Partager l'article ! Israël de 1948 à 2008 ...LE SIONISME EST UN FASCISME.: Pourquoi est‑il nécessaire de bien caractériser Israël comme un Etat fasciste ? ...
Regroupement Communiste
Bulletin de l'Association des Amis du Manifeste
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Pourquoi est‑il nécessaire de bien caractériser Israël comme un Etat fasciste ?
N’est‑ce pas de la provocation, ou en tout cas une exagération ? Une manifestation d’antisémitisme ?
Cette qualification n’est pas anodine, car elle a pour conséquence qu’il est correct d’affirmer que l’Etat d’Israël doit être détruit dans ses fondements sionistes actuels, pour créer une nouvelle société judéo‑palestinienne dans des fondements laïque et démocratique. Sans quoi il n’y aura jamais de paix dans la région, le propre d’un Etat fasciste étant la volonté de domination et d’extension.
Elle ne peut apparaître une provocation qu’à ceux qui accepte la sacralisation du peuple juif et de son histoire, qui est un fondement d’Israël. Elle ne peut apparaître une exagération qu’à ceux qui ne considèree le fascisme que sous certains aspects particuliers qu’il a revêtu en certaines circonstances, dans certains pays.
Certes il y a des élections en Israël, un Parlement, différents partis, une certaine liberté d’expression, bref certains oripeaux de la démocratie. Certes il n’y a pas de chambres à gaz, et le sionisme y a laissé subsister une minorité de l’ancienne population palestinienne. Tout cela n’est pas rien, mais n’infirme pas pour autant la caractéristique de fasciste. En effet il y a diverses formes de fascisme (dans le passé, par exemple, le fascisme italien, ou espagnol, ne se sont pas focalisés sur l’élimination de divers groupes de «sous‑hommes», Hitler a été élu chancelier contrairement à Franco qui a pris le pouvoir militairement, etc.). Mais au delà de ces différences, il y a un fond commun, une essence du fascisme (1). Elle est qu’il s’agit d’une forme de communauté illusoire, spécifique de l’époque du capitalisme, et surgissant dans certaines conditions de crise particulières. Cette communauté est illusoire en tant qu’elle est fondée sur l’idéologie purement fétichiste de la Nation, qui dans ces conditions particulières, s’exacerbe en termes de races, ethnies, religions ou autres idéologies posant cette fausse communauté comme supérieure à toute autre, exceptionnelle, et ne devant reculer devant rien pour s’assurer son «espace vital». Pratiquement et concrètement cette communauté fasciste n’est pas : elle n’est que l’Etat, tout puissant, omniprésent. Elle n’est qu’un société étatisée et militarisée, un vaste corps mécanique déshumanisé. Elle n’est que totale aliénation et ruine de l’individu.
Ceci étant compris, il est clair que les élections et autres formes démocratiques ne sont pas une garantie d’antifascisme. Elles prouvent seulement, par exemple dans le cas d’Israël, que la majorité des citoyens adhèrent au sionisme, idéologie fasciste. Il n’y a la rien d’autre que l’expression d’une caractéristique essentielle du fascisme, qui le distingue d’autres formes de despotisme (telles que dictature militaire, monarchie absolue, théocratie), qui est l’adhésion consciente et active d’une masse importante d’individus‑citoyens à ce nationalisme‑étatisme exacerbé.
L’idéologie sioniste revêt en effet tous les caractères essentiels d’une idéologie de type fasciste. Car elle fonde l’existence du peuple juif et de l’Etat d’Israël sur des critères ethnico‑religieux de type racistes (seule la généalogie, fixée et contrôlée par les rabbins, décide de qui est juif et peut venir s’approprier une fraction de la Palestine). Elle fonde donc, comme toutes les idéologies fascistes, le peuple juif comme un peuple «spécial», dont l’existence est nécessairement «unique», un peuple «élu» par son Dieu personnel (Gott mit uns était aussi inscrit sur le ceinturon des SS !), qui a des droits spéciaux, bibliquement sanctifiés, sur «l’espace vital» qu’il a décrété lui appartenir de tout temps . lestine.
La pratique sioniste qui ressort de cette idéologie suppose, implique, exige la négation des autres peuples non «spéciaux», donc inférieurs. Elle l’exige d’autant plus que toute autre forme de fascisme, qu’Israël ne pouvait se fonder que par la conquête et l’occupation d’un territoire déjà totalement occupé par d’autres. Elle est conquête de «l’espace vital» (Eretz Israël) fondée sur la violence et l’élimination, par la déportation et par le massacre, du peuple occupant, dont une partie peut aussi être parquée dans des ghettos (les vastes camps de réfugiés, et de la mort lente dès lors qu’Israël y détruit systématiquement toutes les conditions de la vie) et utilisée comme main d’oeuvre quasi esclave au service des Maîtres.
