMIC… ces millions de salariés obligés de jongler avec plusieurs employeurs pour gagner à peine de quoi vivre » « dixit Sarkozy »).
L’Etat prend l’argent dans la poche du prolétariat valoriser des secteurs jugés compétitifs (création de la TVA sociale ou bien la « titrisation » de l’UNEDIC –sa valorisation en Bourse).
Le chômage déguisé sous des dizaines de contrats à temps partiel (précarisation accrue) ainsi que l’apprentissage à 14 ans payé 20% du SMIC au-delà de 20 jours dans l’entreprise se dressent comme autant d’entraves à la valorisation du capital dans la production puisqu’ils annulent du surtravail et donc de la plus-value.
Les jeunes soumis à une exploitation renforcée perçoivent des salaires plus bas que le SMIC. Les régions les plus pauvres sont visées par la création de 15 nouvelles zones franches. L’Etat valorise les entreprises défaillantes (du type Sogerma ou Alsthom), parce que jugées sensibles dans une économie qui se militarise, car il en va de la reproduction d’un système qui devient totalitaire.
Les Etats qui gèrent la force de travail renforcent leur bureaucratie.
En France, la LOLF établit un contrôle permanent du suivi des individus. C’est le cas des Rmistes par les Caisses d’Allocation Familiales qui en sont chargées). Le budget est consacré à ces contrôles (y compris pour les déplacements avec le passeport biométrique), afin d’obtenir une productivité plus grande et d’étouffer toutes résistances.
Le budget 2007 en préparation supprimera 19000 postes de fonctionnaires, dont 8500 à l’Education Nationale (3).
Le Capital prive de l’accès au savoir tous ces jeunes qu’il appauvrit et qu’il transforme en esclaves dociles justes bons à faire tourner les machines de plus en plus automatisées. Les Etats européens financent les armées qui développent un armement sophistiqué pour des guerres urbaines en prévision (avec des armes de plus en plus miniaturisées pour mater les révoltes éventuelles) (2) ainsi que la recherche scientifique des oligopoles telles que Thalès, EADS, MBDA, DCN, Dassault etc…pour accroître leur masse de profit plus rapidement que par le passé du fait d’une concentration massive de capitaux.
Les intérêts à défendre ne sont plus nationaux. Désormais, les oligopoles mondiaux fournissent aux Etats impérialistes leur stratégie militaire.
C’est le rôle joué par l’OTAN, par l’ONU et toutes les structures financières et politiques que se sont donnés les impérialistes pour dominer le peuples (FMI, banque Mondiale, OMC…).
Elles lèvent toutes entraves à la circulation des capitaux, pour faire accepter par les peuples dominés les règles du marché concurrentiel et entretenir leurs Etats fascisants qui ne peuvent se maintenir autrement au pouvoir. Pour les impérialistes ces Etats sont vitaux pour leurs intérêts économiques.
Les vagues de réformes
Les gouvernements issus des élections « démocratiques » sont tous réformistes. Il s’agit pour la bourgeoisie locale de tenter de relancer l’accumulation capitaliste (que ce soit par des mesures économiques et sociales ou par la militarisation et la guerre).
C’est le rôle d’un Parti Communiste que de préparer la révolution politique dont l’axe principal sera la transformation radicale des rapports sociaux. En Europe les luttes pour du temps libre, pour abolir les divisions du travail (la pauvreté qu’elles engendrent), pour transformer le travail en activité riches et libres sont aussi celles qui aboliront la propriété privée sous toutes ses aspects. Mais il faudra lutter aussi contre les gaspillages, les bureaucraties, les productions et activités inutiles et pour le partage entre tous de cette quantité de travail contraint restant à accomplir. Travailler tous, travailler moins, travailler autrement.
Ce programme communiste issu d’une révolution politique s’oppose totalement à celui des partis de gauche qui ne parle que d’égalité, de partage (de la misère), de solidarité qui s’inscrivent dans des constitutions, dans des déclarations de principe sur les Droits, tandis que la réalité des rapports sociaux est toujours plus contraire à leur verbiage.
« Les communistes dénoncent cette hypocrisie des formules creuses sur les « valeurs républicaines », les droits et le partage équitable. Ils montrent que les conditions de l’égalité sont dans l’appropriation des conditions de travail, que c’est cette propriété qu’il faut d’abord partager […] et ce procès de destruction de la division capitaliste du travail, de la propriété capitaliste, seule une révolution politique peut permettre de l’enclencher.» (Tom Thomas – Conscience et lutte de classe –ed. Contradictions).
RCPC-juillet 2006
(1) 11 sociétés sont créées ce qui a entraîné une augmentation du chômage supplémentaire et une déréglementation catastrophique.
(2)Le budget pour la France est de 543 € par habitant.
(3)Les 20 millions d’euros versés pour l’apprentissage, seront extraits des postes de fonctionnaires qui seront supprimés du budget prochain.
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