Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 15:34

Par Association des Amis du Manifeste

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La  crise capitaliste trouve son origine dans  la surproduction de marchandises  et de  capital sous sa forme financière. Elle représente pour le capital dans son ensemble un  moment opportun  pour  se débarrasser des capitaux les plus faibles, qui encombrent tout le système et pour tenter de relancer le cycle de l’accumulation (il revient alors aux Etats de valoriser le capital en général et de reproduire la société capitaliste dont ils ont la charge).
 Ce qui distingue la crise actuelle de celle de 1929 c’est principalement l’importance que revêt le crédit (dont une grande part est représentée par les emprunts d’Etats) donc de la sphère financière dans l’ensemble de la production capitaliste. Les banques sont maintenues la tête hors de l’eau par des Etats surendettés qui  ne peuvent plus rembourser leurs emprunts.
Il n’y a jamais eu autant d’argent inemployé dans la production qui disparaît comme neige au soleil dans cette crise d’un capitalisme devenu sénile.
En effet, malgré les sacrifices innombrables  imposés aux peuples, la croissance (entendez l’accumulation capitaliste) ne redémarre pas, le taux de profit repart à la baisse. Selon les analyses de Marx (qui  révèlent  aujourd’hui toute leur acuité),  le capitalisme signe ainsi son arrêt de mort mais, sans l’intervention des peuples dans  le cours des choses, il ne peut que détruire ce qui entrave sa course au profit (hommes machines et nature) c’est-à dire ce qui constitue  les conditions d’un changement de société.

 

                                                                                Pourquoi toutes ces destructions ?

Le  système capitaliste ne peut se reproduire qu’en augmentant sans cesse la  masse monstrueuse de l’endettement (du crédit). La masse de plus-value* produite par le travail des ouvriers ne suffit plus à rémunérer les dividendes  et les intérêts des actionnaires.
D’une part parce que le temps de travail vivant (le travail de l’ouvrier) diminue globalement ** (la productivité et l’intensité du travail augmentant) pour accélérer la rotation du capital, supprimer les stocks et les périodes de  non utilisation des machines (l’immobilisation des machines – le week-end et la nuit par exemple - est du capital inemployé qui ne produit  rien). D’autre part, parce que  cette réorganisation du travail s’appuie sur  une précarisation et un chômage de longue durée avec comme corollaire l’intervention de l’Etat qui doit assurer la survie des prolétaires et organiser le rapport de production précarisé (afin d’augmenter le taux d’exploitation).
Le résultat, on le connaît : des revenus prolétaires  de plus en plus bas (dont une grande part supportée par un Etat qui ne cesse de « réformer » la santé ou l’éducation pour mieux les associer au système d’exploitation en vigueur).
L’insolvabilité des consommateurs (l’ampleur du crédit***) est  telle, que le système fondé sur le crédit se dévalorise brutalement.   La suraccumulation en moyens de production, en marchandises, en capital argent est d’autant plus grande qu’elle entraîne une sous-consommation du fait de l’appauvrissement des prolétaires.
Le développement massif du crédit correspond  à un développement tout aussi massif de la suraccumulation de capital sous toutes ses formes. Il correspond également aux énormes besoins liés à la modernisation des entreprises (en terme d’achat de  machines, d’achats de scientifiques et de brevets…).
Les bourses et autres institutions financières  dépendent étroitement des entreprises et favorisent la concentration du  capital en grands groupes mondiaux gérés de manière anonyme, seuls capables de se maintenir dans une concurrence féroce qui les contraint à s’endetter toujours plus pour se maintenir.  Elles sont stimulées par des aides consenties directement par les Etats aux entreprises (subventions, réductions de charges, financement étatisé de la formation et de la reproduction de la main d’œuvre, et même d’une partie des salaires…).
Toutes ces mesures permettent aux investisseurs d’accroître leurs profits (notamment par l’achat de titres de crédit, d’actions, qui représentent  toujours l’espoir  de profits futurs).
  Mais ces aides pèsent considérablement sur les budgets des Etats. La gauche étatique et son extrême s’empresse de dénoncer « les dérives  financières »  , accusant la droite de favoriser la spéculation sur la dette des Etats après avoir condamné comme le PCF les suppressions d’emplois comme conséquence de l’avidité des actionnaires.
Or l’explication, même si elle repose sur  des réalités incontestables, est insuffisante.