Ce n’est pas une pratique propre à quelques extrémistes nazillons bestiaux, comme Sharon et les colons fanatiques, c’est la pratique de toujours du sionisme, car c’est celle qu’il implique nécessairement, qui est son essence. Chacun sait, et la plupart des historiens le reconnaissent maintenant, que Sharon n’a rien inventé et que les moyens de transformer la Palestine en Israël, ont été, et sont toujours, essentiellement des moyens terroristes ayant pour objet de déporter la population autochtone, tels que:
- Les massacres pour effrayer et faire fuir. Deir Yassine, l’Oradour palestinien avec ses 250 civils assassinés, est le symbole des 400 villages rasés en 1948, terres et biens étant alors attribués aux colons. La destruction de villages, maisons, cultures, palestiniennes s’est ensuite poursuivie sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui. Pratiquée dès les années trente contre les civils palestiniens, la terreur sioniste s’est transformée en 1948 en organisation massive et planifiée de la déportation de un million de palestiniens pour les remplacer par quelques centaines de milliers de colons juifs envahisseurs venus d’Europe. Ceux‑ci ont systématiquement dépouillé les palestiniens. Ils les ont obligé à fuir (une véritable déportation dans des camps), puis les ont déclaré alors «absents», émigrés volontaires, avec un cynisme incroyable. Eux qui clament leur «droit au retour» sur des terres qu’ils n’avaient jamais occupées, ni leurs parents, ni leurs arrière‑arrière et cent fois arrière grands parents, ils refusent tout droit au retour aux occupants légitimes qu’ils ont déporte. Eux qui se sont battu becs et ongles pour obtenir des milliards de «réparation» (et souvent de la façon la plus sordide, voir le livre de N.Finkelstein: l’Industrie de l’Holocauste), ils refusent même jusqu’à la moindre réparation aux victimes palestiniennes de leurs crimes. Tout cela sous prétexte que cela remettrait en cause l’existence du peuple juif, car selon eux ce peuple ne peut vivre que dans la «pureté» juive qui doit régner en Israël 1
‑ L’expropriation systématique et méticuleuse des terres palestiniennes, et les meilleures, poursuivie après 1948 sous les prétextes les plus divers (terrains militaires, sécurité, travaux, etc.), le détournement de plus de 80% des ressources en eau au profit des seules cultures et villes juives et la destruction systématique des plantations et troupeaux palestiniens, voilà quelles sont les bases du «génie» agricole israélien ! Le parcage des palestiniens dans des camps‑ghettos où ils sont concentrés comme prisonniers, l’idée étant que sans travail, sans terre, sans eau, sans maison (qui sont régulièrement dynamitées), sans soins, poussés par le manque de tout, ils continueront à partir, ou périront canonnés et mitraillés s’ils osent résister, avec les pierres et les pauvres armes dont ils disposent, à cette mort lente.
Dès l’origine l’entreprise sioniste est de créer Israël comme territoire juif, donc vidé du plus possible (c’est à dire du plus que le permettait le rapports des forces à. tel ou tel moment) de palestiniens. De même que les lois nazies de Nuremberg et leurs décrets d’application (élaborés par un certain Glotke qui occupa très tranquillement après guerre le poste de secrétaire d’Etat du chancelier Adenauer) ont voulu expulser d’Allemagne les tsiganes, les juifs, les slaves, les noirs, et quelques autres, de même le sionisme s’est fixé comme objectif de fonder un Israël juif, vidé du plus possible de palestiniens. Cette pratique a été mise en oeuvre, patiemment. D’abord lentement, avec l’aide des colonisateurs anglais (déclaration Balfour du 02/11/1917) Puis de façon accélérée et beaucoup plus violente dès que les premières victoires militaires sionistes l’ont permis, dès les gouvernements «de gauche» des Ben Gourion, Golda Meir, etc. En 1948, au vu du résultat de la guerre d’agression sioniste et du million de déportés palestiniens, le premier président de l’Etat juif, Haïm Weizmann, dira que «le vrai miracle de 1948 n’a pas été la victoire mais le nettoyage du pays de ses Arabes» (Le Monde, 9‑10/12/01). Si aujourd’hui le sionisme devient de plus en plus violent dans sa volonté d’épuration ethnique, c’est parce que la «solution finale» du problème palestinien lui devient de plus en plus difficile à traiter au fur et à mesure que l’expulsion des palestiniens devient de plus en plus impossible, puisque les territoires où les déporter se réduisent comme une peau de chagrin au fur et à mesure de l’extension d’Israël (sans compter l’accroissement de la Résistance que suscite cette mise dos au mur des palestiniens). C’est à peu près le même problème que les nazis avaient rencontré dans la mise en oeuvre de leur propre plan d’épuration ethnique : après une phase où ils pratiquaient l’expulsion des juifs par la discrimination, le vol, et la terreur (première version de la «solution finale»), ils ont «du» en arriver, quand elle devint impossible, à celle des camps et de l’extermination physique (décision de Hitler du 12.12.1941).
Alors, certes, il n’y a pas d’extermination physique massive et rapide des palestiniens comme les nazis l’ont pratiqué pour les juifs après 1941. Mais le phénomène de fond est le même: le sionisme ne conçoit Israël que comme fondé sur «une terre sans peuple» palestinien selon sa propre formule mille fois avouée et répétée. Pour être lente, et inachevée l’élimination des palestiniens n’en est pas moins systématique, Israël ne leur laissant que le choix de la formule : partir, ou mourir, ou être quasi esclave parqué dans un bantoustan.
Seuls les rapports de force sur le terrain et au Moyen‑Orient, seule la Résistance palestinienne et une certaine aide internationale ont empêché, jusqu’à aujourd’hui, le plan sioniste d’aboutir complètement. Et le fait est qu’heureusement Israël n’a sans doute pas les moyens politiques de pouvoir le réaliser compte tenu de ces rapports de force locaux et internationaux (les différents intérêts impérialistes au Moyen Orient).
Israël n’est donc pas simplement un «fait colonial», comme on le dit encore couramment, et comme cela pouvait apparaître dans la période 1917‑1947. Mais c’est un fait fasciste, un Etat‑Nation qui ne s’est construit, et ne pouvait se construire, que comme négation‑déportation, destruction du peuple dont il convoitait le territoire, que le sionisme ne voulait pas seulement dominer et exploiter, mais occuper entièrement, et rendre aussi purement juif qu’il lui était possible.
C’est pourquoi seule la violence palestinienne est légitime. Plus que légitime, absolument nécessaire, vitale.
Comme seule était légitime et nécessaire la Résistance face au fascisme. Le terrorisme et l’inhumanité ne sont que du côté sioniste. Ils combattent les Résistants avec les armes habituelles des fascistes : massacres et terreur à l’égard des populations civiles parquées dans des camps‑prisons dignes du ghetto de Varsovie, arrestations arbitraires, punitions collectives, assassinats sans jugement, tortures («85% des détenus palestiniens sont soumis à la torture» selon Le Monde Diplomatique janvier 2002) ; d’ailleurs la Constitution israélienne reconnaît le droit de torturer), camps de concentration, privation des palestiniens de tous les moyens de vivre par eux‑mêmes, humiliation et dégradation permanentes de la personne humaine, propagande et endoctrinement à la Goebbels, reniement perpétuel des traités signés uniquement pour tromper (l’expansionnisme agressif israélien se poursuivant après Oslo comme celui des nazis après Munich), etc.
Tout cela n’est même plus à démontrer, et chacun le sait, qui l’approuve ou qui le désapprouve selon la conception du monde qu’il a. La seule question qui se pose encore à mon avis est : comment se fait‑il que le fascisme sioniste soit le seul de l’histoire à ne rencontrer qu’une si faible opposition dans les pays dits civilisés d’Europe, en France tout particulièrement ? Je suggérerais deux pistes de réflexion pour y répondre :
1) les énormes intérêts économiques (pétrole) qu’Israël contribue à défendre. Doté de gigantesques moyens militaires, financés par les U.S.A., Israël n’existe que comme camp retranché, une base militaire du capital mondialisé dirigé par les U.S.A. au Moyen Orient. Evidemment une telle base doit être purgée de tout ennemi potentiel, et ses soldats doivent être soutenus inconditionnellement (sauf à ce qu’ils deviennent un jour trop gênants ou inutiles).
2) La capacité qu’a eu le sionisme, suite aux horreurs subies par les juifs en Europe, à se poser comme intouchable, à faire admettre son idéologie du caractère exceptionnel de l’existence juive comme une doctrine justifiant qu’à un sort passé dramatique, et soi‑disant unique, corresponde des droits uniques, à réparation, à colonisation, et à être inattaquable.
Au point que toute critique sera immédiatement taxée d’antisémitisme, et même en France interdite par la loi (ou taxée de «haine de soi» si elle est émise par un juif, qui sera par là considéré comme reniant son groupe ethnique en cédant à la stigmatisation et à l’oppression dont les juifs seraient l’objet par définition, depuis toujours et pour l’éternité).