                                       Lutte ouverte et brutale de l’Etat contre les prolétaires

C’est parce que chaque capitaliste peine à réaliser un taux de profit suffisant que l’Etat intervient aussi massivement. Il se comporte comme le fournisseur de plus-value en abaissant les impôts sur le capital (au gré  de l’augmentation de la dette publique dont se nourrissent les spéculateurs ce qui alimente de  nouvelles bulles prêtes  à exploser), exonérant les capitalistes d’une partie de leurs charges salariales, « réformant » les salaires, retraites et conditions de travail avec le relais syndical. Comme les moyens mis en œuvre ne suffisent pas (l’extraction de la plus-value relative qui découle du  perfectionnement des machines et  qui, du fait de l’augmentation de la production, abaisse le prix des marchandises, ce que l’on nomme productivité), l’Etat accroît sa violence et sa dictature pour imposer la destruction des acquis sociaux et augmenter la précarité (RMI puis RSA au milieu des CDD et autres emplois de « domestiques »).
Le journal  « Le Monde » du 20 août se fait l’écho des projets socialistes en matière de fiscalisation. La journaliste Agnès Verdier-Molinié n’y va pas par quatre chemins : il vaut mieux  « couper dans les dépenses (publiques) qu’augmenter les impôts ». Précision : il s’agit des impôts que doivent payer les capitalistes car si la CSG-CRDS est passée  de 0 à 12,1% en une vingtaine d’années la contribution patronale « au financement de la protection sociale est passée de 44% du total en 1981 à 37% en 2006 » et dans la même période « les cotisations salariales ont augmenté de 5 points » (« Alternatives Economiques » n°281 de juin 2009).
D’un côté, l’Etat diminue le revenu des prolétaires en augmentant les impôts, les taxes de toutes sortes****.
De l’autre les prolétaires sont pressés par leur patron d’augmenter les profits des entreprises, rivés qu’ils sont à des machines de plus en plus perfectionnées  et de plus coûteuses qui aggravent à la fois leur condition d’exploités (le producteur  étant devenu un appendice de la machine, son prolongement, contrôlant son bon fonctionnement mais entièrement soumis au rythme intensif exigée par la production, mis en concurrence tant au plan national qu’international).

                                                                           Une seule solution : la révolution !


La bourgeoisie sent que son pouvoir a atteint ses limites. Elle ne tire son existence que de l’appropriation pleine et entière du  travail des prolétaires mais comme celui-ci disparaît (pour les raisons que nous  évoquions plus haut) elle est dans l’incapacité de résoudre la contradiction suivante : dans les sociétés hautement mécanisées les prolétaires ne produisent pas assez de plus-value pour la nourrir. Dès lors elle ne peut plus les employer et les prolétaires ne peuvent plus se nourrir de leur «  travail nécessaire » puisque leur revenu n’est plus assuré par les possesseurs des moyens de production.
En effet c’est la production de plus-value qui décide de leur emploi et rien d’autre !
Elle est obligée de « les laisser déchoir » comme l’affirmait Marx dans « le Manifeste du Parti Communiste ».
C’est aux communistes de proposer d’autres solutions que les luttes salariales qui, si elles permettent des améliorations, ne sont qu’éphémères puisque ce qui motive le patron c’est d’augmenter ses bénéfices et qu’il ne peut y parvenir  qu’en augmentant l’intensité du travail (ce qui a pour effet d’abaisser les salaires) et en le précarisant.
La société qu’il faut construire ne peut être fondé sur la valeur d’échange qui s’effondre  puisque celle-ci est représentée par l’argent qui ne produit rien.
L’avenir repose sur d’autres conditions de travail : «  travailler tous, moins et autrement » !
Les communistes doivent être à l’offensive pour construire le Parti Communiste, seule organisation capable d’aider les prolétaires à lutter pour un objectif commun, former une classe et s’unir contre la bourgeoisie.
L’objectif premier étant d’attaquer, de renverser et  dissoudre l’Etat (sa justice, police, ses médias etc.…) afin de pouvoir partager le travail qui reste et les richesses produites par tous, de démultiplier le temps libre comme condition pour les prolétaires de s’approprier les conditions de la production, de développer l’internationalisme communiste et d’exercer réellement le pouvoir qui mènera la révolution jusqu’à son terme.

                                                                  Pierre Lehoux – septembre 2011

*   cette part du  travail ouvrier, non payée,  dont s’empare intégralement le patron

**   L’exploitation ouvrière qui s’accroît ne porte que sur une quantité de travail devenue très faible dans la valeur produite. C’est le développement extraordinaire des machines, due à l’organisation scientifique du travail, qui porte à un niveau difficilement dépassable, le taux d’exploitation.

***   Le crédit, l’argent en général, ne créé rien. Il dope, stimule, accélère la valorisation et l’accumulation du capital. Il finit par ruiner d’autant plus qu’il l’ a  d’abord stimulé.

****    Pour ce faire il se camoufle derrière l’idéologie de l’intérêt général dont il se prétend le représentant.

 

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Publié dans : Regroupement Communiste nouvelle série
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