Certes, devant les faits criants des voix de plus en plus nombreuses dénoncent les «excès» sionistes. Mais ce n’est encore rien ! Il faut comprendre et affirmer haut et fort cette vérité qu’il ne s’agit pas d’excès, mais d’une forme de fascisme intrinsèque à la doctrine sioniste elle‑même, que «l’excès», l’inacceptable, c’est le sionisme lui‑même. Il faut donc combattre concrètement l’Etat sioniste, comme cela avait été fait, par exemple, contre l’Etat d’apartheid d’Afrique du Sud (en particulier par le boycott systématique). Combattre nos gouvernements, et tous les médias, qui le soutiennent scandaleusement. Et pour commencer, il ne faut pas s’incliner honteusement devant le chantage à l’antisémitisme. Bien au contraire.
Par exemple, il faut aller jusqu’à oser dénoncer, boycotter et combattre toutes les campagnes actuelles sur «le devoir de mémoire» vis à vis de «I’Holocauste», devoir qui s’appliquerait, curieusement, aux seules victimes juives du nazisme, oubliant toutes les autres, encore hélas bien plus nombreuses.
Car aujourd’hui ce «devoir de mémoire» n’est, malheureusement, qu’une mascarade, un culte religieux de l’Holocauste, et autres dénominations fétichistes utilisées pour nommer l’épuration ethnique des juifs par les nazis en lui donnant le caractère de l’Unique et du Sacré (qui est aussi celui de Dieu).
Certes le devoir de mémoire serait chose éminemment utile s’il n’était pas cette mascarade, s’il était de servir à comprendre ce qu’était le fascisme, ses racines, ceci afin de pouvoir le désigner et le combattre aujourd’hui. Au lieu de cela la bourgeoisie et ses médias font du «devoir de mémoire» une justification du fascisme actuel, le sionisme !
Et bien faisons que la mémoire du fascisme d’hier ne serve pas cette forme de négationisme qui consiste à nier le fascisme d’aujourd’hui. Sinon, la mémoire ne sert à rien, c’est de la foutaise, pas de la mémoire vivante, utile, mais une trahison des morts du passé utilisés scandaleusement au service d’un nouvel ethnocide d’aujourd’hui.
N’ayons aucune crainte alors des accusations d’antisémitisme qui nous serons adressées. Nous savons au contraire qu’en combattant le sionisme nous combattons le fascisme actuel, à l’oeuvre, que nous combattons donc non seulement l’antisémitisme, mais toutes les formes de racisme et d’ethnicisme. En Europe d’ailleurs ce ne sont guère les juifs qui sont en péril, en tout cas beaucoup moins que les arabes, noirs, etc.
Pour les palestiniens, 1948 c’est la nakba, qui veut dire désastre, catastrophe, comme le mot hébreu shoa.
Mais pourquoi sacraliser l’un et ignorer l’autre, prétendre avoir pour justification que seul un Etat juif peut protéger les juifs,
qu’au contraire les juifs sont le moins en sécurité dans le monde et les plus menacés dans leur vie ?
Il faut détruire le sionisme aussi pour détruire la haine du juif, dont il a suscité le renouveau en amalgamant scandaleusement juifs et sionistes, antisionisme et antisémitisme. C’est le
sionisme qui est le plus grand ennemi des juifs dans le monde actuel.
Bref arrêtons de nous incliner devant le chantage à l’antisémitisme pour ne rien faire de sérieux et de concret contre le sionisme.
Luttons contre Israël pour que vive le peuple palestinien dans tous ses droits à l’existence : droit au retour, aux réparations, droit à vivre dans une démocratie laïque partagée avec tous les juifs qui l’accepteront en renonçant à leur Etat ethnique‑fasciste (car évidemment droit au retour et à réparations ne saurait signifier élimination des juifs maintenant en Palestine).
Dans cette optique un Etat palestinien en Cisjordanie à Jérusalem Est et à Gaza peut constituer une étape intermédiaire permettant de stopper la seule alternative actuelle à cet Etat : l’élimination, ou la réduction à une situation de sous‑hommes et d’apartheid, des palestiniens par Israël.
Mais un tel micro‑Etat serait économiquement sans ressources suffisantes, sans aucune indépendance, et incapable de résoudre le problème crucial des déportés. Les frustrations palestiniennes subsisteraient donc quasi inchangées, tandis que la logique fasciste de l’Etat sioniste (Eretz Israël) ne serait nullement détruite.
Le conflit surgirait de nouveau inéluctablement entre deux nationalismes exacerbés.
La seule solution permettant à tous à terme de vivre humainement nécessite donc d’abord que l’Etat d’Israël soit détruit en tant qu’Etat fasciste, et remplacé par une société laïque et démocratique pour tous.
Alors les divisions des classes sociales ne seraient plus occultées par les divisions ethnico‑religieuses, et la lutte positive pour une véritable communauté humaine, concrète, pourrait commencer.
T. THOMAS
Le 12.03.03
1) Je me permets de renvoyer à mon livre «Les racines du fascisme», édition ALBATROZ, pour une argumentation sur l’essence du fascisme